‹ La terre avant le déluge (volume 5)Chapitre 29 sur 42 · Mundui tubfennoneitf , lib. VIII, cap. ziv, p · texte numérisé non relu

Mundui tubfennoneitf , lib. VIII, cap. ziv, p

decin Félix Plater, professeur à Bâie, s*étant rendu à Lucerne, examina ces os, et déclara qu'ils ne pouvaient provenir que d'un géant. lie conseil de Lucerne consentit à lui envoyer ces ossements à Râle, pour qu'il les soumit & un examen plus approfondi. Platcr crut pouvoir attribuer au géant de Lucerne une taille de 19 pieds. Il fit dessiner un squelette humain sur cette proportion, et renvoya le dessin à Lucerne, avec les os '.

De touâ les os du géant de Lucerne il ne restait plus, en 1706, qu'une portion d'omoplate et un fragment du carpe. L'anatomiste Rlumenbach, qui les vit au commencement de notre siècle, les reconnut parfaitement pour des os d*éléphant.

Nous ne devons pas manquer d'ajouter, comme complément de cette histoire, que les habitants de Lucerne ont adopté, depuis le seizième siècle, l'image de ce prétendu géant comme support de leurs armes. 11 est maintenant établi que ce prétendu géant n'est qu'un mammouth. Ainsi les Lucernois ont fait involontairement ce qu'ont fait avec rétlexion les habitants de Berne : l'ours des armes parlantes de la ville de Berne est le pendant du mammoutii des armoiries de Lucerne.

Iji littérature espagnole conserve le récit de beaucoup d'histoires do géants, reconnus tels au seul examen de leurs os. La prétendue dent de saint Christophe, que l'on fit voir à Louis Vives, à Valence, dans l'église de Saint-Christophe, n'était certainement qu'une molaire d'élépliant fossile. D'ailleurs, il ne faut pas trop s'étonner de voir, aux premiers siècles du christianisme, des ossements d'élépliant pris pour des reliques de saints, car ce genre d'erreur s'est prolongé jusqu'aux confins de notre siècle. En 1789, les chanoines de Saint-Vincent faisaient promener processionncllemenl dans les rues et dans la cam|)agne, pour obtenir de la pluie, un prétendu bras de saint, qui n'était autre chose que le fémur d'un éléphant.

En U56, sous le règne de Cliarles VII, on vit de ces prétendus 08 de géants apparaître sur le lit du Rhône. Le même phénomène se reproduisit sur les bords de ce fleuve, près du bourg de Saint-Peirut, vis-ti-vis Valence. Le dauphin, depuis Louis XI,

1. Ctt dcMlu dti Félix IMaterse voit encore aujourd'hui à Lucerne, dans Tancieii ouUége do4 Jéauilon.

qui résidait alors à Valence, fit recueillir ces os; on les porta à Bourges, où ils restèrent longtemps exposés à la curiosité publique, dans l'intérieur de la Sainte-Chapelle.

Vers 1564, une découverte semblable eut lieu aux entrons de la même ville de Valence. Deux paysans aperçurent, aux bords du Rhôen, le long d*un talus, de grands os qui sortaient de terre, lis les portèrent au village voisin, où ils furent examinés par Cassanion, qui demeurait à Valence. G*est sans doute à ce propos que Cassanion écrivit son Traité des géants*. La description donnée par Tauteur*, d'une dent de ce prétendu géant de Valence, suffit, selon Cuvier, pour prouver qu'elle appartenait à un éléphant : elle avait 1 pied de longueur et pesait 8 livres.

C'est aussi aux bords du Rhône, mais en Dauphiné, que fut trouvé, sous Louis XIII, le squelette du fameux Teutobocchus, dont nous avons parlé dans le précédent chapitre, à propos du mastodonte.

Bn 1663, Otto de Guericke, l'illustre inventeur de la machine pneumatique, fut lui-même témoin, aux environs de Quedlinbourg, de la découverte d'os d'éléphant enfouis dans un calcaire coquillier. On y trouva d'énormes défenses, qui auraient dû suffire h établir leur origine zoologique. On les prit pour des cornes, et l'illustre Leibniz composa , avec ces débris , un animal étrange, portant une corne au milieu du front, et à chaque mâchoire une douzaine de dents molaires, longues d'un pied. Après avoir fabriqué ce fantastique animal, Leibniz le baptisa du nom iïunicomu fossile. Dans la Prologée de Leibniz, ouvrage remarquable, d'ailleurs, comme le premier essai d'une ttiéorie de la formation de la terre, on trouve la description et le dessin de cet être imaginaire.

Pendant plus de trente ans on a cru, en Allemagne, à l'unicomu fossile de Leibniz. 11 ne fallut rien moins, pour faire renoncer à cette idée, que la découverte, faite en 1696, dans la vallée de rUnstriit, du squelette entier d'un mammouth, qui fut reconnu pour appartenir à cette espèce par Tinzel, bibliothé-

1. De GiganttbiUf audoreJ, Cauanione Monostrolienie. Basil. 1.S80.

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