TENSION
Eau pure
Eau salée
Eau+kainite
Eau-j-nitrate
Eau-j-superphosphate . . . .
Jus de fumier
Extrait de terre
£au de jardin
i,ooo
1,100 I,IOO I,IOO
PROPWBtés PHYSIQJJM l}^
Pour une même terre, Tévaporation dépend à la fois de la température, de Tétat hygrométrique et du renouvellement de Tair ambiant. Dans des sols de nature différente, il faut tenir compte aussi du degré de finesse des particules qui favorise les actions attractives ou moléculaires, la capillarité surtout, et fait affluer une grande quantité d'eau vers les régions supérieures. D'une manière générale, les terres à éléments grossiers se dessèchent plus vite que les autres.
Pour expliquer les mouvements de Teau dans le sol, on peut supposer que les grains d'une terre ressuyée sont entourés d'un certain nombre de couches d'eau très minces et concentriques ; les pores étant remplis d'air et d'eau, l'équilibre se trouve nécessairement établi quand le nombre et l'épaisseur de ces couches sont les mêmes. Dès que l'évaporation a lieu, les particules superflcielles abandonnent l'eau des couches extérieures ; l'équilibre est alors rompu, et un mouvement général se produit, d'une particule à l'autre, avec des manifestations ou des intensités très différentes suivant l'éloignement et la structure des agglomérats terreux.
Toutefois, la facilité des échanges est loin d'être toujours semblable. Tandis que les couches d'eau extérieures cèdent facilement, les plus rapprochées de l'agrégat terreux offrent une grande résistance. Comme elles sont en rapport direct avec la particule solide, la tension superficielle 2l une plus grande valeur, et l'intensité de cette force attractive contrebalance l'évaporation. On voit que l'extrait aqueux de la terre de jardin, riche en composés humiques, accuse une tension sensiblement inférieure à celle de la solution extraite d'un sol ordinaire.
Ces considérations ne sont pas inutiles pour l'interprétation du mouvement de l'eau. Plus la tension
est élevée, plus elle fait obstacle à la circulation. Et voilà pourquoi les engrais salins retiennent Teau dans les couches superficielles du sol, parfois même au détriment des cultures.
Enfin, c'est encore en vertu de ces attractions moléculaires que les terres ne se dessèchent jamais complètement au soleil. De fait, Texpérience montre qu'un sol exposé à Tair et maintenu à l'abri des pluies n'abandonne jamais la dernière couche d'eau qui semble ainsi faire partie intégrante de la molecule(i). Les plantes mêmes ne peuvent l'utiliser, puisqu'elles se fanent et dépérissent avant que le sol soit entièrement [desséché. Il suit de là qu'en aucun cas la dessiccation spontanée n'est intégrale.
Masure a parfaitement démontré que si les composants essentiels du sol, mouillés jusqu^à saturation et exposés à l'air, laissent évaporer une très forte proportion d'eau, ils accusent encore, quand Tévaporation cesse, un degré d'humidité variant de 2 à 40 pour 100.