PRÉFACE. XV
ganiséSy idée contraire h ce qui nous est révélé dans la Genève, est donc aujourd'hui effacée de la science.
Un autre accord important de la géologie et de la révélation biblique a été mis hors de doute par des travaux de date récente : nous voulons parler de la question de l'existence de la race humaine à l'époque du grand déluge de l'Asie centrale. On a cru longtemps pouvoir battre en brèche le récit de Moïse concernant le déluge de Noé^ en alléguant que l'homme n'est apparu sur la terre qu'après le grand ébranlement géologique qui Gt surgir le mont Ararat et produisit l'inondation des contrées situées au pied de la longue chaîne du Caucase. Les découvertes récentes de divers géologues, et surtout de MM. Boucher de Perthes, Lartet, Lyell, ont mis complètement hors de doute l'existence de l'homme à cette époque, prouvé que les contrées de l'Asie étaient alors habitées par la race humaine, et justiGé de cette manière le récit de l'historien sacré.
La géologie est donc fort loin de porter atteinte à la religion chrétienne, et l'antagonisme qui pouvait exister autrefois ici a fait place, au plus heureux accord. Rien n'est plus propre que l'étude de la géologie à mettre en évidence l'éternité et l'unité divines. Elle nous montre, pour ainsi dire en action, la puissance créatrice de Dieu. Nous voyons l'œuvre sublime de la création se perfectionner sans cesse entre les mains de son divin Auteur. Au sinistre chaos succède un globe encore incandescent, qui passe ensuite par divers états, mais qui se modèle en formes régulières, et se refroidit assez pour donner accès à la vie organique. Nous le voyons s'épurer, se perfectionner sans cesse. Sa brûlante surface, d abord rugueuse et nue, se couvre peu à peu et se décore d'arbustes et de forêts; les continents et les mers prennent leurs limites définitives; les fleuveà et les rivières coulent entre des rives tranquilles, et la terre revêt enfin son aspect actuel de magnificence et de
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tranquillilé. Nous assistons, d'autre part, aux débuts et aux perfectionnements continuels de l'organisation animale. Aux premiers êtres imparfaifs et chétifs qui apparurent sur les rivages brûlants et dans les eaux, encore chaudes, des mers primitives, succèdent des êtres de plus en plus achevés; jusqu'il ce que Dieu fasse sortir de ses mains créatrices son dernier ouvrage, l'homme, orné de cet attribut suprême de l'intelligence, par lequel il domine toute la nature et la soumet à ses lois.
Ainsi, rien ne fait mieux pénétrer dans l'esprit de la jeunesse la pensée de l'unité de Dieu et de sa toute-puissance que l'étude de l'évolution successive de notre globe, et celle des générations vivantes qui ont précédé et préparé la venue de l'homme. L'œuvre fait adorer l'Ouvrier. C'est aussi pour cela que nous avons tenu h placer en tête du Tableau de la nalure, l'histoire de la terre primitive et de ses habitants.
«gs»
GONSIDËOATIONS GËNËKALGS.
Rien de ce qui s aperçoit à la surface de la terre ne laisse deviner que notre globe ait janaais été le théâtre de mutations, de révolutions et de grandes catastrophes. L'observateur dont rœil embrasse une riche et fertile plaine, arrosée par des rivières et des cours d*eau, qui suivent, depuis une longue série de siècles, la même route uniforme et tranquille; le voyageur qui contemple une grande cité, dont la fondation première se perd dans la nuit des temps, et qui témoigne ainsi de Tinvariabilité des choses et des lieux; le naturaliste, qui parcourt dans tous les sens une montagne ou un site agreste, et qui retrouve en leurs mêmes places et en leur même état les reliefs et les accidents du sol dont les plus anciennes traditionis historiques ont conservé le souvenir, ne peuvent croire (|ue drs bf)uleverscments profonds aient jamais altéré la face de notre glohe. Mais si le spectacle de la nature extérieure éloigne de nous toute idée de cataclysme géologique, Fexamen de Fintérieur de la terre met cette pensée en complète évidence. Enfoncez-vous dans les profondeurs du sol , par exemple dans une de ces excavations immenses que Tintrépidité du mineur a creusées pour Texploitation des gisements de houille ou des fllons métalliques, et un
granii nombre de phénomènes, portant avec eux leur conclusion nécessaire, frapperont votre esprit. Une élévation notable de température se manifestera dans ces lieux souterrains : si vous avez eu la précaution de vous munir d*un thermomètre, il vous sera facile de constater que la température de la terre s'élève de 1^ à chaque 33 mètres de profondeur au-dessous de son niveau. Si vous examinez les parois verticales de la tranchée qui forme le puits de la mine, vous les verrez formées d'une série de couches, quelquefois horizontales, mais plus souvent obliques, redressées, ou môme plissées et comme retournées sur elles-mêmes. Vous verrez des couches horizontales et parallèles subitement traversées par l'éruption, droite ou objique, d'une couche de terrain d'une tout autre nature et d'un aspect différent. Ces ondulations multipliées, l'inclinaison des couches terreuses en plusieurs sens divers, montrent bien qu'une cause puissante, une violente action mécam'que, a dû intervenir pour les produire. Ënfîn, si vous examinez avec plus d'attention encore l'intérieur des couches; armé de la pioche du mineur, si vous attaquez et creusez la terre qui vous environne, il ne sera pas impossible que ce premier eflbrt accompli dans la voie et dans les travaux ordinaires du géologue, soit récompensé par la découverte de quelque fossile. Les débris des plantes cl des animaux appartenant aux premiers âges du monde sont, en effet, assez communs; des montagnes entières en sont formées, et dans certaines localités, on ne peut creuser le sol, même à la plus faible profondeur, sans en retirer des ossements ou des empreintes de végétaux fossiles, restes ensevelis des créations éteintes.
Ces ossements, ces débris végétaux ou animaux que la pioche de notre nouveau géologue a arrachés aux profondeurs du sol, appartiennent à des espèces organiques aujourd'hui disparues; on ne peut les rapporter h aucun des animaux, à aucune des plantes qui vivent de nos jours. Mais évidemment ces êtres dont on trouve les débris maintenant ensevelis h de grandes profondeurs, n'ont pas toujours occupé cette place; ils ont vécu à la surface de la terre, comme les plantes et les animaux que nous y voyons de nos jours. La couche dans laqueUe ils reposent aujourd'hui, formait autrefois la surface, le relief du
sol. La seule présence de ces ossements, de ces plantes fossiles, prouve donc, d'une manière irrécusable, qu'en des temps reculés, des révolutions ont agité et bouleversé la surface de notre planète.
La géologie nous explique les transformations diverses que la terre a subies pour arriver de son état primitif à sa situation présente. On détermine, à son aide, l'époque à laquelle appartient une couche quelconque de terrain, et Ton prédit avec certitude la nature des autres couches qui la suivent dans l'ordre de superposition. De toutes les sciences, la géologie est la plus récente; ce n'est qu'au commencement de notre siècle qu'elle s'est constituée d'une manière positive. C'est aussi, de toutes les sciences modernes, celle qui se modiûe de la manière la plus profonde et la plus rapide. On comprend, en effet, que, reposant uniquement sur l'observation, elle doive se modifier à mesure que les faits sont mieux constates, lus observations rectifiées et étendues. La géologie, dont les applications sont nombreuses et variées, projette dans une foule d'autres sciences ses utiles clartés. Nous ne lui demanderons ici que les renseignements qui servent à expliquer l'origine de notre globe, la formation progressive des différentes couches minérales qui le composent, enfm la description et la restauration des espèces animales et végétales aujourd'hui disparues, et qui formaient, selon le langage des naturalistes, la flore et la faune de l'ancien monde.
Pour expliquer l'origine de la terre et la cause de ses mutations diverses, les géologues modernes invoquent deux ordres de faits, ou de considérations fondamentales :
1<* La considération des fossiles;
2* L'hypothèse de l'incandescence des parties centrales du globe; et, comme corollaire de la précédente, l'hypothèse des soulèvements de la croûte du globe, soulèvements ayant produit des révolutions générales ou locales, et qui ont eu pour résul tat de former des terrains nouveaux au milieu des terrains antérieurs.
Fossiles. — On donne le nom de fossiles à tout corps, ou vestige de corps organisé, animal ou végétal, enfoui naturellement
k . LA TERRE AVANT LE DÉLUGE.
dans les couches terrestres, et n'appartenant à aucune des espèces qui vivent de nos jours. Ces fossiles n*ont ni Téclat ni la grûce de la plupart des êtres vivants : mutilés, décolorés, souvent informes, ils semblent se dérober aux regards du savant qui les interroge avec patience ou génie, et qui cherche à reconstruire, à leur aide, la faune et la flore des âges passés.
Ces restes des créations primitives ont été longtemps considérés et classés scientifiquement comme des jeux de la nature. C'est ainsi qu'on les trouve appréciés et désignés dans les ouvrages des philosophes de l'antiquité qui ont écrit sur l'histoire naturelle, et dans les rares traités d'histoire naturelle que le moyen &ge nous a légués.
Les ossements fossiles, particulièrement ceux d'éléphants, ont été connus dans l'antiquité, et ont donné lieu, tant chez les anciens que chez les modernes, à toutes sortes de légendes ou d'histoires fabuleuses. Lii ti'adition qui faisiiit attribuer à Achille, à Ajax et à d'autres héros de la guerre de Troie, une taille de 20 pieds, se rattachait sans doute à la découverte d'ossements d'éléphants. Du temps de Périclès, on assurait, en effet, avoir trouvé dans le tombeau d'Ajax, une rotule de ce héros troyen, qui était de la grandeur d'une assiette : ce n'était probablement que la rotule d'un éléphant fossile.
Notre grand artiste, Bernard Palissy, eut la gloire de reconnaître et de proclamer le premier la véritable provenance des débris fossilisés, qui se rencontrent en si grand nombre dans certains terrains. Bernard Palissy soutint, en 1580, dans son ouvrage sur les Eaux et fontaines, que \es pierres figurées, comme on appelait alors les fossiles animaux ou végétaux, étaient les restes, souvent pétrifiés, c'est-à-dire transformés en pierre, d'êtres organisés qui s'étaient déposés autrefois, et conservés au fond des mers, dans les lieux mêmes où on les retrouve'.
1. L'existence de coquilles marines sur le sommet des montagnes, avait déjà Irappé l'esprit des anciens. Téiroins ces vers d'Ovide dans ses àtétatnorphoses :
.... vidi facta ex ariiuore terras ^
El procul à pelago conch,v jacticre inarimv,
Et velus invaUus est in montibus anchora suinmis. (Vers. 260)
c J'ai vu des terres formées aux dépends de la mer, et des ocquilles niarineb gisant loin de toute plage; bien plus» une vieille ancre de marine a été trouvée MU sommet d'une montagne. »
Ce n'est pourtant qu'au dix-huitième sirde que Ton a commencé d'aborder Télude scicn(in(|uc des fossiles. Buflun, le premier naturaliste qui se soit occupé de leur examen, adopta et fit revivre les idées de Bernard Palissy. Dans ses admirables Èfoques de la nature ^ cet immortel écrivain professe et prouve que les co(|uillcs que l'on trouve en grande quantité enfouies dans le sol, et jus(|ue sur le sonunet des montagnes, a| partenaient bien réellement h des espèces d'une origine ancienne. Mais cette idée était trop nouvelle pour ne pas trouver de contradicteurs; elle compta parmi ses adversaires le hardi philosophe qui aurait dû l'adopter avec le plus d'ardeur : Voltaire accabla de ses lazzis et de ses mordantes critiques la doctrine scientifique de l'illustre novateur. Buflbn insistait, avec raison, sur l'existence des coquilles sur les sommets des Alpes, pour prouver que le bassin des mers anciennes avait été soulevé par des aitacljsmes internes de notre globe. Voltaire prétendit que les cocjuilles trouvées dans les Alpes et les Apennins avaient été jetées là par des pèlerins h leur retour de Rome*. Buflbn aurait pu répliquer à son antagoniste en lui montrant des montagnes entières formées par l'accumulation de ces coquilles; mais comme son génie se prétait mal à la polémique, il ne sut que s'emporter contre son contradicteur. Le philosophe de Ferney jugea bon d'arrêter là une discussion où il n'aurait pas eu le beau rôle : < Je ne veux pas, écrivit-il, me brouiller avec M. de Buffon pour des cocfuilles. »
Il appartenait au génie de Cuvier de retirer de Tétude des fossiles les plus admirables conséquences. C'est principalement par l'élude de ces débris que s'est constituée, de nos jours, la géologie positive.
Cuvier fait remarquer que c'est aux fossiles qu'est due la naissance de la théorie de la terre :
« C'est aux fossiles, dit ce grand naturaliste, qu'est due li naissance de la théorie de la terre. Sans eux Ton n'aurait peut-être jamais songé qu*il y ait eu dans la formation du globe des époques successives et une série d'opérations différentes. Eux seuls, en effet, donnent la certitude que le globe n'a pas toujours eu la n.éme en\eloppc, par la
1. Physique ée Voltaire, ciiap. xy (des Singularités de la Nature) , tume XIX, pages 369 et suiv. de l*édition de Lef%vre. Paris, 1818.
certitude où Ton est qu'ils ont dû vivre à la surface «ivnnt d'être ainsi ensevelis dans la profondeur. Ce n'est que par analogie que Ton a étendu aux terrains primitifs la conclusion que les fossiles fournissent directement pour les terrains secondaires ; et s'il n'y avait que des terrains sans fossiles , personne ne pourrait soutenir que ces terrains n'ont pas été formés tous ensemble ' . i
Écoutons Cuvier exposant d'une manière générale Timmense problème dont il s'était proposé la solution, et nous racontant ensuite comment il procéda pour reconstruire les squelettes des animaux antédiluviens, en particulier ceux qui remplissaient les platrières de Montmartre. C'est, en efret, sur les ossements de mammifères retirés de la colline de Montmartre, aux portes de Paris, qu'ont porté presque toutes les études paléontologiques de notre immortel naturaliste. La méthode suivie par Cuvier pour la reconstruction et la restauration des animaux fossiles trouvés dans les terrains tertiaires de Montmartre, a servi do modèle aux autres naturalistes, qui, après lui, ont appliqué les mêmes procédés h l'examen des ossements fossiles découverts dans d'autres terrains et dans diverses parties de l'Europe.
c Dans mon ouvrage sur les ossements fossiles, dit Cuvier, je me suis proposé de reconnaître à quels animaux appartiennent les débris osseux dont les couches superficielles du globe sont remplies. C'était chercher à parcourir une route où l'on n'avait encore hasardé que quelques pas. Antiquaire d'une nouvelle espèce, il me fallut apprendre à la fois à restaurer ces monuments des révolutions passées et à en déchiffrer le sens; j'eus à recueillir et à rapprocher dans leur ordre primitif les fragments dont ils se composaient, à reconstruire les êtres antiques auxquels ces fragments appartenaient, à les reproduire avec leurs proportions et leurs caractères, à les comparer enfin à ceux qui vivent aujourd'hui à la surface du globe : art presque inconnu , et qui supposait une science à peine effleurée auparavant, celle des lois qui président aux coexistences des formes des diverses parties dans les êtres organisés. Je dus donc me préparer à ces recherches par des recherches bien plus longues sur les animaux existants; une revue presque générale de la création actuelle pouvait seule donner un caractère de démonstration à mes résultats sur cette création ancienne , mais elle devait en même temps me donner un grand ensemble de règles et de rapports non moins démontrés, et le règne entier des animaux ne pouvait manquer de se
1. Ossements [ostilet (in-4*). Discours sur les réroîutions du globe, tome I, page 29.
troQvcr en quelque sorte soumis à des lois nouvelles , à roccasion de cet essai sur une petite partie de la théorie de la terre *. »
c Lorsque la vue de quelques ossements mMnspira, il y a plus de vingt ans, Tidée d'appliquer la règle générale de Tanatomie comparée à la reconstitution et à la dénomination des espèces fossiles; lorsque je commençai à m'apercevoir que ces espèces n'étaient point toutes parfaitement représentées par celles de nos jours qui leur ressemblaient le plus, je ne me doutais pas encore que je marchasse sur un sol rempli de dépouilles plus extraordinaires que toutes celles que j'avais vues jusque-là, ni que je fusse destiné à reproduire à la lumière des genres entiers inconnus au monde actuel , et ensevelis depuis des temps incalculables à de grandes profondeurs.
c Je n'avais encore donné aucune attention aux notices publiées dans quelques recueils, sur ces os de nos environs , par des naturalistes qui n'avaient pas la prétention d'en reconnaître les espèces. C'est à M. Yaurin que j'ai dû les premières indications de ces os dont nos plâtrières fourmillent. Quelques échantillons qu'il m'apporta un jour m'ayant frappé d'étonnement, je m'informai, avec tout l'intérêt que pouvaient m'inspirer les découvertes que je pressentis à l'instant, des personnes aux cabinets desquelles cet industrieux et zélé collecteur en avaient fourni précédemment. Accueilli par tous ces amateurs avec la politesse qui caractérise dans notre siècle les hommes éclairés, ce que je trouvai dans leurs collections ne fit que confirmer mes espérances et exalter de plus en plus ma curiosité. Faisant chercher dès lors de ces ossements, avec le plus grand soin, dans toutes les carrières, offrant aux ouvriers des récompenses propres à éveiller leur attention , j'en recueillis, à mon tour, un nombre supérieur à tout ce que l'on avait possédé avant moi, et, après quelques années, je me vis assez riche pour n'avoir presque rien à désirer du côté des matériaux.
c Mais il n'en était pas de même pour leur arrangement, et pour la reconstruction des squelettes qui pouvait seule me conduire à une idée juste des espèces.
c Dès les premiers moments, je m'étais aperçu qu'il y avait plusieurs de celles-ci dans nos plâtres; bientôt après je vis qu'elles appartenaient à plusieurs genres , et que les espèces des genres différents étaient de même grandeur entre elles , en sorte que la grandeur pouvait plutôt m'égarer que m'aider. J'étais dans le cas d'un homme à qui l'on aurait donné pêle-mêle les débris mutilés et incomplets de quelques centaines de squelettes appartenant à vingt sortes d'animaux ; il fallait que chaque os allât retrouver celui auquel il devait tenir ; c'était presque une résurrection en petit, et je n'avais pas à ma disposition la trompette toute-puissante ; mais les lois immuables prescrites aux êtres vivants y suppléèrent, et, à la voix de l'anatomie comparée» chaque os, chaque portion d'os reprit sa place. Je n'ai point d'expres-
1. Ostementtfoxsiles, tome I, Discourt sur les r/rolutions du globe, piiges 1-2 (in-4-).
sions pour peindre le plaisir que j'éprouvais, en voyant, ù mesure quu je découvrais un carnctëre , tuutes les conséquences plus ou moins prévues de ce car.ictëri.', se développer successivcmetit : lus pieds se trouver conformes à ce qu'avaient annoncé les dents ; les dents b ce qu'annonçaient les pieds; les os des jambes, des cuisses, tous ceux qui devaieut réunir ces deui parties cxtrËmcs, se trouver conforniés comme on pouvait le juger d'avance; en un mot, chacune de ces espèces renaflre, pour ainsi dire, d'un seul de ses éléments.
• Ceui qui auront la patience de me suivre dans lt;s mémoires qui composent celte partie, pourront se faire une idée des sensations que ] 'ai éprouvées en restaurant ainsi, par degrés, ces antiques monuments d'épouvantables révolutions. J'y présente une partie de mes recherches, dans l'ordre ou pluiél dans le désordre ou je les ai Taites, et selon que les faita nécessaires au complément de mes genres se sont offerts successivement*. >
Donnons ici quelques indications générales sur les fossiles, en considérant surloul les fossiles animaux.
Un certain nombre de fossiles appartiennent ix des espèces semblables h celles qui vivent de nos jours; mais la plupart sont des espèces déiruilcs, c'cst-^-dire qui n'oni plus de repré-
sentants à l'époque actuelle, el onl tout k fait disparu de la surface du globe. Ces derniers peuvent consliluer des familles naturelles dont aucun des genres n'a survécu, par exemple la famille des ptérodactyles (iîg. 1} parmi les reptiles, celle des uni-