LE PEUPLEMENT DES EAUX DOUCES ; L'HERMAPHRODISME
ture et de composition des eaux, fait place une agitation incessante dans les cours d'eau, fréqueute dans les eaux stagnantes ; la température et la composition de l'eau varient sans cesse. Les Phytozoaires ne se sont guère plies à cette mobilité. On ne connaît parmi eux, dans les eaux douces, que quelques éponges siliceuses à spicules droits (Spongilta, Parmuia, etc.), un très petit nombre de polypes hydraires ou de méduses (//#dra, Cordylophora, Limnocodium, Limnocnida)^ une Actinie fluviaiile asiatique, des Bryozoaires phylactolèmes à polypier gélatineux et quelques gymnolèmes (Arachnidium, Viclorelta); ces animaux semblent de migration récente* Il est à remarquer que les éponges et les bryozoaires d'eau douce, outre la reproduction sexuée, sont doués d'un autre mode de reproduction consistait en ce que des fragments de leur substance s^enferment, au cours des saisons critiques, dans une enveloppe protectrice, leur permettant de résister aux causes de destruction qui pourraient les menacer, et échappent ainsi aux conséquences des vicissitudes si fréquentes dans les eaux douces. Ces fragments se débarrassent de cette enveloppe et évoluent en organismes nouveaux quand les circonstances redeviennent favorables. Ce sont les propagules ou les cases à amphidiscus des spongilles, les slatoblasles des bryozoaires.
Les crustacés ne sont représentés que parles phyllopodes(l) qui remontent à une très haute antiquité, par un petit nombre de types de cladocères (2), d'ostracodes (3), de copépodes (4), d'isopodes (5), d'amphipodes (6) de schizopodes (7) et de décapodes (8). C'est très peu relativement au nombre immense des crustacés ; il s'y ajoute des acariens, des insectes redevenus aquatiques après avoir été aériens. Sauf de rares exceptions sur lesquelles M. Charles Gravier a appelé l'attention, les
(1) EsTHERiDiB, Apus cancriformis, Branchipus. — (2) Daphnid^b, PolyphemidjB. — (3) Cyprid/B. — (4) Cyclopes. — (6) Askllid*. — (6) Idoihea, — (7) Mysis rellcla. — (8) Cartdina, Palœmonetes A/phœopsis, Niphargus, Écrevisses et genres voisins: Quelques crabes voisins du genre Telphusa.
Vers annelés appartiennent à la classe des OHgochètes ou Lombriciens, dont les Vers de terre représentent une forme géante, et à celle des Sangsues, qui n'ont en revanche qu'un petit nombre de formes marines, vraisemblablement importées par des poissons migrateurs. Parmi les Vers plats on ne peut signaler qu'un très petit nombre de Planaires et de Némertes. Les Echinodermes font entièrement défaut. Les Mollusques méritent une attention particulière : les Céphalopodes sont totalement absents; mais on peut compter plusieurs migrations successives de gastéropodes marins. Les Diotocardes sont représentés par les néritines; les Monotocardes herbivores par les ampulaires, les paludines, les valvées ; il n'existe aucun monotocarde carnassier, aucun opisthobranche, aucun ptéropode dans les eaux douces. En revanche, les Pulmonés y sont assez nombreux, mais on peut se demander s'ils ne descendent pas des pulmonés terrestres; cette faune est donc encore très réduite. Quant aux Lamellibranches, ils ne sont représentés que par des formes à manteau largement ouvert, primitives par conséquent : Unio ou mulettes des peintres, Anodontes, Cyclas, Iridines, etc., et par une seule forme à siphons, encore sont-ils simplement indiqués, la Dreyssensia polymorpha, qui pénètre dans les fleuves, portant avec elle le Cordylophora lacuslris et un lombricien remarquable par ses soies de forme compliquée : le Psammoryclcs umbellifer. Cette invasion semble n'avoir commencé que depuis le commencement du siècle, partant de la Baltique pour gagner d'abord la Tamise, puis la Seine.
Le groupe des poissons d'eau douce est des plus instructifs. C'est dans les lacs et les rivières que les poissons primitifs, fuyant la lutte pour la vie, trop active sur les rivages de la mer, se sont réfugiés à une époque lointaine, comme s'y réfugient encore, pour pondre et mettre leur jeune progéniture à l'abri, les esturgeons, les saumons et les aloses. Le nombre des animaux marins qui sont capables de supporter la suppression de la salure de l'eau de mer est, en effet, restreint ; ceux