‹ La terre avant le déluge (volume 3)Chapitre 40 sur 49 · ReliQuix diluvianx , Id-V · texte numérisé non relu

ReliQuix diluvianx , Id-V

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slaiagmites, c'est-à-dire de cristaux ou d'amas de carbonate de chaux, provenant de dépAts laissés parles eaux infiltrées du dehors à l'intérieur de la caverne. Les stalactites et les stalagmites calcaires ornent les parois de ces antres ténébreux des plus brillants et des plus pittoresques décors.

Sous le revêtement stalagmitique, le sol de ces cavités offre fréquemment des dépôts limoneux et ferrugineux. C'est en creusant le sol de ces cavernes que l'on découvre les ossements d'animaux antédiluviens, mÈlés de coquilles, de fragments de "roches et de cailloux roulés,

La distribution des os au milieu des limons argilo-graveleuxest aussi îrrégulière que possible. Les squelettes ne sont presque jamais entiers; les os ne sont même pas rapprochés dans leur position naturelle, d'après les animaux auxquels ils ont appartenu. On trouve des ossements de petits rongeurs accumulés dans le crâne d'un grand carnassier; des dents d'Ours, d'Hyène, de Rhinocéros sont cimentées avec des cubitus ou des mâchoires de ruminant. Les os sont très-souvenl usés et roulés, comme ils le' seraient s'ils avaient subi un transport de très-grande distance ; d'autres sont fissurés ; certains, néanmoins, sont à peine altérés. Leur état de conservation varie avec la station géographique des cavernes.

Les ossements que l'on trouve le plus fréquemment dans les cavernes proviennent des Carnassiers de l'époque quaternaire {Ours, Hyène, Lion, Tigre, etc.). Les animaux des plaines, et notamment les grands pachydermes (Mammouth, Rhinocéros), ne s'y rencontrent que très-rarement et toujours en petit nombre. De la caverne de Gailenreulh on a extrait plus de mille squelettes, dont huit cents de la grande espèce d'Ursus spelams, et quatre-vingts de la petite espèce ; et deux cents d'Hyènes, de Loups, de Lions, de Gloutons. Dans la caverne de Kirkdale on a découvert les débris d'environ trois cents Hyènes, appartenant à des individus de différents âges. On y a trouvé aussi des os de Loup, de Lièvre, de Rat d'eau et d'oiseaux, mêlés à ceux de quelques herbivores, Buckiand constata que les os autres que ceux d'Hyènes avaient été rongés ; il reconnut la présence de nombreux coprolithes d'Hyènes, ainsi que les traces du passage fréquent de ces animaux à l'entrée de la grotte.

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Buckland conclut de ces remarques que les Hyènes seules avaient habité ces repaires, et que ces animaux accumulaient dans les cavernes, pour s'en repaître, les cadavres d'herbivores dont on y retrouve les débris. Faisons toutefois remarquer que l'opinion du géologue anglais ne saurait être généralisée. Dans le plus grand nombre des cavernes, les os des mammifères sont brisés, usés par le frottement d'un long transport, roulis, selon l'espression géologique, enfin cimentés "par un même limon et avec les fragments des roches de la contrée voisine. A côté d'ossements d'Hyènes, on trouve non-seulement des os d'herbivores inoffensifs, mais encore des restes de Lions et d'Ours. Toutes ces circonstances se réunissent pour établir que les os qui remplissent les cavernes ont été entrât' nés, pële-mële, dans ces anfractuosités, par le rapide courant des flots diluviens. Les grottes ossifères se trouvent le plus souvent vers l'entrée des vallées, dans les plaines, ou à une hauteur qui ne dépasse jamais les limites du phénomène diluvien, n est donc à supposer que, dans le plus grand nombre des cas, les animaux, surpris et tués par des torrents impétueux et soudains, ont été entraînés et engloutis dans les cavernes que le flot rencontrait sur son passage en balayant la terre. Les os ont été ensevelis, de cette manière, dans le limon diluvien.

Nous devons signaler, pour être complet, une explication qui a été donnée de la présence des ossements dans les cavernes. Quelques géologues ont prétendu que ces antres avaient servi de refuge à des animaux blessés ou malades. Il est certain que l'on voit, de nos jours, des animaux mahdes ou mortellement atteints, se réfugier dans des fissures de rochers ou dans des creux de troncs d'arbres, pour y mourir, et c'est pour cette raison que l'on trouve si rarement des squelettes d'animaux en plein champ ou dans les forêts. Cette circonstance peut s'être présentée quelquefois. Concluons, en définitive, qu'outre le mode de remplissage le plus général des cavernes à ossements, qu'il faut, comme nous venons de le dire, attribuer au courant des eaux diluviennes, les deux autres causes de remplissage que nous avons énumérées, c'est-à-dire le séjour habituel des animaux carnassiers et destructeurs ou

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la retraite des animaux malades, peuvent être invoquées dans quelques cas particuliers.

Quelle est l'origine géologique des cavernes? Comment ont pu se produire ces immenses excavations ? Nous les considérons, avec beaucoup de naturalistes modernes, comme des

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fentes ou fractures du globe produites par le grand phénomène géologique ordinaire, c'est -à dire par l'effet du refroidissement terrestre. Ces fentes ou fractures sont, d'ordinaire, remplies par l'injection de malières ignées lancées de l'intérieur, et qui viennent combler ces immenses vides. Par une circonstance particulière, ces fentes ne sont pas comblées; la matière centrale du globe n'est pas venue les remplir, de sorte que ces énormes boursouflures sont restées vides à l'intérieur delà terre. Il n'est pas Inutile de faire remarquer, pour appuyer cette hypothèse, que presque toutes les cavernes se rencontrent dans des contrées qui ont été le théâtre de dislocations et sont creusées dans le calcaire. Ainsi, ce sont particulièrement les terrains jurassique et nëocomien qui offrent de vastes cavernes. Cependant il en existe de fort belles dans le terrain silurien : telle est la grotte des Demoiselles près de Ganges (Hérault) .

11 faut ajouter, pour donner l'explication complète de la formation des cavernes, que la plupart de ces vastes eïcavaiions internes du sol ont été agrandies par des co^irants d'eaux souterraines qui en ont érodé les parois, et ont beaucoup augmenté, de cette manière, leurs dimensions primitives.

Les cavernes à ossements les plus célèbres sont celles de Gai- . lenreulh, en Franconie { Wurtenïberç), que nous représentons ici (hg 317); celles de Nabeustein et de Brumberg, dans le même pays; celles du Hartz et des environs de Liège; celles du Yorkshire, du Devonsliire et du Derbyshire, en Angleterre ; de Paterme et de Syracuse, en Sicile. 11 faut citer, en France, celles de Lunel Viel (Hérault), des Cévennes, de la Franche- Comté, etc.

Brèches osseuses. — Les brèches osseuses ne diffèrent des cavernes que par leur forme. Ce sont des amas conglomérés, composés de débris de diverses roches et d'os, cimentés par un limon calcaire, et qui remplissent des boyaux ou des assures des terrains. La plupart des brèches osseuses qui existent en Europe sont disposées comme une sorte de ceinture autour de la Méditerranée : ce qui indique bien qu'elles sont toutes rattachées à une même fente du globe. Les brèches osseuses les plus remarquables se voient à Cette, à Amibes, à Nice, sur les côtes de l'Italie, aux fies de Corse et de Sardaigne, etc.

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On renconireà peu près dans les brèchts osseuses les mêmes ossements que dans les cavernes; seulement les débris fossiles des ruminants y sont en plus grande anondance. Les mêmes ossements se trouvent dans les-brèches osseuses des côtes de la Hiéditerranée , ce qui doit faire présumer qu'elles ont dû se former en^^mème temps et de la même manière.

La proportion des ossements aux fragments de pierre et au ciment varie, dans les brèches osseuses, suivant les localités. Dans les brèches de Cagliari, où les débris de ruminants sont moins abondants que dans celles de Gibraltar et de Nice, les ossements les plus communs, et qui appartiennent à de petits rongeurs, sont, pour .'linsi dire, plus abondants que le limon qui les empâte. On y atrouvé trois ou quatre espèces d'oiseaui, que l'on a rapportées aux genres Merle et Alouette. On a trouvé dans les brèches de Nice les restes de quelques grands Carnas* Siers, parmi les juels Cuvier a signalé deux espèces voisines du Lion et de la Pantlière. A San-Siro, en Sicile, les brèches ont offert les os d'une espèce de Chien.

Mais les brèches osseuses ne sont pas seulement' propres à l'Europe; on en rencontre dans toutes les parties du globe, et celles qu'on a découvertes récemment en Australie correspondent entièrement aux brèches osseuses de la Méditerranée, dans lesquelles un ciment rouge ocreux relie des fragments de roches et des os ; on y a trouvé quatre espèces de.Kanguroos.

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Les deux cataclysmes dont nous venons de présenter le tableau avaient surpris l'Europe au moment de l'expansion d'une création puissante. L'essor de la nature animée, l'évolution des êtres, se trouvèrent arrêtés dans les parties de notre hémisphère où s'étaient produits ces gigantesques ébranlements du sol, suivis de ces courtes mais terribles submersions des continents. La vie organique se remettait à peine de cette secousse violente, lorsqu'une seconde atteinte, plus grave peut-être,- vint l'assaillir. Les parties septentrionales et centrales de l'Europe, ces vastes contrées qui s'étendent de la Scandinavie à ia Méditerranée ei au Danube, furent en proie à un refroidissement soudain. Une température glaciale les saisit. Les plaines de l'Europe, ornées naguère de cette végétation luxuriante que les ardeurs d'un climat brûlant avaient développée et entretenue, ces pâturages sans fin que remplissaient des troupeaux de grands Éléphants, d'agiles Chevaux, de robustes Hippopotames et de grands Carnassiers, se trouvèrent tout d'un coup recouverts d'un manteau de neige et de glace.

A quelle cause attribuer un phénomène si imprévu et s'ezerçant avec une telle intensité! Dans l'état présent de nos connaissances, aucune explication plausible de ce fait ne saurait être hasardée. L'astre central qui distribue au monde la chaleur et la vie, le soleil, perdit-il, pendant un certain temps, de sa puissance calorifique? Cette explication serait insuffisante, puisqu'à cette époque la chaleur solaire n'exerçait sur la terre qu'une très-faible influence. Les courants marins (giUfstream) qui portent, de l'océan Atlantique vers le nord et l'ouest de l'Europe, des eaux chaudes qui élèvent la température de nos continents, ces courants furent-ils un moment détournés? Aucune hypothèse, nous le répétons, n'a pu expliquer jusqu'ici le

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eataclyane ou la période glaciaire, et il ne faut mettre aucune hésitation à confesser noire ignorance sur la cause de cet étrange, de ce mystérieux épisode de l'histoire de la terre.

Hais, si la cause réelle du refroidissement qui suivit les deux déluges européens est encore pour nous un problème insoluble, ses effets sont parfaitement appréciables. Le refroidissement subit des parties septentrionales et centrales de l'Europe eut pour résultat l'anéantissement de la vie organique dans ces contrées. Tous les cours d'eau, les rivières et les fleuves, les mers et les lacs, se trouvèrent gelés. Comme le dît Agassiz dans son premier ouvrage sur les Glaciers' ;.« Un vaste manteau de neige et de glace recouvrit les plaines, les vallées, les mers et les plateaux. Toutes les sources tarirent, tous les fleuves cessèrent de couler. Au mouvement d'une création nombreuse et agissante, succéda un silence de mort. » Un grand nombre d'animaux périrent de froid. Les Éléphants et les Rhinocéros périrent par millions au sein de leurs pâturages, subitement transformés en champs de glace ou de neige. C'est alors que ces deux espèces disparurent et f\irent effacées de la création. D'autres animaux succombèrent, sans toutefois que leur race périt en entier. Le soleil qui, naguère, éclairait de verdoyantes plaines, en se levant sur ces steppes glacés, ne fut salué que par le sifflement des vents du nord et l'horrible fracas des crevasses qui s'ouvraient de toutes parts, sous la chaleur de'ses rayons, dans l'immense glacier qui servait de tombeau k tant d'êtres animés.

Comment faire accepter cette idée que des plaines, aujourd'hui riantes et fertiles, ont été couvertes jadis, et pendant un temps fort long, d'un immense linceul de glace et de neigeî Pour la faire admettre, ou pour en établir les preuves, il faut porier son attention sur une partie de l'Europe. 11 faut choisir un pays où existe encore aujourd'hui le phénomène glaciaire, et prouver que ce phénomène, aujourd'liui localisé dans ces contrées, s'est étendu pendant les temps géologiques, à des espaces inflniment plus vastes. Nous choisirons pour exemple les glaciers des Alpes. Nous allons montrer que les glaciers de la

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