‹ La terre avant l'histoireChapitre 12 sur 41 · DE LA PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE SÉRIE

Nous n'avons pas à justifier dans son ensemble le plan de noire première Section : il s'imposait. Nous donnerons avant chacune des Séries tes explications qui nous sembleront utiles.

En ce qui concerne la première, nous tenons à fairt observer qu'elle n'a pas seulement pour objet de résumer ce qu'on sait sur les origines humaines, prises d'aussi haut qu'il est possible. Elle est une Introduction, en même temps qu'à l'Histoire même, aux problèmes de l'Histoire.

Pour notre premier volume, en particulier, sa raison d'être, c'est d'abord de rattacher cette Histoire, entendue au sens étroit et courant du mol, à l'Histoire entendue au sens le plus large, de relier l'évolution de l'Humanité à l'évolution de la Vie sur la Terre, à l'évolution de notre planète dans l'Univers; c'est de «r situer », en quelque sorte, l'Humanité, pour que sa destinée n'apparaisse pas comme une aventure et «r un épisode sans lien » : mais c'est surtout de faire ressortir les grandes forces naturelles et les facteurs permanents qui, expliquant la Terre et la Vie, expliqueront ensuite l'évolution de l'Homme et des Sociétés.

On verra se constituer dans le système sleilaire le « milieu » de notre histoire; dans ce milieu, détaché du soleil et qui en reste dépendant, on verra la vie naître, — par l'action, semble-l-ii, du soleil lui-même, — pousser en tous sens ses tâtonnements, essayer les formes les plus diverses. On la

XXVIII l'évolution de l'humanité

verra — sous l'influence complexe des différents habitais, des innombrables hasards, de ses propriétés internes: l'hérédité, principe conservateur, mais qui se tourne en agent de changement, la tendance, principe actif, qui s'exprime dans la faculté d'assimilation, d'association, au même litre, et plus efficacement, que dans la lutte — réaliser toutes sortes de perfectionnements, aboutir, avec la forme humaine, à un progrès décisif, par le développement du cerveau.

Sujet immense, qui exigeait une richesse et une variété de connaissances exceptionnelles, une rare puissance de synthèse, et que peut-être seul l'auteur de ce volume était capable de traiter. Celui qui a écrit en 1881 Les Colonies animales et la formation des organismes et qui, dans la chaire de Lamarck, a toujours ce suivi avec sollicitude les efforts de la doctrine transformiste pour arriver à une explication du monde vivant » (1), a su, au sommet de sa belle carrière, établir, dans ce vigoureux raccourci, le trait d'union biologique entre les sciences physiques et l'histoire.

On ne s'étonnera pas que ce volume ne soit pas tout à fait conformé au type que nou? avons défini, que ses proportions dépassent un peu la mesure prévue, que la bibliographie y soit très réduite (2), que la conclusion ne détaille pas les lacunes de la connaissance : bibliographie et liste des problèmes à résoudre seraient infinies, si elles ne se limitaient pas étroitement, en une matière qui embrasse des millions d'années.

D'une façon générale, dans les volumes de cette première Série, les sujets, par leur ampleur et leur complexité, ne comportent pas un traitement identique à celui des volumes* plus proprement historiques, qui viendront ensuite.

Henri Berr.

(1) Le Transformisme, Préface (Î888).

(2) Elle date de Î9Ï4, comme le livre entier — qui, sauf la Conclusion, était imprimé au moment de Ja g-uerre

LES ORIGINES DE LA VIE ET DE L'HOMME

Page 1