BRYOZOAIRES
Meandropora cerebriformù (fig. 278).
iCBINODKRlfKS :
Scutella subrotunda (fig. 279).
AMORPBOZOAIRES :
Cliona Duvemoyi.
La planche 280 nous montre les éléments naturels propres à la période miocène. On y voit le dinotherium couché dans rherbe des marécages, le mastodonte et le rhinocéros à deux cornes. Un singe de grande taille, le dryopithecm^ se suspend aux branches d'un arbre. Les produits du règne végétal sont, pour la plus grande partie, analogues à ceux de nos jours. On remarquera l'abondance de cette végétation fine et serrée. Cette vue rappelle celle que nous avons mise sous les yeux du lecteur, pour représenter la période houillère. C'est qu'en effet, la végétation de cette époque, et par les mêmes causes, c'est-à-dire par suite de la submersion du terrain sous l'eau des marécages, a donné naissance à une sorte de houille, que l'on trouve dans les terrains miocènes et qui porte le nom de lignite. Cette houille imparfaite ne ressemble pas entièrement à celle des terrains de transition, parce qu'elle est de date plus récente, parce qu'elle n'a pas eu à subir l'action de la chaleur du globe et la pression de nombreuses couches de terre superposées, conditions qui ont eu pour conséquence , comme nous l'avons établi, la formation des houilles denses et compactes des terrains de transition.
Terrain miocène. — Les terrains qui se sont formés par les dépôts des mers pendant l'époque miocène, ne sont que trèsincomplétement représentés dans le bassin de Paris; ils changent de composition selon les localités. On les divise en deux étages : l'étage de la molasse et celui des faluns.
Dans le bassin parisien, le terrain de la molasse présente, à sa base, des sables quartzeux d'une grande épaisseur, tantôt
purs, tantôt un peu argilifères, ou micacés. Ils renferment des bancs de grès, parfois mêlés de calcaires, qu'on exploite dans les carrières de Fontainebleau, d*Oi*say, de Montmorency, et qui servent au pavage de Paris et des villes environnantes. Cette dernière formation est toute marine. A ces sables et grès succède un dépôt d'eau douce, formé d'un calcaire blanchâtre, en partie siliceux, qui forme le sol du plateau de la Beauce, entre la vallée de la Seine et celle de la Loire : c'est le calcaire de la Beauce. Il s'y mêle une argile roussàtre, plus ou moins sableuse, renfermant de petits blocs de silex meulier. Ce dernier calcaire est très-employé à Paris pour la construction des voûtes de cave, des conduites souterraines des égouts, etc.
On nonmie faluns (d'après le nom d'une ville de Suède) diverses couches formées de coquilles et de polypiers presque entièrement brisés. On l'exploite en beaucoup de pays, notamment aux environs de Tours et de Bordeaux, pour le marnage des terres. C'est à l'étage des faluns qu'appartient le calcaire d'eau douce qui compose la célèbre butte de Sansan, près d'Auch, dans laquelle on a trouvé, de nos jours, un nombre considérable d'ossements de tortues, d'oiseaux et surtout de mammifères, tels que Iss paUeolherium^ rhinocéros^ ours^ pUheeus antiquuSf etc.
PÉRIODE PLIOCENE.
Cette dernière période de Tépoque tertiaire a été marquée dans quelques parties de TEurope par de grands mouvements de récorce terrestre, toujours dus à la même cause, c'est-à-dire à la continuation du refroidissement du globe. Ainsi que nous Ta vous plusieurs fois rappelé, ce refroidissement qui faisait passer à Tétat solide les parties fluides de l'intérieur du globe, amenait des cassures de Técorce terrestre; par ces cassures s'épanchaient les msttières internes, demi-fluides ou de consistance pâteuse, ce qui déterminait ultérieurement le soiUèoenwH de diverses montagnes dans ces interstices béants de i'écorcc terrestre. Pendant la période pliocène, plusieurs montagnes et chaînes montagneuses ont été formées en Europe par des éruptions basaltiques ou volcaniques. Ces soulèvements étaient précédés de mouvements brusques irréguliers de la masse élastique du sol, c'est-à-dire de tremblements de tore. Nous aurons à revenir, bientôt, sur l'ensemble des phénomènes éruptifs.
Pour apprécier l'état de la végétation des continents à la période pliocène et le comparer à celui de l'époque actuelle, écoutons H. Ad. Brongniart :
« Considérée en Europe, nous dit ce savant botaniste, cette végétation nous offre comme caractères particuliers une extrême analogie avec la flore actuelle des régions tempérées de Thémisphère boréal , je ne dis pas de l'Europe, car elle comprend plusieurs genres étrangers à notre Europe actuelle, mais propres à la végétation de l'Amérique ou de l'Asie tempérée. Tels sont les Taxodium, Liquidambar, Robinia, Gleditschia, Bauhinia, Cassia, Acacia, Rhus, Junglans, Liriodendron, Capparis, etc., tous genres étrangers à l'Europe tempérée, dans laquelle ils ont été trouvés à l'état fossile, mais qui, pour la plupart, se retrouvent encore dans des régions tempérées d'autres parties du globe.
c Quelques autres genres, qui existent encore en Europe, mais qui n'y comprennent plus qu'un petit nombre d'espèces, se trouvent à l'état
fossile en plus grand nombre que dans l*époque actuelle : tels sont les érables, dont quatorze espèces au moins vivaient pendant la période pliocène, etles chênes, dont les espèces fossiles sont au nombre de Ireizc. On doit remarquer que ces espèces proviennent de deux ou trois localités très- circonscrites, localités qui, dans Tépoque actuelle, ne présenteraient probablement que trois ou quatre espèces de ces mêmes genres, i
Une diflërence iinportanle distingue la flore pliocène de celle des époques antérieures : c'est Tabsence, dans les parages européens, de la famille des palmiers, qui forment, au contraire, un caractère botanique essentiel de la période miocène. Nous ferons remarquer enfin que, malgré les analogies générales qui existent entre les végétaux de Tépoque pliocène et ceux qui vivent actuellement dans les régions tempérées, aucune espèce ne paratt être identique avec les plantes qui croissent maintenant en Europe. Ainsi la végétation européenne, même à l'époque géologique la plus récente, difTérait, par les espèces, de la végétation qui la décore aujourd'hui.
Les animaux qui vivaient sur les continents pendant la période pliocène, vont nous présenter un grand nombre d'êtres aussi remarquables par leurs pi*oportions c|ue par leur structure. Nous appellei*oiis spécialement lattenlion sur les mammifères et sur un reptile fameux de Tordre des batraciens.
Parmi les mammifères de la période pliocène, les uns, nc's antérieurement à cette période, persistent encore, mais s'éteignent pendant sa durée : tels sont les palxotherium, anoplotht-rîiim, chœropotamuSy etc. Les autres nous offrent des genres entièrement inconnus jusque-là et dont quelques-uns arriveront jusqu'à l'époque actuelle : tels sont les glyptodon^ le mega^ therium^ le mylodon, le wegalonyx, Y hippopotame^ le chameau y le cheval^ le bœuf^ le cerf^ etc.
Les quatre premiers genres de mammifères n'ont jamais eu d autre patrie que l'Amérique. Ils appartiennent à l'ordre des Kdentés, ordre caracléris''* surtout par Tabscnce de dents sur le devant de la bouche. L\ip|Kireil masticateur des Kdenlés ne ^v compose que des molaires et des aminés; quelquefois même les dents manquent complètement. Aussi ces animaux se nourrissent-ils principalement d'insectes ou de feuilles tendres. Le^
IK
tatous, les pangolins e( les fourmiliers sont des exemples de cet ordre d'animaux. On peut ajouter, pour les mieux caractériser encore, que leurs ongles prennent un grand développement, et entourent, en grande partie, l'extrémité des doigts. Les Kdenlés semblent ainsi élublir le passage zoologique entre les mammifères onguiculés et les mammifères ongulés, dont l'extrémité du tloigl est entourée par un sabot, comme on le voit chez les pachydermes et les ruminants.
Le gtyptodon, qui apparut pendant la période pliocène, appartient, parmi les Édcnlés, h la famille des tatous. Les animaux de cette famille offrent comme caractère particulier et hien remarquable, un lest écailleux et dur, composé de compartiments semblables 'd de petits pavés, recouvrant leur léle, leur corps et souvent leur queue. Ce sont des mammifères qut semblent enfermés dans une écaille de tortue.
Le glypiodon (lig. S6I) se rapprochait beaucoup des dasypus, ou tatous. Il avait seize dents k chaque mAchoire. Ces dents
sont creusées latéralement de deux sillons larges et profonds qui en divisent la surface molaire en trois portions : de là le nom de glypiodon. Le pied de derrière était massif et présentait des phalanges unguéales courtes el déprimées. L'animal était enveloppé et protégé par une cuirasse, ou carapace solide, composée de plaques qui, vues en dessous, paraissent hexagonales, et sont unies par des sutures dentées, et qui, en dessus, représentent des sortes de doubles rosettes. Le glypiodon clavipes vivait dans les pampas de Buenos-Ayres.
PÉRIODE PLIOCENE.
Le glyptodon n'avait pas moins de S mètres dr longueur.
I« schialopleuron ne diflîre pas assez du gly/ilnilon pour (jue l'on puisse en Taire un genre à pari; ce n'est sans doute qu'une espèce du ^nre glyplodott. La diiïérciice entre ces deux animaux ne repose (\ue dans la structure de la queue, massive cliez le premier, composée cliez le second d'une dizaine d'anneaux. Pour le reste, organisation et habitudes, foui est identique. Le schisloj^euron était, comme le glyptodon, im animal Iierbivore, se nourrissant. de racines et de débris vrgélaux.
Fig. m. ScbiMoi^toroii l)i
La ligure 281 représente le glypiodon ctavipex à l'étal de squelette: la figure 383 représente le schistoi^euron lyjmt restauré, c'est-i-dire à l'état de vie.
C'était, au premier abord, un être bizarre, sxtraordinaire, que le megaUierium ou animai du Paraguay. Si l'on jette les yeux sur son squelette, qui Tut retrouvé dans le Paraguay, à Uuenos-Ayres, en 1788, et qui existe aujourd'hui dans un état parfait de conservation, nu Muséum de Madrid, on sera frappé de sa slnicture lourde, insolite, gauche et bizarre dans son ensemble et dans toutes 969 parties. Gel animal appartient à l'ordre actuel des
Paresseux. Tout le monde a lu, dans Ihiflbn, la description du paresseux, et, d'après le grand écrivain, on se représente ce quadrupède comme étant, de tous les animaux, celui qui a reçu en partage l'organisation la plus Imparfiute, comme un être auquel la nature a interdit toute jouissance et qui n'a vu le jour que pour la fatigue et la misère.
L'idée exprimée par BufTon manquait pourtant de justesse. L'examen attentif de Yanimal du Paraguay prouve que l'organisation de cet être antédiluvien ne saurait être* considéré comme gauche ni bizarre, eu égard à son genre de vie. Les particularités d'organisation qui rendent les mouvements du pares- ^<eux si lourds et si pénibles à la siu*face du sol, lui viennent, au contraire, merveilleusement en aide pour vivre sur les arbres, dont les feuilles lui servent exclusivement de nourriture. De même, si Ton considère le megatherium comme ayant été créé pour fouiller la terre et se nourrir des racines des arbres et des arbustes, chacun des organes de sa lourde charpente puaîtra parfaitement approprié à son genre de vie et bien adapté à l'objet s])écial qui lui a été assigné par la nature.
On doit placer le mcgailierium entre nos paresseux et nos tatous actuels. Comme les premiers, il se nourrissait exclusivement de feuilles d'arbres; comme les seconds, il fouillait profondément le sol, pour y trouver à la fois sa nourriture et son abri.
Le megallierium était aussi gros qu'un éléphant ou qu*un rhinocéros de la plus grande esjièce. Son corps avait 4 mètres de longueur et 2 mètres et demi d(; largeur. Jetons un coup d'œil sur chacun des organes principaux de son squelette (fig. 283;.
Sa tête ressemble beaucoup à celle du paresseux. L'os trèslarge qui descend de l'arcade zygomatique, le long de la joue, devait fournir une puissante insertion aux muscles moteurs de la mâchoire. La partie antérieure du museau est tellement développée, tellement criblée de trous pour le passage des nerfs et des vaisseaux, qu'il devait exister là, non pas une trompe, qui aurait été inutile h un animal muni d'un cou assez long, mais un groin, analogue à celui du tapir.
Sa mâchoire étant dépourvue de dents incisives, le megatherium ne pouvait se nourrir d'herLes; la structure de ses dents
PÉRIODE PLIOCKNK. 277
molaires prouve qu'il n'était poini carnivore. Chacune de ses dents ressemble à l'une des nombivuses denlicules qui conslituenl la molaire composée de l'éléplinnl.
IjCs vcrii'bres du cou, bien que puissantes, ont peu de volume en comparaison de celles de l'exlrémilë opposée du corps, car la léle est relativement légère et dépourvue de dérenses. Les vertèbres lombaires prennent un accroissement correspondant à rograndisscmciil énorme du bassin et des membres inrérieurs. Les verlèbrrs de la queue sont énormes. Si on ajoute à ces or-
ganes osseux les muscles, les tendons et le tégument qui les recouvraient, on est conduit à admettre que la queue du mégatherium n'avait pas moins de 60 centimètres de diamètre. 11 est probable que, comme cliez les tatous, le mégatlierium se servait de sa queue pour supporter le poids énorme de son corps. Ce même oi-gane devail aussi Jouer un rAie formidable comme
arme de défense, ainsi que cela alleu chez les pangolins et chez les crocodiles.
Les pattes antérieures devaient avoir eu environ 1 mètre de long et le tiers de large. Elles formaient un instrument puissant pour fouiller la terre jusqu'aux plus grandes profondeurs où s'enfoncent les racines des végétaux. Les pieds antérieurs posaient sur le sol dans toute leur étendue. Solidement appuyé en arrière sur ses deux pieds postérieurs et sur sa queue, placé en avant sur Tun des pieds antérieurs, Tanimal employait le pied antérieur libre à creuser la terre, pour déraciner les arbres. Les doigts des pieds antérieurs étaient, k cetelfet, munis d'ongles gros et puissants, qui prenaient une position oblique par rapport au sol, de la même façon que les ongles fouisseurs de la tauP'^
La i. 'étendue du bassin étaient énormes chez Vani-
mal du Pa,u^ Ses immenses os iliaques sont presque à angle droit avec la colonne vertébrale. I^urs bords externes sont éloignés Tun de Tautrc de plus d'un mètre et demi, dis]X)silion en rapport avec le mode de station de l'animal. Le fémur est trois fois plus épais que chez l'élépliant, et les diverses particularités que présente la structure de cet os paraissent avoir eu pour but de fournira toute sa charpente une solidité extrême pur des proportions courtes et massives, l^sdeux os de la jambe sont, comme le fémur, courts, épais et solides; ils présentent de plus cette circonstance, qu'on ne rencontre que chez les tatous et les chlamyphores, animaux fouilleurs, d'être soudés entre eux par leurs extrémités.
L'organisation anatomique de ces membres dénote une locomotion lourde, lente et difficile , mais offre le support le plus solide et le plus admirablement combiné pour le poids d'une créature énorme et sédentaire, sorte de machine fouilleuse vivante, presque inmiobile et d'une puissance incalculable.
En résumé, le megatiierium (fig. 28'i) excédait en volume tous les Édentés actuellement existants. Il avait la tête et les épaules du paresseux; ses pieds et ses jambes olTraient réunis les caractères des fourmiliers, des tatous et des chlamyphores. D'une taille énorme , puisqu'il avait 2 mètres et demi de hauteur, ses pieds étaient armés de grifles gigantesques. Sa queue
lui servait de moyen de support et d'instrument de défense. Un animal bâti dans d'aussi massives proportions ne pouvait évi-
demment ni F^imper ni courir; sa démarche devait être d'une lenteur excessive. Mais Tallait-it des mouvements rapides à un titre uniquement occupé à creuser la terre, pour y chercher des racines, et qui, par conséquent, changeait rarement de place? Avail-il besoin d'agilité pour fuir ses ennemis, puisqu'il pouvait renverser le crocodile d'un seul coup de sa queue? A l'abri des atteintes des autres animaux, ce robuste herbivore devait vivre paisible et respecté dans les parages solitaires de l'Amérique.
Comme le rnegathtrium, le mylodon (ftg. SB5) tenait de trèsprès aux Paresseux. Il habitait aussi exclusivement le nouveau monde. Plus petit que le mégatherium, il lui ressemblait beau-
280 LA TERRE AVANT LK DtLUGE.
coup et n'çn diffôrait guère que par la forme de ses dénis. Ces oignes n'étaipnr pas similaires et ne présentaient que des mo-
laires à surfuct! usée, plane, indiquant que l'anima) se nourrissait de végétaux, prolmblement de Tetiilles et de tendres bourgeons, (lomme le mylodoti pi-éscule à la fois des sabots et lies griffes k chaque pied, on a pensé qu'il formait un lien entre les animaux onguiculés et les animaux ongulés. On en connaît trois espèces qui vivaient toutes dans les pampas de Buenos-Ayres.
Sur les indications de l'illustre Washington, M. JefTerson, l'un des premiers et des plus honorables présidents de la republique des Ëlats-UnJs, signala dans une caverne de l'État de Vilenie les restes d'une espèce de paresseux gigantesque, dont un squelette complet Tut plus tard découvert au Hississipi, dans un étal si complet de conservation que les cartilages, encore adhérents aux os, n'étaient point putréfiés. Jefferson appela cette espAcc^ megatotiyx. Cet animal avait de grands rap-
ports avec le paresseux. Sa taille dépassait celle du plus grand bœuf. Le museau pointu, les mâclioires armées de dents cylindriques, les membres antérieurs beaucoup plus longs que les postérieurs, larliculation du pied oblique sur la jambe, deux doigts gros, courts, armés d ongles longs très-forts, le doigt index plus grêle, armé d'un ongle moins puissant, la queue forte et solide, tels sont les traits saillants de l'organisation du meyaloHyXj dont les formes étaient un peu moins lourdes que celles du viegaUierium.
Nous avons réuni dans la planche 286 les grands Kdentés propres à cette période et qui habitaient exclusivement TAmérique : le glyptodon, le mégntherium , le mylodon, auxquels se joint le mastodonte, dont 1 existence dépassera encore celle pêriode. Un singe macaque, YoreopiUiecus, qui avait commencé d'apparattre dans la période miocène, se suspend aux grands arbres de ce paysage, dont la végétation est presque identique à celle de notre époque. L'œil y cherche en vain les palmiers, car on ne les retrouve pas, avons-nous dit, pendant cette période.
Arrivons aux ruminants et aux pachydermes de Tépoque pliocène, considérée surtout en Europe.
Certaines espèces de grands bœufs vivaient en nombreux troupeaux sauvages dans les forêts de la France , particulièrement en Auvergne et dans le Velay. Leur taille dépassait de lieaucoup celle des aurochs (bisons); ils ressemblaient aux buflles sauvages de notre époque.
Le cheval de l'ancien monde est celui de tous les animaux fossiles qui présente le plus dé ressemblance avec les individus qui vivent de nos jours. Il était seulement plus petit, et ne dépassait pas la taille d'un âne. Le cheval était un dt s animaux les plus communs dans l'ancien monde; on trouve aujourd'hui ses ossements répandus en quantités immenses dans les terrains tertiaires de l'Europe.
L'hippopotame, le tapir, le chameau, qui apparaissent pendant la période pliocène, ne présentent aucun caractère particulier qui puisse nous arrêter. I^s singes commençaient à abonder en espèces; les cerfs étaient déjà fort nombreux.
De tous les ruminants fossiles, le plus grand et assurément
284 LA TERRE AVANT LE DÉLUaK.
Tun des plus curieux est le sivaiheriuni, dont on a trouvé les débris dans l'Inde, dans les monts Sivalîks, l'un des contreforts de THimalaya. Son nom est tiré de celui d'une idole (Siva) adorée dans cette partie des Indes.
Le sivatherium avait la laillo de l'éléphant; il appartenait au genre des (lerl's : c'est donc le plus gigantesque animal de cette espèce qui ait jamais existé. On n'a trouvé que sa tête, ce qui empêche de se faire une idée exacte du genre auquel il appartient, et ce qui nous interdit de présenter la figure restaurée de ce grandiose ruminant. Tout ce qu'on peut assurer, c'est que la tête du sivatherium présentait une disposition que l'on n'a trouvée sur aucun animal connu : elle était arm^e de quatre cornes, dont deux au haut du front, et les deux autres, plus grandes, plantées à la région des sourcils. Ces quatre cornes, très-divergentes, devaient donner & ce cerf colossal un aspect des plus étranges.
Comme pour rivaliser avec ces gigantesques mammifères, des reptiles multipliés vivaient encore sur les continents, bien que cette classe d'animaux eût beaucoup perdu du rôle important qu'elle jouait à l'époque secondaire.
De tous les reptiles qui appartiennent à la période pliocène,
un seul nous occupera : c'est la salamandre. Nos salamandres
.actuelles sont des batraciens amphibies, à la peau nue, qui
ont à peine une longueur de 50 centimètres; la salamandre de
l'époque tertiaire avait les dimensions d'un crocodile.
La découverte de la salamandre fossile a valu à l'histoire de la paléontologie une page assez piquante, dont nous ne priverons pas nos hx^teurs. I^e squelette de ce reptile a été longtemps considéré comme celui d'une victime humaine du déluge (homo (lUuvii tesiis). Il fallut tous les efforts de Camper et de Cuvier pour rayer ce préjugé de l'esprit du vulgaire et de celui des savants.
Sur la rive droite du Rhin, non loin de Constance, un peu au-dessus de Stein, et près du village d'ORningen, en Suisse, existent de belles carrières de minerai schisteux. Ces carrières, qui appartiennent à l'époque tertiaire, ont été plusieurs fois décrites par les naturalistes, entre autres, par Benédict de Saussure, dans le III* volume de ses Voyaifts aux Alpes^ en raison
des produits varices qu'elles renrermcnt. Kii 1725, on trouva dans CCS carrières, incrusté dans un bloc d argile schisteux, un s()uelettc renian|uablcnicnt conservé. Sclienclizer, célèbre naturaliste suisse, qui alliait à ses éludes scientifiques les travaux du théologien, fut ap|)elé'pour prononcer sur la nature de ces reliques des anciens âges. Il crut reconnaître dans ce squelette celui d'un homme, et sa conviction sur ce point se traduisit bienlôt par les élans d'un véritable enthousiasme. En 1726, il donna, dans les Transaclions philosophiques dt Lotidres^ la description de ces restes fossiles, et en 1731, il en flt lobjet d une dissertation spéciale, qui avait pour titre : Homo diluvii lestis (YHomnie tnnoin du déluge). Cette dissertation était accompagnée de la figure sur bois de Vhomme témoin du déluge. Scheuchzer revint sur ce sujet dans un autre de ses ouvrages : Physica sacra *.
« 11 est certain, écrivait-il, que ce schiste contieut uoe moitié, ou peu s'en faut, du squelette d.*un homme; que la substance même des os, et, qui plus est, des chairs et des parties encore plus molles que les chairs, y sont incorporées dans la pierre ; en un mot, que c'est une des reliques Il'S plus rares que nous ayons de cette race maudite qui fut ens'.'velie sous les eaux. La figure nous montre le contour de Tos frontal, les orbites avec les ouvertures qui lui livrent passage aux gros nerfs de la cinquième paire. On y voit des débris du cerveau, du sphénoïde, de la racine du nez, un fragment notable de Vos maxillaire, et des vestiges du foie. 1
Et notre pieux auteur di* s*écrier, en prenant cette fois la forme
lyrique :
D'un vieux damné déplorable charpente , Qu'à ton aspect le pécheur se repentent
Le lecteur a sous les yeux la figure du fossile du schiste d'CKningen (fig. 287). 11 est évidemment impossible de trouver dans ce squelette ce que voulait y voir l'enthousiaste savant, et Ton peut apprécier, par cet exemple, à quelles erreurs peut
I. Bible en estampes oïl la physiologie {phtfsiea sacra) des merreilles naturelles mefUionnées dam les saintes écritures $e troure expliquée et démontrer |iar J. F. Scheuchzer. Ulm, 1731.
^. BetrAbtes Beingerùst ton einem altem Sonder ^
Erweidie, Siein, das lien drr n€urn Bosheil^inder!
4]uel(|Uefois conduire l'aveuglement d'une opinion firéconçiie
et l'esprit de système. Comment un naluriilisle aussi émineni que Scheuchzer pouvait-il trouver dans cette l^te énorme et
dans œs membres supérieurs, la moindre ressemblance avec les parties osseuses de Thomme?
Le firéadamiu (prédécesseur d'Adam), Y homme témoin du délugey ût grand bruit en Allemagne, et personne n*osa contester l'opinion émise par le naturaliste suisse, sous sa double autorité de théologien et de savant. C'est ainsi que, dans son Traité des pétrificalions ^ publié en 1758, Gesner décrit avec admiration le fossile dOEningcn, qu'il attribue, avec Scheuchzer, à Yhomme antédiiuvien. Pierre Camper fut le seul qui psât s'élever contre l'opinion universellement professée en Allemagne. S'étant transporté à OËningen, en 1787, pour y étudier le célèbre fossile, il n cul pas de iH*inc à se convaincre de l'erreur de Scheuchzer. Il reconnut que ce squelette était celui d'un reptile. Camper lui-même se trompa néanmoins sur la famille de reptiles à laquelle il fallait rapporter le prétendu témoin du déluge; il le prit pour un saurîen. « Un lézard pétrifié, écrivit Camper, peutnil passer pour un homme I »
C'est à Cuvier qu'il appartenait de ranger dans sa véritable famille le fossile d'UDningeii. Uans un mémoire sur ce sujet, Cuvier démontra que ce squelette avait appartenu à un de ces batraciens amphibies ({ui portent le nom de salamandre.
• Prenez, disait Cuvier, dans ce mémoire, un squelette de salamandre, et placez-le à côté du fossile, sans vous laisser détourner par la différence de grandeur, comme vous le pouvez aisément en comparant un dessin de salamandre de grandeur naturelle avec le dessin du fossile réduit au sixième de sa grandeur, et tout s'expliquera de la manière la plus claire.
« Je suis persuadé même, ajoutait notre grand naturaliste, dans une édition postérieure de ce mémoire, que si Ton pouvait disposer du fossile, et y chercher un peu plus de détails, on trouverait des preuves encore plus nombreuses dans les faces articulaires des vertèbres, dans celles de la mâchoire, dans les vestiges des très-petites dents, et jusque dans les parties du labyrinthe de l'oreille. »
Et il invitait les propriétaires ou dépositaires du précieux fossile à procéder à cet examen.
Notre grand naturaliste eut la satisfaction de faire lui-même lexamen qu'il demandait pour la confirmation de ses vues. Se trouvant à Harlem, il demanda au directeur du Musée de faire creuser la pierre qui contenait le prétendu homme fossile,
alin d'y mettre k découvert les os qui pouTsient encore y rester cachés. L'opération se fl( en présence du directeur du Musée et d'un autre naturaliste. Un dessin du squelette de la salamandre avait été placé près du Tossiie, par Cuvier. Il eut la satisfaction de reconnaître qu'à mesure que le ciseau creusait la pierre, quelqu'un des os que ce dessin avait annoncés d'avance apparaissait au joui*.
Dans les sciences naturelles, il y a peu d'exemples d'un triomphe aussi éclatant, il y a peu de démonstrations aussi frappantes de la certitude des méthodes d'observation et d'induction sur lesquelles reposent l'anatomie comparée et la paléontologie.
Pendant la période pliocène, des oiseaux d'espèces trèsnombreuses, et qui vivent encore de nos jours, animaient les solitudes immenses que l'homme ne remplissait pas encore : des vautours, des aigles, des catharles, parmi les Rapaces; et panni les autres genres d'oiseaux, des goélands, des tiirondelles, des pies, des perroquets, des faisans, des co<|S, des canards, «le.
1^ faune marine était sensiblemeni lu même qu'îi l'époque miocène. Les espèces de mollusques caractéristiques, c'està-dire qui servent à distinguer celte période de toutes les autres, sont nombreuses : nous citerons les plus connues. Telles sont:
Cardium hians (fig. 388); — Panopxa atdrovandi (fig. 88»); —
Fie- s»». Cirdium hluni. Flg. M*. Puiopaa lUrovandl,
Ptcten Jacobxm; — fusus lonliarius (lig. 290); — Hures alveo-
talui (fig. 291); — Cyprxa cocchulloïtlcs; — YoltUa LambtTli (fig. 898); — Roileiiaria PespelUani (fig. 293).
FIg. »i. Hnm tlTMUUt.
Terrain pliocène. — On donne en Angleterre le nom de crag, et en France celui de wrain subapennin, aux dépAts formés pendant la période pliocène. Ces terrains, très-remarquables dans le comté de SulTolk, consistent en une série de couches marines de sables quartzeux, colorées en rougeâtre par des matières Terrugineuses.
L'étage du crofr forme sur divers points de l'Europe de grandes
accumulations. En France, une partie de la Bresse, toute la vallée du Aliôue, jusqu'à la Méditerranée, en sont complètement formées. Le plus puissant dépôt de ce genre, composé d'argiles et de sable alternant avec des marnes et des calcaires arénifères, constitue les collines subapennines, qui s'étendent sur les versants de la cliatnc des Apennins. Cet étage se retrouve au val d'Arno supérieur, que nous avons déjà cité, et dans les pampas de Buenos- Ayres, où l'on a découvert les diverses espèces d'Édentés mentionnés plus haut. On a même signalé sa présence sur une grande étendue jusque dans la Nouvelle-Hollande. Enfin, les sept collines de Rome paraissent composées en partie de couches marines tertiaires appartenant à la période pliocène.
La planche 294 représente une vue idéale de la terre pendant l'époque pliocène et sous les latitudes d'Europe. Au fond du tableau, une montagne récemment soulevée rappelle les agitations qui, pendant cette période , ont bouleversé le sol, en faisant apparaître une partie des montagnes actuelles. La végétation *est presque identique à celle de nos jours. On y voit réunis les animaux les plus importants de cette période, tant pour les espèces fossiles que pour celles qui existent encore aujourd'hui.
Nous avons montré, dans une série successive de cartes, l'étendue des continents résultant des dépôts marins, dans la partie de l'Europe qui devait former la Fi*ance. A la fin de la période qui vient de nous occuper, et par suite des dépôts laissés par les mers de l'époque tertiaire, le continent français se trouva formé tel qu'il existe actuellement. La carte placée à la page 295 représente donc les divers terrains qui forment le relief du sol dans la France actuelle. Elle a été dressée d'après les documents scientifiques les plus exacts, et notamment d'après la Carte géologique de France y due aux travaux de MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, exécutés par l'ordre du gouvernement et avec le concours des ingénieurs de l'État.
Nous la faisons suivre d'une nouvelle carte qui représente l'étendue et la nature géologique des terrains qui composaient
l'Europe a la un de Tépoque tertiaire. Gomme l'Europe n'a éprouvé aucun changement depuis l'époque tertiaire jusqu*à nos jours, ni dans l'étendue du continent, ni dans la composition des terrains qui formaient le relief du sol, elle n'est autre chose que la Carte géologique de FEurope aciuelle. Dressée sur les documents scientiflques les plus exacts, cette carte sera, nous le croyons, consultée par le lecteur avec intérêt et profit.
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L'époque quaternaire de l'histoire de notre globe commence après l'époque tertiaire et se continue jusqu'à nos jours.
La tranquillité de notre hémisplière ne sera troublée, pendant la durée de cette dernière époque, que par quelques cataclysmes dont la sphère sera restreinte et locale, et par un trouble passager qui surviendra dans sa température : les dé~ luges et la période glaciaire y voilà deux premières particularités remarquables que va nous présenter cette époque. Biais le fait qui domine l'époque quaternaire, et en même temps toutes les phases que nous a présentées jusqu'ici l'histoire de la terre, c'est l'apparition de l'honmie, œuvre culminante et suprême du Créateur de l'univers.
Dans cette dernière phase de l'histoire de la terre , nous établirons, en conséquence, ces trois divisions chronologiques :
1» Les déluges de l'Europe ;
8* La période glaciaire;
3* La création de l'homme et le déluge asiatique.
Avant d'exposer les trois ordres d'événements divers qui remplissent l'époque quaternaire, nous avons à présenter le tableau du règne organique, c'est-à-dire des espèces végétales et animales propres à cette époque.
Nous n'entrerons dans aucun développement particulier pour ce qui concerne les plantes. La végétation de l'époque quaternaire n'est autre, en effet, que celle de notre époque; cette flore, c'est la flore de nos joui^.
Ce que nous venons de dire pour les végétaux de l'époque
i^uàternaire, ou actucDn, nous pouvons le répéter pour les animaux. La création animale de l'époque quaternaire est celle que l'Iiomme voit vivre et s'agiler sous ses yeux. Nous aurions donc supprimé loute description de ces animaux, si quelques espèces apparlenant à la création quaternaire n'avaient déj.'i disparu. Ces espèces dès maintenant éteintes, ces animaux dont la race, contemporaine des animaux actuels, est pourtant aujourd'hui efTacée de la terre, nous sommes obligé de les décrire, comme nous avons décrit les espèces éteintes appartenant aux âges antérieurs, Klles ne sont pas nombreuses, d'ailleurs, et se réduisent aux suivantes : mammouth {tiephas pyimigtniiis) , rhinocéros {rhinocéros tichorhinus), ours Çursjis spelxus), hyène (hyxna tpetxa), bœuf (605 priais et primigmius) , cheval, cerf (cervtis megaceras), auxquelles il faut joindre le dinomis et Yepiomit, parmi les oiseaux.
MamnwuUi (Elcphu prlmigeDlu*).
La ligure 295 représente le squelette du mammouth. Sa taille dépassait celle des plus grands éléphants actuels, car il avait
KPOQUE QUATERNAIRE. «99
de 5 à 6 mètres de hauteur. La courbure en demi-cercle de ses monstrueuses dérenses, qui atteignent jusqu'au mètres de longueur, difTérencie le mammoiilli de l'élL^pImnl nclucl des Indes. La forme de ses dents permet de le distinguer facilemout de son congénère fossile, le iiiaslodonlr. Tandis <|ue les dents du mastodonte sont surmontées d'Ominences ou de tubérosilés en forme de mamelons, les dents du mammouth, scmblahlcs en cela à celles de l'éléphant actuel, présentent une large surface unie, surmontée seulement de sillons réguliers h large courbure.
Les dénis (fig. 296), chez le mammouth comme chez Télé-
phant actuel, sont au nombre de quatre seulement, deux à chaque mâchoire, si l'animal est adullc. Sa tête allongée, son front concave, sa mâchoire courbe et tronquée en avant caractérisent encore le mammouth.
Il a été facile, comme on le verra plus loin, de connaître les formes générales, la structure de cet animal, et jusqu'à sa peau. On sait qu'il était revêtu de polis longs et serrés, et qu'une crinière flottait sur son cou et le long de son épine dorsale. Sa trompe ressemblait h celle de l'éléphant actuel des Indes. Son corps était plus loui'd et ses jambes plus courtes que celles de ce dernier animal, dont il avait, d'ailleurs, les mœurs et les habitudes,
Cuvier a donné au mammouth ou éléphant fossile le nom spécifique d'eUphas primigenius.
L'éléphant fossile (fig. 397) est, sans aucun doute, le plus important de tous les animaux ùe l'ancien monde reconstitués, ressuscites, pour ainsi dire, par la science moderne. Aussi ne devons-nous pas craindre de nous étendre un peu longuement sur
les principaux traits de son liisloire, qui auront d'ailleurs l'avantage de nous donner l'explication certaine de plusieurs faits consignés dans les annales de différents peuples.
PIg. a».
A toutes les époc)Ues, et presque dsns tous les pays, le liasard a fait découvrir dans le sol des ossements d'éléphant, l'iine nous a transmis la tradition, recueillie par l'historien Théophraste, qui écrivait 320 ans avant Jésus-Christ, relative à l'existence d'ossements, ou d'ivoire fossile (ebur fostUe), dans le sot de la Grèce '.
Comme certains os de l'éléphant ont quelque ressemblance avec ceux de l'homme, on les a souvent pris pour des os humains. Dans les premiers temps de l'histoire, les grands
I. TheophraituM aucior ni, et ebttr fotiiU eandido tl nigro colore ii tlona è terri naici, inrcniri qut lapida outoi , Mb. XXXVI, cap. iviii phiaats nous auure qiiB l'on a Irauvé île l'ivaire fasûla noir et blin que dsi ni iranirarmAs en pierreii cei a* ÊMiont ait de lu tarte.
ossements que l'on déterrait accidentellement passaient pomavoir appartenu à des demi-dieux ou à des héros. On y vit plus tard les restes de géant. Nous avons déjà parlé de Terreur qui fit prendre y chez les Grecs, une rotule d'éléphant pour celle d'Ajax. C'est également à des os d'éléphant fossile qu'il faut attribuer le géant dont parle Pline S et qui fut mis à découvert par un tremblement de terre. On doit encore rapporter à la même origine le prétendu corps d'Oreste, long de 7 coudées (4 mètres), qui fut découvert à Tégée par les Spartiates'; celui d'AstériuSy fils d'Ajax , découvert dans l'Ile de Ladée, et long de 10 coudées, selon Pausanias; enfin les grands os qui furent trouvés dans l'Ile de Rhodes, et dont parle Phlegon de Tralles ».
On remplirait des volumes rien qu'avec les histoires de prétendus géants trouvés dans d'anciens tombeaux. Au reste, ces livres existent, et sont même assez nombreux dans la littérature du moyen âge; ils ont pour titre : Gigantologie. Tous les faits, plus ou moins réels, tous les récits, véridiques ou imaginaires, rassemblés dans ces recueils, peuvent s'expliquer aiyourd'hui par la découverte accidentelle d'os d'éléphant, plutAt que de tout autre animal de notre époque ou de l'ancien monde.
On trouve répétée, dans toutes les Gigantoiogies^ l'iiistoire du prétendu géant découvert, au quatorzième siècle, à Trapani, en Sicile, dont parle Boccace, et qu'on ne manqua point de prendre pour Polyphème; ainsi que l'histoire du géant trouvé, au seizième siècle, selon Fasellus, dans les environs de Palerme. Le même auteur cite d'autres parties de la Sicile, comme Helilli, entre Leontium et Syracuse, Carine, à 12 milles de Palerme, Calatrasi, Petralia, etc., où l'on déterra des os de géants.
Le P. Rircher parle de trois autres géants trouvés en Sicile, et dont il ne restait de bien complet que les dents \
En 1577, un ouragan ayant déracmé un chêne près du clottre de Reyden, dans le canton de Lucerne, en Suisse, de grands ossements furent mis à nu. pt annSeées après, le célèbre mé-