UU
Fig. 59. Fig. 60. Fig 61.
Productus Martini. (1/3 G. N.) Spirifer trigonalis. (1/2 G. N.) Spiriferglaber. (1/2G.N .
Fig. 62.
Bellerophon costatus. (1/2 G. N.)
Fig. 63.
Orthoceras. (1/2 G. N.)
Fig. 6'*.
Goniatites evolutus. (G. N.)
avait de gros Spirifer, comme les Spirifer trigonalis (fig. 60) et glaber (fig. 61). La Tercbratula hastata nous a été conservée avec les bandes colorées qui ornaient la coquille de l'animal vivant. Les Bellerophon, gastéropodes dont la coquille, enroulée symétriquement sur elle-même, rappelle les Nautiles actuels de petite taille, mais n'est pas cloisonnée, étaient alors représentés par plusieurs espèces, entre autres par le Bellerophon costatus (fig. 62). Parmi les céphalopodes vivaient les Orthoceras (fig. 63), qui ressemblent à des Nautiles droits et rétrécis, et les Goniatites (Goniatites evolutus, fig. 64), genre voisin des Ammonites, dont il sera bientôt et souvent question.
Les crustacés sont rares dans le terrain du calcaire carbonifère : ce sont les derniers Trilobites (Phillipsia) qui s'éteignent dans ce terrain. Quant aux zoophytes, ils consistaient surtout
If
Fig/ 65. Platycrinus triucanthodactylus. (G. N.)
Fig. 66. Fig. 67.
Lithostrotion basaltiforme. Lonsdaleia floriformis.
Fig. 68.
Fusulina cylindrica.
en crinoïdes et polypiers. Les Encrines étaient représentés par les genres Platycrinus (fig. 65) et Cyathocrinus ; on y trouve des mollusques bryozoaires.
PÉRIODE CARBONIFERE. 93
Parmi les polypiers on compte les genres LUhoslrolion (Lithostrotion basait/forme, fig. 66), Lonsdaleia (Lonsdaleia floriformis, fig. 67), Amplexus coralloïdes. Parmi les mollusques bryozoaires, les genres Fencslrella et Polypora. Enfin un groupe d'animaux qui joueront un rôle très-important et seront trèsabondamment représentés dans les couches des dernières périodes géologiques, vivaient déjà dans les mers de la période carbonifère : nous voulons parler des Foraminifères, animaux microscopiques, non agrégés, à existence individuelle distincte, et composés d'un corps entier, ou divisé en segments, recouvert d'une enveloppe ordinairement testacée (Fusulina cylindrica, fig. 68). Ces petits êtres, qui ont formé des bancs énormes et des terrains entiers pendant les périodes jurassique et crétacée, ont commencé d'apparaître pendant la période qui nous occupe.
La planche 69 représente, grâce à l'artifice d'une sorte d'aquarium idéal, quelques espèces dominantes de la population des mers pendant la période du calcaire carbonifère. A droite est une tribu de polypiers, aux reflets d'un blanc éclatant; les espèces représentées sont, en partant du bord, le Lasmocyatlws, le Chastetés et le Pllypora. Le mollusque qui habite l'extrémité du tube allongé et conique en forme de sabre, est un Aploceras. Il semble préparer la venue de l'Ammonite, car si cette coquille allongée était enroulée sur elle-même, elle ressemblerait à l'Ammonite ou au Nautile.
Au milieu du premier plan sont le Bellerophon huilcus, le Nautilus Koninckii et un Producius, avec les nombreux piquants qui partent de l'intérieur et de l'extérieur de la coquille.
A gauche sont d'autres polypiers : le Clionetes, à la surface étalée et munie de petits piquants, et le Cyatliophyllum, qui forme des tiges droites et cylindriques; des encrines (Cyaihocrius et Platycrius) enroulent autour d'un tronc d'arbre, ou laissent flotter dans l'eau leur tige flexueuse. Des poissons (Amblypterus) s'agitent au milieu de ces êtres, dont la plupart sont entièrement immobiles, et fixés, comme des plantes, au rocher sur lequel ils se sont développés.
Le reste de cette planche nous montre une série d'îlots élevés sur une mer tranquille. Un de ces îlots est occupé par une
forêt où se dessinent au loin les formes générales de la grande végétation de cette époque.
Terrain du calcaire carbonifère. — Le terrain formé par les dépôts des mers pendant la période du calcaire carbonifère est important à connaître en ce qu'il renferme de la houille, bien qu'en quantité beaucoup moindre que le terrain houiller. Il est essentiellement formé d'un calcaire compacte, d'une couleur grise, bleuâtre ou noirâtre. Le choc du marteau en fait exhaler une odeur fétide, due à la-matière organique modifiée des mollusques et des zoophytes dont il renferme encore des débris très-reconnaissables.
Le calcaire carbonifère forme, dans le nord de l'Angleterre, de hautes montagnes; aussi a-t-il reçu dans ce pays le nom de calcaire de montagne. On l'appelle encore métallifère, à cause des richesses minérales qu'il recèle dans le Derbyshire et le Cumberland. Ce terrain existe en Russie, dans le nord de la France et en Belgique, où il fournit ces marbres communs connus sous les noms de marbres de Flandre et de petit granit. Ces marbres sont exploités dans d'autres localités, telles que Regneville (Manche), soit pour la fabrication de la chaux, soit comme pierre d'ornement. Une des variétés du marbre exploité à Regneville, noire, à grandes veines jaunes, est fort belle.
En France, le calcaire carbonifère, avec ses grès, ses conglomérats, ses schistes et ses calcaires, est largement développé dans les Vosges, dans le Lyonnais et dans le Languedoc. Souvent en contact avec les syénites et les porphyres, il a été nonseulement bouleversé sur divers points, mais encore métamorphosé d'une foule de manières à cause de la variété des roches qui entrent dans sa constitution.
Aux États-Unis, le terrain du calcaire carbonifère occupe une assez grande place derrière les Alleghanys. On le retrouve aussi dans la Nouvelle-Hollande.
En vertu de leur ancienneté, relativement aux calcaires secondaires et tertiaires, les terrains du calcaire carbonifère sont généralement plus accidentés. La vallée de la Meuse, de Namur jusqu'à Chockier, au-dessus de Liège, est creusée dans cette formation, dont les relèvements lui donnent, surtout sur la rive gauche, un caractère des plus pittoresques.
PÉRIODE CARBONIFERE. 95
SOUS-PERIODE HOUILLERE.
Cette période terrestre est caractérisée d'une manière bien remarquable par l'abondance et l'étrangeté de la végétation qui couvrait alors les parties continentales du globe. Sur tous les points de la terre, au moins depuis les tropiques jusqu'à l'équateur, cette flore présentait, comme nous l'avons dit, une uniformité frappante. En la comparant aux flores actuelles, un savant botaniste français, M. Ad. Drongniart, est arrivé à conclure qu'elle a de grandes analogies avec notre flore des îles équatoriales et de la zone torride, dans lesquelles le climat maritime et l'élévation de la température existent au plus haut degré. Il est donc à croire que les îles étaient très-nombreuses à cette époque, et que les parties du sol émergées formaient une sorte d'immense archipel sur l'Océan général.
C'est aux belles recherches de M. Ad. Brongniart que nous devons de connaître très-exactement la flore houillère. Elle se composait de grands arbres, souvent herbacés, mais surtout de petits végétaux dont l'ensemble devait former un gazon épais et serré, à demi noyé dans des marécages d'une étendue presque sans limites. M. Brongniart a signalé, comme propres à cette période, cinq cents espèces de végétaux appartenant aux familles que nous avons déjà vues poindre à l'horizon devonien, mais qui atteignent ici un développement prodigieux. Absence presque complète des dicotylédones ordinaires et des monocotylédones; prédominance des cryptogames, en particulier des fougères, des lycopodiacées et des équisétacées : formes insolites et actuellement détruites dans ces mêmes familles ; quelques dicotylédones gymnospermes, formant un genre de Conifères complètement disparu, nonseulement actuellement, mais dès la fin de la période houillère : tels sont les grands traits caractéristiques de la flore houillère, et en général de la période de transition.
La végétation de l'époque houillère différait absolument de celle d'aujourd'hui; les conditions climatériques de ces temps
reculés du globe font d'ailleurs comprendre les caractères qui distinguent cette végétation primitive. Des pluies continuelles et une chaleur intense, une lumière douce, voilée par des brouillards permanents, engendraient cette végétation toute particulière dont on chercherait vainement l'analogue de nos jours. Si l'on voulait toutefois se faire une idée, par une localité moderne, du climat et de la végétation propres à la phase géologique qui nous occupe, il faudrait se transporter par la pensée dans certaines îles ou sur le littoral de l'océan Pacifique, et, par exemple, dans l'île de Chiloë, où il pleut pendant trois cents jours de l'année et où le soleil est caché par des brouillards permanents. La végétation de cette île peut donner une idée approximative de celle qui a couvert le globe terrestre pendant la période houillère. Dans cette île, des fougères arborescentes forment en partie des forêts ; à leur ombre, croissent des fougères herbacées s'élèvant à 1 mètre au-dessus d'un sol presque entièrement marécageux, et qui donne asile à une masse de cryptogames, rappelant ainsi les grands traits de la flore houillère.
Cette flore était, comme nous l'avons dit, uniforme et pauvre en genres botaniques, comparée à l'abondance et à la variété des genres actuels; mais les familles peu nombreuses qui existaient alors renfermaient beaucoup plus d'espèces qu'elles n'en offrent maintenant dans les mêmes contrées. Ainsi, les fougères fossiles du terrain houiller, en Europe, comprennent environ deux cent cinquante espèces, tandis que l'Europe n'en produit actuellement que cinquante. Les dicotylédones gymnospermes, qui maintenant ne comprennent en Europe que vingt-cinq espèces, en renfermaient alors plus de cent vingt.
Parmi les espèces végétales caractéristiques du terrain houiller, nous signalerons les suivantes:
Dans la famille des fougères, le Nevropteris heterophyUa (fig. 70), YOdontopteris Schlotheimii (fig. 71), le Pecopleris aquilina (fig. 72), le Sphenopteris Hœninghaussi (fig. 73).
Dans la famille des lycopodiacées, le Lepidodendron Sternbergii, déjà signalé dans le terrain du calcaire carbonifère, le Lepidodendron crenalum (fig. 74), et le Lepidodendron elegans (fig. 75).
PÉRIODE CARBONIFERE.
Dans la famille des équisétacées, les Calamités Suckovii(fig. 76), et les Calamités cannxformis (fig. 77).
(Portion grossie
Fig. 70. Nevropteris heterophylla. [(G. N.)
Fig. 71. Odontopteris Schlotlieimii. (G. N.)
Fig. 72. Pecopteris aquilina. (G. N.
Dans la famille des sigillariées, les Sigillarialœvigata (fig. 78) et pachyderma (fig. 79).
Dans la famille des astérophyllitées, YAnnularia brevifolia
Fig. 76. Tige de Calamités Suckovii (1/2 G. N.)j§
Tig. 75. Rameau de Lepidodendronelegans. Fi .77. Tronc de Calamités cannaeibrmis