‹ La terre avant le déluge (volume 2)Chapitre 39 sur 53 · Voir la carte géologique de TEurope, p · texte numérisé non relu

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LA TEHRE AVAXT LE BELUGE.

trouvé sur le sable dons les pUines septefitHonales delà Pm^e et dofil oe n fait une immeDse coupe pjur le >Eusee de Berlin,

Le roi Gustare-Aclolphep tué en 16^3, à la bataille de LuUen» fui enterré mm le dermer bloc erratique d^œndu en Allemagne.

Oïl a élevé €ïi Allemagne au géolof ue Léopold de Citch un monument avec un bloc erratique venu de la Norvé^e-

Ges blocs errali |ues que Ion rencontre dans les plaines de lii Russie^ de ta Poiogne, de la Prusse, et même de certaines parties orientales de l'Angleterre, sont composés, comme on vient de le voir par les deui exemples que nous venons de citer, de roclies absolument étrangères à Ja région où ils gisent actuellemenL Appartenant aux terrains primitifs de la Nor- VÉ^ge, ils ontëté entraînés, portés et protégés par les glaces % Tépoque du déluge du Nord. Quelle immense force dimpuliion primitive avaient dû recevoir ces énormes blocs pour traverser la mer Baltique et arriver à la place où les contemplent aujourd'hui les regards surpris du géologue ou du penseur !

Le deuxième déluge européen a été le résultat de la formation etclu soulèvement des Alpes» l! a rempli de débris et de terrains meubles toutes les vallées de la France, de TAllemagne, de l'Italie, dans une circonférence ayant pour centre les Alpes. On peut encore distinguer aujourd'hui des effets de deux ordres différents, résultant de Faction puissante des masses d'eau violemment déplacées par ce gigantesque soulèvement. D*abord, de laides sillons ont été creusés par des eaux diluviennes, qui ont formé dans ces points des vallées profondes. Ensuite, ces vallées ont été comblées par des matériaux empruntés aux montagnes et transportés dans la plaine. Ces matériaux consistent en cailloux roulés^ en limons argilosableux, ordinairement calcifères et ferrifères. Ce double cfl'et se montre, avec plus ou moins de netteté, dans toutes les grandes vallées du centre et du midi de la France. La vallée de la Garonne est, à cet égard, pour ainsi dire classique. Aussi en donnerons nous, comme exemple, une description sommaire.

A partir de la petite ville de Muret, il existe, sur la rive gauche de la Garonne, trois niveaux successifs, plans tous les

trois, dont le plus inférieur est celui de la vallée proprement dite, et dont le plus élevé correspond au plateau de Saint-GaUdens. Ces trois niveaux sont parfaitement marqués dans le pays toulousain, qui présente d'une façon remarquable le phénomène diluvien. La ville de Toulouse repose elle-même sur une Jégère éminence de terrain diluvien. Les plateaux contrastent, (•ar leur forme diluvienne plane, avec les collines mamelonnées de la Gascogne ou du Languedoc. Ils sont essentiellement constitués par une couche de gravier et de cailloux roulés ou ovalaires, mêlés et recouverts d'un dépôt sableux et terreux. (iCS cailloux sont constitués principalement par des quartzites bruns ou noirs extérieurement, par des parties dures de grès noirs anciens et de grès rouges. La terre meuble qui accompagne les cailloux et le gravier est un mélange argilo-sableux d'une couleur rougeâtre ou jaunâtre, à cause de l'oxyde de fer qui entre dans sa composition. Dans la vallée proprement dite, on retrouve les cailloux des plateaux associés à quelques autres espèces minérales plus rares aux niveaux supérieurs. Des dénis de Mammouth ou de Rhinocéros tichorhinus ont été trouvées en divers points sur les bords de cette vallée.

Les petites vallées, tributaires de la vallée principale, paraissent avoir été creusées secondairement, en partie dans le dépôt diluvien, et leurs alluvions, essentiellement terreuses, ont été formées aux dépens du terrain tertiaire et du diluvium lui-môme.

Le temple antique du Parthénon, en Grèce, s'élève sur une éminence de terrain diluvien.

Dans la vallée du Rhin, en Alsace et dans plusieurs parties isolées de l'Europe, domine une sorte particulière de diluvium: il consiste en un limon d'un gris jaunâtre, composé d'une matière argileuse, mélangée de carbonate de chaux, de sable quartzeux et micacé et d'oxyde de fer. Ce limon, que les géologues désignent sous le nom de lehm ou lœss^ atteint, en quelques pays une épaisseur considérable. Il est très-reconnais • sable aux environs de Paris. Il s'élève un peu à droite et à gauche, au-dessus de la base des montagnes de la forêt Noire et des Vosges.

T^s fossiles que renferment les dépôts diluviens en général

Les deux cataclysmes dont nous venons de présenter le tableau avaient surpris l'Europe au moment de Texpansion d'une création puissante. L'essor de la nature animée, révolution des êtres, se trouvèrent arrêtés dans les parties de notre hémisphère où s'étaient produits ces gigantesques ébranlements du sol, suivis de ces courtes mais terribles submersions des continents. La vie organique se remettait à peine de cette secousse violente, lorsqu'une seconde atteinte, plus grave peut-être, vint l'assaillir. Les parties septentrionales et centrales de lïurops, ces vastes contrées qui s'étendent de la Scandinavie à la Méditerranée et au Danube, furent en proie à un refroidissement soudain. Une température glaciale les saisit. Les plaines de l'Europe, ornées naguère de cette végétation luxuriante (|ije les ardeurs d'un climat brûlant avaient développée et entretenue, ces pi\turages sans fin que remplissaient des troupeaux de grands Éléi)lKints, d'agiles Chevaux, de robustes Hippopolames et de grands Carnassiers, se trouvèrent tout d'un coup recouverts d'un manteau de neige et de glace.

A quelle cause attribuer un phénomène si imprévu et s'exerçant avec une telle intensité ? Dans l'état présent de nos connaissances, aucune explication plausible de ce fait ne saurait être iiasardée. L'astre centralqui distribue au monde la chaleur et la vie, le soleil, perdit-il, pendant un certain temps, de sa puissance calorifique? Cette explication serait insuflîsante, puisqu'à cette époque la chaleur solaire n'exerçait sur la terre qu'une très-faible influence. Les courants marins (gulf-strcam) qui portent, de l'océan Atlantique vers le nord et l'ouest de l'Europe, des eaux chaudes qui élèvent la température de nos continents, ces courants furent-ils un moment détournés ? Aucune hypothèse, nous le répéions, n'a pu expliquer jusqu'ici le

cataclysme ou la période glaciaire, et il ne faut mettre aucune hésitation à confesser notre ignorance sur la cause de cet étrange, de ce mystérieux épisode de l'histoire de la terre.

Mais, si la cause réelle du refroidissement qui suivit les deux déluges européens est encore pour nous un problème insoluble, ses effets sont parfaitement appréciables. Le refroidissement subit des parties septentrionales et centrales de TEurope eut pour résultat l'anéantissement de la vie organique dans ces contrées. Tous les cours d'eau, les rivières et les fleuves, les mers et les lacs, se trouvèrent gelés. Comme le dit Agassiz dans son premier ouvrage sur les Glaciers * : « Un vaste manteau de neige et de glace recouvrit les plaines, les vallées, les mers et les plateaux. Toutes les sources tarirent, tous les fleuves cessèrent de couler. Au mouvement d'une création nombreuse et agissante, succéda un silence de mort. » Un grand nombre d'animaux périrent de froid. Les Éléphants et les Rhinocéros périrent par millions au sein de leurs pâturages, subitement transformés en champs de glace ou de neige. C'est alors que ces deux espèces disparurent et furent effacées de la création. D'autres animaux succombèrent, sans toutefois que leur race périt en entier. Le soleil, qui naguère éclairait de verdoyantes plaines, en se levant sur ces steppes glacées, ne fut salué que par le sifflement des vents du nord et l'horrible fracas des crevasses qui s'ouvraient de toutes parts, sous la chaleur de ses rayons, dans l'immense glacier qui servait de tombeau à tant d'êtres animés.

Comment faire accepter du lecteur cette idée que des plaines, aujourd'hui riantes et fertiles, ont été couvertes jadis, et pendant un temps fort long, d'un immense linceul de glace et de neige ? Pour la faire admettre, ou pour en établir les preuves, il faut porter son attention sur une partie de l'Europe. Il faut choisir un pays où existe encore aujourd'hui le phénomène glaciaire^ et prouver que ce phénomène, aujourd'hui localisé dans ces contrées, s'est étendu pendant les temps géologiques, à des espaces infiniment plus vastes. Nous choisirons par exemple les glaciers des Alpes. Nous allons montrer que les glaciers de

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