PÉRIODE CARBONIFÈRE
aérien et aussi finement découpé que de la dentelle; ces fougères herbacées, au feuillage indéfiniment accidenté! Rien ne saurait nous donner aujourd'hui l'idée de ce prodigieux et immense revêtement d'une verdure immuable qui couvrait la terre d'un pôle à l'autre, sous une température brûlante et la même partout.
Dans l'épaisseur de ces forêts inextricables, des plantes parasites se suspendaient aux troncs des grands végétaux en touffes ou en guirlandes, comme les lianes de nos forêts équatoriales. C'étaient presque toutes de jolies fougères, des Sphenopteris, des HymenophyUUes; elles s'attachaient aux tiges des grands arbres, comme les Orchidées et les Broméliacées de nos jours.
Les bords des eaux étaient couverts de plantes diverses, aux feuilles légères et verticillées, appartenant peut-être aux Dicotylédones : VAnnularias ferlilis, les Sphenophyllites et les Asterophyllites.
Combien cette végétation, tout à 1& fois puissante par les dimensions des individus et par les immenses espaces qu'elle occupait, bizarre dans ses formes, et généralement simple dans son organisation, était différente de celle' qui embellit aujourd'hui la terre et charme nos regards ! Elle avait certainement pour privilège la grandeur, la force et la croissance rapide ; mais combien elle était peu riche en espèces! combien elle était uniforme dans son aspect ! Aucune fleur ne parait encore le feuillage et ne variait le ton des forêts. Cne verdure éternelle couvrait les branches des fougères, des lycopodes et des prêles, qui composaient en grande partie la végétation de cette époque ; formée d'une quantité innombrable d'individus, mais réduite à très-peu d'espèces, appartenant surtout aux types inférieurs de la végétation , c'est-à-dire aux cryptogames. Aucun fruit apparent, propre à servir à la nourriture , n'apparaissait sur les rameaux. C'est assez dire que les animaux terrestres n'existaient pas encore. Les mers seules avaient de nombreux habitants ; le règne végétal occupait exclusivement la terre, qui ne devait que plus tard se couvrir d'animaux à respiration aérienne et complète. Seulement quelques insectes ailés, des coléoptères, orthoptères et névroptères, animaient les airs, en y promenant leurs couleurs diaprées.
Pour quels yeux, pour quelle pensée, pour quels besoins grandissaient ces forêts solitaires ? Pour qui ces majestueux et infinis ombrages ? Pour qui ces spectacles sublimes ? Quels êtres mystérieux contemplaient ces merveilles ? Question insoluble, et devant laquelle s'abîme et se tait notre raison impuissante.
Pour décrire avec exactitude la période carbonifère, il faut la distinguer en deux sous-périodes : la sous-période du calcaire carbonifère, qui a donné naissance à d'importants dépôts marins, et la sous-période houillère, qui est spécialement continentale. L'une et l'autre de ces sous-périodes ont laissé des dépôts de matière combustible ; mais c'est surtout dans la seconde que ces dépôts abondent et peuvent être exploités pour les besoins de l'industrie humaine.