TERRAIN QUATEBNAIHE, OU MODERNE
Nous nous proposons d'exposer les transformatjons successives que la terre a subies pour arriver h son état actuei ; en d'autres termes, nous allons parcourir, en nous plaçant au double point de vue historique et descriptif, les diverses époqitss qui peuvent être distinguées dans la formation graduelle de la terre, séjour actuel et domaine de l'homme.
Ces époques, qui correspondent à la formation des grands groupes de terrains dont nous venons de donner le tableau, sont les suivantes :
I' Époque primitive;
2* Époque de transition ;
3° Époque secondaire ;
4* Époque tertiaire;
go Époque quaternaire.
Nous ferons connaître les créations vivantes qui ont peuplé la terre à chacune de ces époques, et qui ont disparu par une cause que nous aurons à rechercher. Nous décrirons les plantes et les animaux propres à chacune de ces grandes phases de l'histoire du globe. Toutefois, nous ne passerons pas entièrement sous silence la description du terrain déposé par les eaus, ou lancé par éruption pendant chacune de ces époques ; nous donnerons une idée sommaire des caractères minéralogiques et
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des fossiles caractéristiques propres à chaque terrain. Ce que nous allons entreprendre, c'est donc l'histoire de la formation de notre globe, et la description des principaux terrains qui le composent actuellement, avec un coup d'œil rapide jeté sur les diverses générations d'animaux et de plantes qui se sont succédé et remplacées sur la terre depuis le début de la vie organique jusqu'à l'apparition de l'homme.
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La théorie que nous allons développer, et qui considère la terre comme un soleil éteint, comme une étoile refroidie, comme une nébuleuse passée de l'étal de gaz à l'état solide, cette belle conception qui relie d'une manière si brillante la géologie à l'astronomie, appartient au mathématicien français Laplace, l'immortel auteur de la Mécanique céleste.
Nous avons admis, en commençant, que le centre de la terre est encore, de nos jours, porté à environ 195 000', température qui dépasse tout ce que l'imagination peut concevoir. On n'aura aucune peine à admettre que, par une chaleur si excessive, toutes les matières qui entrent aujourd'hui dans la composition de notre globe fussent réduites, à l'origine, à l'état de gaz ou de vapeurs. Il faut donc se représenter notee planète primitive comme un agrégat de fluides aériformes, comme une matière entièrement gazeuse. Et si l'on réfléchit que les substances portées à l'état de gaz occupent un volume dix-huit cents fois plus grand qu'à l'état solide, on en conclura que cette masse gazeuse devait être d'un volume énorme : elle devait être aussi grosse que le soleil, lequel est quatorze cent mille fois plus gros que la terre actuelle.
On a essayé, dans la figure 20, de donner une idée des différences de volume qui existent entre la terre actuelle et sa masse gazeuse primitive. L'un des deux globes, B, représente le volume de la terre à son état gazeux primitif; l'autre, A, le volume de la terre passée à l'état solide : c'est donc une simple
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comparaison de grandeur que l'on a voulu mettre en relief par cette figure géométrique.
Portée à une température excessive, la masse gazeuse qui constituait alors la terre, brillait dans l'espace comme brille ai^jourd'hui le soleil, comme brillent à nos yeux, dans la sérénité des nuits, les étoiles fixes et les planètes (Gg. fil).
saîremenl soumise aux lois qui régissent les autres substances matérielles. Elle se refroidissait, elle cédait graduellement une partie de sa chaleur aux régions glacées des espaces interplanétaires au milieu desquelles elle traçait le sillon de sa flamboyante orbite. Par suite de ce refroidissement continuel, et au bout d'un temps dont il serait impossible de fîier, même approximativement, la durée, l'astre primitivement gazeux arriva à l'état liquide : il diminua alors considérablement de volume.
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La mécaDique nous enseigne qu'un corps liquide entretenu à l'état de rotation prend la forme sphérique : c'est ainsi que la terre prit la forme sphéroïdale qui lui est propre, comme à la plupart des corps célestes '.
La terre n'est pas seulement soumise à un mouvement de translation autour du soleil ; tout le monde sait qu'elle exécute, en même temps, un mouvement de révolution sur son axe, mouvement uniforme qui produit pour nous l'alternance régulière des jours et des nuits. Or, la mécanique a établi, et l'expérience confirme cette prévision théorique, qu'une masse liquide en mouvement ( par suite de la variation de la foret cmirifuge sur ses diiTérents diamètres) se renfle vers l'équateur de la sphère et s'aplatit vers ses pôles, c'est-à-dire aux deux extrémités de son axe. C'est en vertu de ce phénomène que la terre, lorsqu'elle était à l'état liquide, se renfla à l'équateur, s'aplatit à ses deux pôles, et de la forme primitivement sphérique, passa à celle d'un ellipsoïde aplati à ses deux extrémités.
Ce renflement à l'équateur et cet aplatissement vers les pôles sont la preuve la plus directe que l'on puisse invoquer de l'état primitivement liquide de notre planète. Une sphère solide et non élastique, une Mlle d'ivoire par exemple, aurait beau tourner pendant des siècles sur son axe, sa forme n'en serait nullement changée; mais une bille liquide ou de consistance pâteuse, se renflerait alors dans son milieu et s'aplatirait aux extrémités de son axe. C'est en s'appuyant sur ce principe, c'est-à-dire en admettant la fluidité primitive du globe terrestre, que Newton avait annoncé à priori le renflement de la terre à l'équateur, son aplatissement aux pôles, et qu'il avait même fixé par avance le degré de cet aplatissement. La mesure directe de cette dépression et de cet allongement vint bientôt prouver l'exactitude des prévisions du célèbre géomètre anglais. En 1736, Maupertuis, Clairaut, Camus et Lemonnier, auxquels on adjoif^nit l'abbé Outhier, qui travaillait depuis longtemps à l'Observatoire de Paris, furent envoyés
1. Voir, dans les traités de physique, les belles eipériences dues à H, Plateau, qui prouvent qae tout corps liquide soumis il U seule torce de l'attraC' tion prend la Ibrme sphérique.
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en Laponie par i'Académie des sciences. L'astronome sué-
i les accompagna, et leur fournit les meilleurs de mesure et d'arpentage. En même temps, l'Aca-
ciences envoyait aux ri
louguer. Les mesures ]
s, établirent l'existeoc et de la dépression polaire; il ré; que l'aplatissement de la terre ai plus fort que Newton ne l'avait esti
A la suite du refroidissement partiel de la masse terrestre, toutes les substances gazeuses qui la composaient ne passèrent pas sans exception à l'état liquide ; quelques-unes demeurèrent à l'état de gaz ou de vapeurs, et formèrent, autour du sphéroïde terrestre, une enveloppe, ou atmosphère (du grec âTjxoç, vapeur, oipaTpa, sphère : sphère de vapeurs). Mais on se ferait une idée bien inexacte de l'atmosphère qui enveloppait le globe à cette période reculée, si on la comparait avec son atmosphère actuelle. L'étendue de la masse gazeuse qui enveloppait la terre primitive devait être immense; qu'à la lune. Elle contenait, e masse énorme des eaux qui fon à toutes les matières qui conseï ture que présentait alors la teri rons rien en disant que cette U L'atmosphère participait à ceti
cette chaleur excessive, la pression qu'elle exerçait sur le globe devait être infiniment plus considérable que celle qu'elle exerce aujourd'hui. Aux gaz qui composent l'air atmosphérique actuel (l'azote, l'oxygène et l'acide carbonique), àdes masses énormes de vapeurs d'eau, venaient s'ajouter d'immenses quantités de matières minérales, métalliques ou terreuses, réduites à l'état de gaz, et maintenues à cet état par l'effroyable température de cette gigantesque fournaise. Les métaux, les chlorures métalliques alcalinselterreux, le soufre, les sulfures, et même les terres à base de silice, d'alumine et de chaux, tout cela devait exister sous forme de vapeurs, dans l'atmosphère du globe primitif. Il est à croire que les différentes substances qui composaient cette atmosphère s'étaient rangées autour de la terre dans
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l'ordre de leur densité. La première couche, la plus voisine du globe, était formée des vapeurs les plus pesantes, comme celles des métaux, du fer, du platine, du cuivre, mêlées sans doute à des nuages de fines poussières métalliques provenant de la condensation partielle de la vapeur de ces métaux. Cette première zone, la plus lourde, la plus épaisse, était d'une entière opacité, quoique la surface de la terre lût encore rouge de feu. Par-dessus venaient les matières vaporisables, telles que les chlorures métalliques et les chlorures alcalins, en particulier le chlorure de sodium ou sel marin, le soufre et le phosphore, ainsi que les combinaisons volatiles de ces corps.' La zone supérieure devait contenir les matières plus facilement vaporisables, telles que l'eau en vapeur, unie aux corps naturellement gazeux, comme l'oxygène, l'azote et l'acide carbonique. Cet ordre de superposition ne devait pas toutefois se maintenir constamment. Malgré leur densité inégale, ces trois couches devaient souvent se mêler : de formidables ouragans, des ébullitions violentes, devaient fréquemment abaisser, déchirer, souites.
atant agité que sa brù- , t pas moins en proie à par les mille actions :a masse liquide. D'un puissantes actions chiarnes devait provoquer iCs éclats du tonnerre :s primitives, dont aumain ne saurait tracer ■e chaos dont l'histoire ansmis la tradition.
dans l'espace, traînant atmosphère multiple, ; aux rayons du soleil, lesque.
s est infiniment basse :
I, à moins de 100" auaversait dans sa course ent nécessairement le
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refroidir. Peu à peu et d'abord superficiellement, la terre, un
peu refroidie, prit une consistance pâteuse.
Il ne faut pas oublier qu'en raison de son état liquide la terre obéissait alors, dans toute sa masse, à cette action de flux et de reflux qui provient de l'attraction de la lune et du soleil, et qui ne peut s'exercer aujourd'hui que sur les mers, c'est-à-dire sur les parties liquides et mobiles de notre globe. Ce phénomène du flux et du reflux auquel obéissaient ses molécules liquides et mobiles, accéléra singuIiÈrement les préludes de la solidification de la masse terrestre. Elle arriva ainsi graduellement à cette sorte de consistance que présente le fer de nos usines, quand on le retire de la fournaise, pour le porter sous le laminoir.
Par les progrès du refroidissement, il se produisit ensuite des couches de substance concrète, qui d'abord flottèrent isolées à la surface de la matière demi-liquide, mais qui finirent par se souder, et par former des bancs continus, comme on voit de nos jours les glaces des mers polaires, rapprochées par l'agitation des flots, s'attacher, se souder l'une à l'autre, et finir par constituer des banquises plus ou moins mobiles.
C'est par l'extension de ce dernier phénomène à la surface entière du globe que s'opéra la solidification totale de sa surface. Une croûte solide, encore d'une faible épaisseur, et d'une très-médiocre résistance, enieloppa ainsi la terre, recouvrant de toutes parts les parties intérieures encore liquides, et dont la solidification ne devait se faire que beaucoup plus tard, puisqu'elle est loin d'être terminée de nos jours. . On évalue l'épaisseur de la couche de notre globe actuellement solidifiée à environ 12 lieues {48 kilomètres). Comme le rayon terrestre moyen est de I58'i lieues de 4 kilomètres, on voit que les parties solidifiées de notre planète ne représentent qu'une bien faible fraction de sa masse totale.
On peut exprimer d'une façon vulgaire, mais juste, les rapports actuels de grandeur entre les parties encore liquides et les parties concrètes de la terre. Si l'on se figure la terre commeune orange, l'épaisseur d'une feuille de papier appliquée sur cette orange représentera à peu près exactement l'épaisseur de la croûte solide qui envelcq)pe aujourd'liui notre globe.
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La figure 22 montre avec exactitude les rapports entre l'épais-
Flg. il. Votunica rclilils de l'écorcc >alid« «I de li muu liquide du globe.
seur de ce que l'on nomme, par une eipressîon très-juste,
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Yéeorce terrestre, et ses parties internes encore liquides. lia sphère terrestre ayant 1564 lieues de rayon, par conséquent 3168 lieues de diamètre, l'écorce solide a seulement, avonsnous dit, 12 lieues d'épaisseur, ce qui représente ^ de diamètre, ou frô ^^ rayon terrestre pour la partie consolidée ; c'est ce rapport qui a été indiqué sur la figure 22 .
Déterminer même approsimativement le temps que la terre mît à se refroidir, de manière à permettre la solidification d'une croûte extérieure ; vouloir fixer la durée des transforma-
Fig. E3. Formation dei monlagnei graniliqaes primiUTOi.
lions dont nous venons de présenter le tableau, serait une tâche impossible.
La première croûte terrestre formée comme nous venons de l'indiquer, ne pouvait résister aux vagues de cet océan de feu intérieur qu'abaissaient et que soulevaient tour à tour le flux et le reflux quotidien déterminés par l'attraction de la lune et du soleil. Aussi , qui pourrait imaginer les déchirements effroyables, les gigantesques débordements qui en résultèrent? Qui oserait peindre les sublimes horreurs de ces premières et mystérieuses convulsions du globe? Des torrents de matières liquides, mêlées de gaz, soulevaient et perçaient la croûte ter-
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restre, encore très-peu résistante; de larges crevasses l'éventraient, et par ces ouvertures béantes s'élançaient des flots de granit liquide qui venaient se solidifier au dehors. C'est ainsi que se formèrent les premières montagnes. C'est ainsi que s'élancèrent à travers les fractures des parties solidifiées les premiers /S/on*, véritables injections de matières éruptives provenant des parties intérieures du globe, qui traversent les terrains primitifs, et constituent pour nous aujourd'hui de pré-
ûeux gisements de métaux divers, tels que le cuivre, le zinc, l'antimoine et le plomb.
La figure 33 représente la formation d'une montagne granitique primitive par l'éruption de la matière granitique interne se faisant jour à travers une fracture du globe. La figure 2k représente la structure intérieure d'un filon. Dans ce dernier cas, la fracture du globe n'est qu'une fente, que viennent bientôt remplir des injections de matières, souvent de nature diverse, qui, en cristallisant, remplissent totalement la ca-
pacité de cette fente, ou faille, ou bien y laissent des vides, autrement dit des géodes, par suite de la contraction de l'ensemble.
Toutes les éruptions de granit ou d'autres substances lancée» de l'intérieur de la terre, et qui viennent remplir ses fentes et ses crevasses, longitudinales ou obliques, ne s'élèvent pas jusqu'au sol. C'est ce qui se passe lorsque les fentes qui se sont produites dans l'épaisseur de la masse terrestre n'arrivaient pas
Kg. as. ËrnpUon de graoît.
elles-mêmes au jour. La figure 25 représente une éruption de granit à travers un terrain sédimentaire -. le granit provenant de la partie centrale du globe est venu remplir les fentes et fractures qui se sopt produites dans l'intérieur de ces terrains ; mais il n'atteint pas jusqu'au niveau du sol.
Sur la terre, d'abord parfaitement ronde et unie, il se forma donc, dès les premiers temps, des boursouflures, des éminences, des rides, des plis, des crevasses, qui changèrent son premier aspect; son aride et brûlante surface était partout hérissée d'éminences rugueuses, ou sillonnée de fentes énormes.
Cependant notre globe continuait à se refroidir. Un moment arriva où, par les progrès de son refroidissement, sa température ne fut plus suffisante pour maintenir h l'état de vapeurs les énormes masses d'eau qui flottaient suspendues et vaporisées dans son atmosphère. Ces vapeurs passèrent à l'état
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ÉPOQUB PRIMITIVE. 41
liquide, et sur le sol tombèrent alors les premières pluies. Faisons remarquer que c'étaient de véritables pluies d'eau bouillante, car, en raison de la pression très-considérable de l'atmosphère, l'eau condensée et liquide se trouvait portée à une température bien supérieure à 100*.
La première goutte d'eau qui tomba sur la surface eneore brûlante du globe terrestre, marqua dans son évolution une période toute nouvelle, et dont il importe d'analyser avec soin les eSets mécaniques ou chimiques. Le contact des eaux avec la surface consolidée du globe ouvre la série des modifications dont la science peut entreprendre l'examen avec une certaine confiance, ou du moins avec plus d'éléments positife d'appréciation que l'on n'en possëde pour cette période du chaos dont nous venons de peindre quelques traits, et dans laquelle on est obligé de laisser une assez grande part à l'imagination et h l'interprétation personnelles.
Les premières eaux qui vinrent tomber, à l'état liquide, sur le globe un peu refroidi, ne tardèrent pas à être de nouveau réduites en vapeurs, par l'élévation de sa température. Plus légères que le reste de l'atmosphère, ces vapeurs s'élevaient jusqu'aux limites supérieures de cette atmosphère, là, elles se refroidissaient en rayonnant vers les régions glaciales de l'espace ; elles se condensaient de nouveau, et retombaient, à l'état liquide, sur le sol, pour s'en dégager encore à l'état de Vapeur, et retomber ensuite à l'état de condensation. Mais tous ces changements d'état physique de l'eau ne pouvaient se faire qu'en soutirant des quantités considérables de chaleur à la sur^ face du globe, dont ce va-et-vient continuel hâta beaucoup le refroidissement : sa chaleur allait ainsi graduellement te perdre et s'évanouir dans les espaces célestes.
Ce phénomène s'étendant peu à peu à toute la masse des vapeurs d'eau qui existaient dans l'atmosphère, des quantités d'eau liquide de plus en plus fortes couvrirent la terre. Et comme la vaporisation de tout liquide provoque un dégagement notable d'électricité, une quantité énorme de fluide électrique résultait nécessairement de la vaporisation de si puissantes masses d'eau. Les éclats du tonnerre, les fulgurantes lueurs
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des éclairs, accompagnaient donc cette lutte extraordinaire des éléments (fig. 26).
Combien de temps dura ce combat suprême de l'eau et du feu, au bruit incessant du tonnerreî Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'un moment vint où l'eau fut triomphante. Après avoir couvert de vastes étendues i la surface de la terre, elle finit par occuper et couvrir entièrement cette surface.
Ainsi, à une certaine époque, aux débuts pour ainsi dire de son évolution, la terre a été recouverte, dans toute son étendue, par les eaux : l'Océan était universel. A partir de ce moment commença pour notre globe une période régulière, interrompue seulement par les révoltes du feu intérieur qui couvait sous son enveloppe, imparfaitement consolidée.
Pour se rendre compte des actions complexes, tant mécaniques que chimiques, que les eaux, encore brûlantes, durent exercer sur l'écorce solide du globe terrestre, il faut savoir quelle était la composition de cette écorce. La roche qui forme les premières assises, la grosse charpente de la terre, et sur laquelle repose toute la série des autres terrains, c'est le granit.
Qu'est-ce que le granit, comme roche minéralogique ? C'est une réunion de silicates à base d'alumine, de potasse et de soude : le quartz, le feldspath et le mica forment, par leur simple agrégation sans aucun ciment, le granit, qui n'est qu'un mélange de ces trois minéraux.
Le quartz {quarzum des Romains) est de la silice plus ou moins pure, souvent cristallisée. Le feldspath est une matière cristalline, blanche, composée de silicate d'alumine et de silicate de potasse ou de soude : le feldspath potassique se nomme orthose; le feldspath sodique, albite. Le mica est un silicate d'alumine et de potasse contenant de la magnésie et de l'oxyde de fer; il tire son nom du latin mîcare, briller, reluire.
Le granit (de l'italien grano, grain, en raison de sa structure en apparence grenue) est donc une roche complexe, formée de feldspath, de quartz et de mica, et dont les trois éléments sont cristallisés. On appelle gneiss (mot tiré de la langue saxonne)
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une variété de groDit composée, comme celte dernière roche, de feldspath et de mica, mais dans laquelle le mica prédomine ; sa structure feuilletée fait quelquefois désigner le gneiis sous le nom de granit stratifié.
Le feldspath qui entre dans la composition du granit, est un minéral que l'eau froide ou bouillante, et l'acide carbonique de l'air, détruisent, décomposent facilement. L'action chimique de l'eau et de l'air, l'action chimique et mécanique des eaux chaudes qui composaient l'océan universel des temps primitifs, modifièrent profondément la nature des roches granitiques qui formaient le fond de ces mers. Les pluies bouillantes qui tombaient sur les pics montagneux et les aiguilles granitiques, les torrents d'eau qui se précipitaient le long de leurs flancs ou dans les vallées, désagrégeaient les silicates divers qui constituent le feldspath et le mica. Leurs débris finirent par former des bancs immenses d'argile et de sable quartzeux; ce furent là les premiers terrains modifiés par l'action de l'air et des eaux, et les premiers sédiments déposés par la mer.
Les argiles provenant de cette décomposition des roches feldspathiques et micacées participaient de la température encore brûlante du globe ; elles éprouvèrent un commencement de fusion ; et plus tard, quand elles vinrent à se refroidir, elles prirent, par une espèce de demi-cristallisation, cette structure feuilletée que l'on désigne sous le nom de structure schisteuse (du grec (Tj^urtoî, facile à diviser, ou tsyirttiv, diviser) et dont les ardoises, qui se séparent naturellement en minces feuillets, donnent une idée très-eiacte
Ainsi se formèrent les premières argiles et les roches schisteuses. C'est pour cela qu'une épaisse couche dé schistes, premiers sédiments' connus, repose immédiatement sur les terrains d'origine ignée.
A la fin de cette première phase, le globe terrestre était donc recouvert, sur presque toute sa surface, d'eaux chaudes et vaseuses, produisant des mers peu profondes. Quelques tlots, dressant çà et là leurs pics granitiques, formaient sur ces mers, remplies de débris terreux en suspension, une sorte d'anihipel-
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Pendant une longue suite de siècles, la croate solide du globe augmenta d'épaisseur en raison des progrès de la solidification de la matière liquide sous-jacente déterminée par son refroidissement. Cependant cet état de tranquillité ne pouvait être durable. La partie solide du glolîe avait encore trop peu de consistance pour résister à la pression des gaz et de la matière liquide qu'elle enveloppait et comprimait par sa croûte élastique. Les vagues de cette mer intérieure triomphèrent plus d'une fois de la faible résistance de cette enveloppe. Il se fit alors d'énormes dislocations du sol. D'immenses soulèvements de la croûte solide élevèrent le fond des mers, et firent ainsi surgir des montagnes, qui, cette fois, n'étaient plus exclusivement granitiques, mais se composaient, en outre, de ces roches schisteuses qui s'étaient déposées sous les eaux.
D'un autre côté, la terre, en continuant de se refroidir, se rétractait, et ce retrait, c'est-à-dire cette diminution de volume, était, comme nous l'avons expliqué plus haut, une cause de dislocation de sa surface. Il se produisit alors, dans la continuité de l'ècorce du globe, des ruptures considérables ou de simples fissures. Ces fissures se remplirent plus tard par des jets de la matière liquide qui occupe l'inlérieur du globe, c'està-dire de granit éruplif, et de composés métalliques divers. Klles livrèrent aussi passage à des torrents d'eaux bouillantes chargées de sels minéraux, de silice, de bicarbonates de chaux et de magnésie, qui se mélangèrent aux eaux du vaste océan primitif, et qui, en se déposant bientdt sur les fonds de ces mers, vinrent accroître la masse des substances minérales du globe.
Ces irruptions de matière granitique ou métallique, et ces vastes èpanchements d'eaux minérales à travers l'ècorce solide fracturée, se sont reproduits plusieurs fois pendant l'époque primitive. II ne faut donc pas être surpris de voir les terrains anciens presque toujours disloqués, réduits à une faible étendue, et souvent interrompus par des filons contenant des métaux, des oxydes métalliques, tels que les oxydes de cuivre et d'étain, ou des sulfures, tels que ceux de plomb, d'antimoine et de fer, qu'exploite aujourd'hui l'art du mineur.
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Terrain primitif . — En esquissant, comme nous venons de le faire, l'époque primitive de la terre, nous avons préparé le lecteur à comprendre la description très-sommaire que nous allons donner du terrain qui constitue la base de toutes les assises minérales du globe, et que l'on désigne sous le nom de terrain primitif. Ce terrain, peu répandu dans le centre de l'Europe, occupe, au nord de l'Europe et dans l'Amérique septentrionale, des espaces étendus.
Partout oii l'on a pu fouiller la terre assez profondément, on est arrivé au micaschiste qui repose sur le granit. Le granit est donc la base et comme la grosse charpente de la terre. Il sert de support à tous les terrains de sédiment. Comme nous l'avons déjà dit, le granit compose la première masse qui se soit solîdiiiée à l'intérieur par le refroidissement; mais le micaschiste constitue la première croûte qui se soit formée à l'extérieur, dès que le refroidissement a été suffisant.
L'ensemble de roches cristallines qui constituent le terrain primitif stratifié est composé d'éléments cristallins, ne contenant ni sables, ni cailloux roulés, ce qui indique bien que ce n'est point un terrain formé par l'intermédiaire de l'eau, agissant de la même manière que lorsqu'elle façonna les autres dépôts sédimentaires plus .récents. Ce terrain ne renferme aucuns débris de corps organisés; car, à cette époque, la vie n'avait pu encore se manifester sur le sol brûlant de notre planète.
On se tromperait en s'imaginant que le terrain que les géologues désignent sous le nom de primilif soit composé purement et simplement de granit. L'action des eaui encore très-chaudes violemment agitées et s'exerçant avec une forte pression, sur une roche très-attaquable par l'eau bouillante et par l'air, a dû beaucoup modifier le granit.
Outre le granit, qui leur sert de support, on peut reconnaître dans les terrains primitifs trois assises distinctes ; 1° les micatchistes; i' les gneiss; 3* les schistes ehtoritetix.
L'assise des micaschistes présente, comme élément essentiel, le minéral brillant, foliacé, élastique et transparent qui porte le nom de mica. C'est lorsqu'il est agrégé en grandes masses schisteuses qu'on lui donne le nom de micaschiste.
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An contact du granit apparaît une formation distincte de la précédente, à cause du feldspath qu'elle contient en quantité variable : elle est connue sous le nom de gneiss. Voici sur la question très -controversée de l'origine du gneiss, l'opinion de M . le professeur Foumet, de Lyon. Tantôt le gneiss paraît n'être que du granit laminé par suite des tractions dont il a subi l'influence, soit en coulant, soit en s'injectant entre les autres roches. Tantôt il est le produit de l'infiltration capillaire de la pâte du granit entre les feuillets du micaschiste. Cette imbibition, effectuée sous l'influence d'une haute température, a laissé à la masse son tissu feuilleté ; mais ce tissu est sujet à se modifier, ses feuillets étant réguliers et parallèles, ou bien tourmentés et froissés. Sa structure stratiforme, généralement bien caractérisée, donne au gneiss une certaine ressemblance avec les roches des terrains de sédiment, bien que son origine soit liée à des causes toutes différentes.
Les deux assises des micaschistes et des gneiss paraissent former le quart ou le cinquième de l'écorce solide du globe. On les trouve en France, dans le Lyonnais, le Limousin, la Lozère, les Cévennes, l'Auvergne, la Bretagne, la Vendée, les Vosges, etc. Maigre pour l'agriculture, mais fécond pour le mineur, cet étage est riche en métaux, parce qu'il a été traversé par des filons de tous les âges. On y trouve de l'or, de l'argent (en Saxe), du cuivre (à Fahlun, ville de Suède), de l'oxyde d'étain, du fer, des pierres précieuses, comme le grenat, le rubis spinelle, le corindon, etc.
Après les micaschisles et les gneiss, le terrain primitif renferme l'assise des schistes chlorUeux.
L'étage des schistes chtoriteux a pour minéral caractéristique la chlorile, substance écailleuse d'un vert plus ou moins sombre, colorée par un silicate de fer.
Les schistes chloriteux apparaissent en Languedoc dans quelques recoins ; mais ils acquièrent un beau développement dans le Lyonnais, où ils sont désignés par les habitants sous les noms de cornes vertes, de cames rouges, selon leurs caractères, dépendants des imbibitions feldspathiques.
Les schistes chloriteux sont traversés par un grand nombre
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de filons. Dans les Alpes et dans diverses localités, telles que Allevard, Allemont, Cogne, Saint-Marcel, Cliessy et Sain-Bel, Ala^a, Pestarena, etc., ils renferment des filons de cuivre, de fer oxydulé, de fer carbonate spathique, de platine, d'argent, d'or et de manganèse
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Après les terribles tourmentes de l'époque primitive, après ces ébranlements grandioses du règne minéral, la nature semble se recueillir dans un sublime silence, pour procéder au grand mystère de la création des êtres vivants.
Durant l'époque primitive, la température était trop élevée pour permettre à la vie d'apparaftre sur le globe. Les ténèbres d'une épaisse nuit couvraient ce berceau du monde. L'atmosphère était , en effet , tellement chargée de vapeurs de toute nature, que les rayons du soleil étaient impuissants à en percer l'opacité. Sur ce soi brûlant et dans cette constante nuit, la vie organique ne pouvait se manifester. Aucune plante, aucun animal n'ezistait donc alors sur la terre silencieuse. Aussi ne s'est-il déposé, dans les mers de cette époque, que des couches sans fossiles.
Cependant notre planète se refroidissait toujours, et d'autre part, la continuité des pluies puriGait son atmosphère. Dès lors, les rayons d'un soleil moins voilé purent arriver à sa surface ; sous leur bienfaisante influence, la vie ne tarda point à édore. > Sans la lumière, a dit l'illustre Lavoisier, la nature était sans vie ; elle était morte et inanimée. Un Dieu bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu à la surface de la terre l'organisation, le sentiment et la pensée. • Nous allons, en effet, assister à la création des êtres vivants. Nous allons voir sur la terre, dont la température était à peu près alors celle de notre zone équatoriale, nattre quelques plantes et quelques animaux. Ces premières générations seront remplacées par
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d'autres, d'une organisation plus élevée, jusqu'à ce qu'enfin le dernier terme de la création, l'homme, doué de cet attribut suprême qui s'appelle l'intelligence, apparaisse sur la terre.
« Le mot de progrès, que nous croyons propre à l'tiumanité, et même aux temps modernes, disait M. Albert Gaudry dans une leçon publique faîte en 1863, sur les animaux de l'ancien monde, a été prononcé par Dieu le jour où il a créé le premier organisme vivant, b
Les plantes ont-elles apparu avant les animaux ? On l'ignore ; mais tel a été sans doute l'ordre de la création. Il est certain que dans les sédiments des premières mers et dans les vestiges qui nous restent des premières périodes de la vie organique sur le globe, c'est-à-dire dans les schistes argileux et dans les grauwackes qui les recouvrent, on trouve à la fois dea plantes et des animaux, et même des animaux à organisation assez avancée. Mais, d'un autre côté, pendant la plus grande partie de l'époque de transition, en particulier dans la période carbonifère, les plantes sont en nombre infiniment considérable, et les animaux terrestres se montrent àpeine ; ce qui peut faire croire que les plantes ont précédé les animaux. Remarquons d'ailleurs que, par leur nature celluleuse, leur tissu lâche et composé d'éléments très-altérables par i'air, les premières plantes ont dû se détruire facilement sans laisser subsister aucun vestige matériel. 11 a donc pu exister dans ces temps primitifs du globe un nombre immense de végétaux dont il ne reste aiy'ourd'hui aucune trace pour nous.
C'est dans les eaux que la vie a commencé d'éclore. Il ne laut pas oublier, en effet, qu'aux premiers temps de notre globe, les eaux couvraient la plus grande partie de sa surface. C'est dans ce milieu que s'est accompli le mystère divin de la première apparition de la vie. Quand les eaux furent assez refroidies pour permettre l'existence des êtres organisés, la création s'exerça, et elle s'exerça avec une puissance extrême, car elle se manifesta par l'apparition d'espèces nombreuses et trèsdifférentes.
Les restes organiques les plus anciens appartiennent aux mollusques brachiopodes : en particulier au genre Lingule, qui existe encore dans les mers actuelles; aux Trilobites,
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famille de crustacés eiclusivement propre à cette première époque ; puis viennent les Orthocératites, les Productus et les Térébratules , genre de mollusques. Les polypiers, qui ont apparu de très-bonne heure, ont traversé tous les âges et se sont conservés jusqu'à nos jours.
En même temps que ces animaux, des végétaux d'ordre inférieur ont laissé leurs empreintes sur les schistes : ce sont des Algues, plantes aquatiques. Quand les continents se sont un peu agrandis, on voit apparaître des espèces végétales aériennes et d'un port plus élevé : des équisétacées et des fougères herbacées.
Nous allons passer en revue toutes ces espèces organiques, en étudiant les périodes qui composent Vépoque de tratisition.
Nous distinguerons trois périodes dans l'époque de transition : les périodes silurienne, devonienne et carbonifère.
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La première période de l'époque de transition est désignée par les géologues sous le nom de silurienne. Expliquons d'abord ce nom. La nomenclature, c'est-à-dire la langue scientifique, est fort imparfaite en géologie ; elle ne possède aucune convention précise. On se borne, en effet, à désigner les terrains ou les périodes géologiques, d'après le nom des localités dans lesquelles prédomine ce terrain, ou dans lesquelles il a été étudié pour la première fois. La désignation de période silurienne, par exemple, a été donnée par le naturaliste anglais Murchison à la période qui va nous occuper, parce que le terrain formé par les sédiments maritimes pendant cette période est trés-étendu dans le Shropshire, en Angleterre, région qui fut habitée autrefois par les Silures, peuplade celtique qui combattit avec gloire lors de l'invasion de la Grande-Bretagne par les Romains, Le lecteur trouverasans doute cette règle de nomenclature incommode et bizarre ; quoi qu'il en soit, et cette explication étant donnée une fois pour toutes, abordons l'histoire de la période silurienne.
La ligure 27 représente une vue idéale de la terre pendant la période silurienne. Des mers immenses et peu profondes laissent à nu, çà et là, des récifs sous-marins, couverts d'Algues, et fréquentés par divers mollusques et animaux articulés. Un pâle soleil, qui perce avec difficulté la lourde atmosphère du monde primitif, éclaire les premiers êtres vivants sortis des mains du Créateur, organisations souvent rudimentaires, et d'autres fois assez avancées pour indiquer le progrès vers des êtres plus achevés,
La période silurienne (si l'on en écarte les couches inférieures à Lingules, dites cambiiennes , encore peu connues) doit être distinguée, pour l'exactitude de la description scien-
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PEBIODE SILURIENNE.
l'inférieure et la supé-
tîflque, en deux sous-périodes :
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Période silurienne inférieure. — C'est pendant la période silurienne inférieure qu'ont apparu sur la terre les premières plantes et les premiers animaux'. Le terrain silurien inférieur renferme les vestiges certains d'un assez grand nombre d'espèces animales, ce qui prouve que les mers étaient déjà assez peuplées. Dans les couches dites à Lingules, on trouve les pre-
1. Comme la Dotion de l'ordre, des classes et des embranchements auxquels les animaui appartieDoent, reviendra très-fréquemment dans le cours de cet ouvrage, nous croions nécessaire de placer sous les yeui du lecteur le tableau synoptique de la classiBcation des animaux. Tout le monde sait biea ce que c'est qu'un mammil^re, un oiseau, un reptile, mais tout le monde ne se rend pas compte de ta place d'un oursin, d'un polypier, d'un crabe ou d'une araignée dans la série zoologique. Nous aurons ï cbaque instant à invoquer et à citer les noms des embranchemelits et des classes auxquelles ces animaui appartiennent ; le tableau de la distribution méthodique des animaux sera donc ici extrêmement utile.
H. Uitne Edwards, dans son Court ^;^inen(air«(fhw(oireno(ureHe (Zoologie), adopte la distribution suivante des animaux en quatre embranchements, dont l'ensemble forme vingt-cinq classes. Cette classification a été proposée par Cuvier, quant à l'ensemble, et modifiée dans beaucoup de ses parties, surtout pour les animaux inférieurs, par les zoologistes modernes.
Voici le tableau que nous extrayons, en l'abrégeant, de l'ouvrage de M. Uilne Edwards,