INTRODUCTION GÉNÉRALE XXI
de remplacer ou d'aider la dangereuse vision Imaginative par la contemplation d'images authentiques.
Quand, dans nos volumes, le texte serait obscur, incomplet sans cet auxiliaire, la figure utile se trouvera à la place opportune, A certains volumes qui, par leur sujet, demandent davantage, des planches de reproductions pourront être jointes en appendice. Du reste, le rôle de la figure, ici, sera toujours accessoire. Mais nous prévoyons qu'elle pourra prendre sa pleine importance dans une suite d'Albums qui constitueraient, parallèlement aux quatre sections de l'œuvre, une Évolution de l'Humanité par l'image. — Sans doute, l'Album historique n'est pas une nouveauté : mais nous jugeons possible de lui donner une valeur nouvelle par le choix des documents reproduits, par leur disposition surtout, par une préoccupation constante, en faisant percevoir les aspects divers de la vie, de faire apparaître ces grandes transformations de l'humanité que notre œuvre a pour but d'expliquer.
Chaque volume, avons-nous dit, aura son intérêt propre, %on unité.
Chaque volume, pour une période ou une question de l'hisioire, sera l'inventaire de ce qui est fait, de ce qui reste à faire.
Chaque volume contiendra une Bibliographie, — non pas intégrale, bien entendu, mais suffisamment complète pour procurer aux travailleurs, avec les indications essentielles, le moyen de trouver le surplus. Les articles de celle Biblio* graphie stronl numérotés. Au cours du volume, dans les notes, les références — autant que possible — seront faites par chiffres : chiffre de l'article bibliographique, chiffre de lomau son, — s'il y a lieu, — chiffre de pagination. Mises bout à bout»
xxn l'évolution de l'humanité
séparées simplement par des tirets, ces références pourront être multipliées sans envahir et encombrer le livre, te Par celte disposition sera rendue réalisable noire double fin : satisfaire les esprits scientifiques et servir les travailleurs, tout en nous adressant au grand public cultivé, curieux des destinées de l'humanité. L'exposé des résultats acquis, dans un texte aussi clair, aussi vivant que possible, remplira largement les pages : V amateur d'histoire y trouvera sou compte; il échappera même à l'involontaire distraction que donnent des notes immédiatement intelligibles. Pour être utilisées, nos références chiffrées exigeront une recherche dans la Bibliographie : mais ainsi, sous une forme économique, l'auteur aura pu justifier l'essentiel de son texte; et, au prix d'un léger effort, le lecteur historien remontera, s'il le veut, g ux sources, voit pour vérifier le contenu du livre, soit pour pousser le travail au delà du point où fauteur l'aura mené.
Les ouvrages sans références, les synthèses oh la biblio* graphie se trouve, tout au plus, au début ou à la fin des chapitres, sans notes courantes, sont assez à la mode pour l'inslani, — en A llemagne, et ailleurs, — par réaction contre les excès de l'annotation érudife. Mais cet excès opposé nous paraît dangereux. Dans ces conditions anliscienlifiques, il faut, comme nous l'avons dit, croire l'auteur sur parole : or celui-ci, quelque scrupuleux qu'il puisse être, se laissera aller, dans bien des cas, à grouper les faits artificiellement, à présenter des hypothèses pour des certitudes. Qu'il s'agisse des faits ou de l'explication des faits, le certain, le probable, le possible doivent être soigneusement nuancés et toujours pro~ posés comme tels à la critique.
La préoccupation du travail ultérieur, de ce qui reste à faire, apparaîtra, du reste, avec le dernier chapitre de chaqas volume, de façon éclatante. Il sera destiné à montrer les lacunes qui subsistent, les questions qui se posent dans les divers domaines, pour les diverses périodes de l'histoire, les pubis-
INTRODUCTION GÉNÉRALE XXfïï
calions urgentes, les recherches, explorations, fouilles qui, peut-être, par dos trouvailles nouvelles, éclaireraient des points obscurs. L'ensemble de ces cent chapitres de conclusion aura de* avantages multiples. Non seulement il fournira aux spécialistes d'utiles directions, leur offrira en abondance des sujets à traiter, mais il donnera aux bonnes volontés incertaines le moyen de s'employer efficacement. On pourrait souhaiter que celle oae générale du chantier historique aboutit à une meilleure organisation de l'effort, à une répartition plus opportune des équipes, et orientât vers des régions négligées de la science une partie des travailleurs dont quelques domaines sont encombrés.
Enfin, même au .public simplement curieux, cet inventaire sera profitable : il procurera une notion saine de l'étal présent et de l'avenir des éludes historiques. Personne ne pourra, naïvement, s'imaginer que, dans celte Synthèse, en cent volumes, l'histoire est faite. L'histoire se fait : elle se fait comme connaissance du passé par l'érudition et comme explication du passé par l'élude des causes. La connaissance du passé, actuellement bien incomplète, le sera toujours, tout en progressant constamment : de ce qui a été, de ce qui a vécu, de ce que le temps a créé et ensuite aboli, une faible portion peut être évoquée. Mais les problèmes scientifiques que pose le passé se préciseront peu à peu, finiront même par être résolus au cours de l'enquête indéfinie. Et voilà comment le public — aussi bien que les historiens — doit concevoir V 'histoire-science ou la synthèse : la détermination, la solution graduelle de problèmes limités, relatifs à un objet sans limites et en partie inconnaissable»
XXIV L'ÉVOLUTION DE L'HUMÀNITt
Ainsi noire entreprise peut beaucoup, semble-t-il, pour ur progrès décisif dans l'élude de l'évolution humaine : elle tend au bon aménagement du travail, à l'élaboration d'une méthode vraiment scientifique; elle veut initier le public à ce que l'histoire tout ensemble a de plus sérieux et de plus captivant. Dans les sciences de la nature, les recherches de laboratoire, si techniques et ingrates soient-elles, aboutissent à des théories ou à des résultats pratiques auxquels personne, parmi hs profanes, ne demeure indifférent : aussi les encouragements de toute espèce ne manquent pas à ceux qui les cultivent. Parce qu'elle est trop érudile et trop peu scientifique, l'histoire des savants est devenue une spécialité aride dont le public se désintéresse, tandis qu'il accueille les ouvrages anecdoliques ou romanesques que d'habiles vulgarisateurs lui font prendre pour la vraie histoire.
Grâce aux collaborateurs éminenls que groupe celle œuvre, peut-être y aura-t-il quelque chose de changé. Notre programme est immense, et notre ambition paraîtra téméraire à certains. Mais il faut oser. On parle beaucoup, depuis quelque temps, de «r renaissance française i> ; il est visible que le goût de l'action, que la confiance dans les énergiei spontanées de la vie se sont ranimés chez nous. Celle disposition aurait un côté inquiétant si, comme quelques-uns l'annoncent, elle devait être anti-intellectualiste. Il convient que xe besoin d'agir et ce réveil d'énergie se manifestent aussi par le courage intellectuel. La vie s'épanouit dans la connaissance. El une science historique virilement comprise — conscience réfléchie de l'humanité — est nécessaire ponr diriger les puissances tumultueuses de l'inslinci*