‹ La terre avant le déluge (volume 3)Chapitre 7 sur 49 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

était nécessairement locale. Si donc les espèces organisées diffèrent d'une période à celle qui suit, ce n'est point parce qu'une révolution générale du globe est venue détruire une génération vivante, pour édifier sur ses ruines une génération nouvelle. On a infiniment trop abusé, de nosjours, de cette idée des révolutions générales du globe qui auraient moissonné un grand nombre de fois tous les êtres vivants. Cetle pensée est en opposition avec les faits ; elle est contredite par la régularité habituelle des assises qui renferment les difi'érentes espèces de fossiles, et par le fait de la persistance de beaucoup d'espèces à travers une longue série d'étages de terrains. H y aurait donc danger à l'admettre et à la propager dans un ouvrage de science populaire. Non, Dieu n'a pas créé des espèces organiques pour détruire chaque fois, et de ses propres mains, son ouvrage. Ce serait mal juger la majesté de ses desseins, ce serait mal apprécier la grandeur de ses vues dans l'ordonnance de la nature et dans le plan de son œuvre admirable, que de les subordonner à ces alternatives continuelles, à ces pas en avant et en arrière. Les espèces organiques sont mortes tout naturellement, de l,eur belle mort, comme on le dit en termes vulgaires. Les races doivent mourir, comme doivent mourir les individus. Le Mattre souverain qui a créé les animaux et les plantes, a voulu que la durée de l'existence des espèces à la surface de la terre fût limitée, comme est limitée la vie de chaque individu. Il n'a pas eu besoin, pour les faire disparaître, de soulever les éléments, d'appeler à son aide les feus réunis de la terre et des cieux. C'est d'après un plan émané de sa toute-puissance et de sa sagesse que les races qui ont vécu un certain temps sur le globe, ont fait place à d'autres, et souvent à des races perfectionnées.

Cette idée des bouleversements incessants de la surface delà terre, qui auraient périodiquement détruit les êtres orga-

■dovGooi^Ic

Page 1