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Caire du duc de Saxe-^xotha, non, toutefois, sans une vive controverse contre des adversaires de tout genre.
En 1700, un soldat wurtembergeois remarqua, par hasard, quelques os qui se montraient hors de terre, dans un sol argileux de la ville de Canstadt, non loin du fleuve Necker. Le duc régnant, Éverard Louis, à qui l'on avait adressé un rapport à ce sujet, fit exécuter sur ce point des fouilles, qui durèrent plus de six mois. On découvrit là un véritable cimetière d'éléphants : il y avait plus de soixante défenses. On garda les os entiers; quant aux débris, on les abandonna à la pharmacie de la cour : les soixante défenses figuraient parmi ces débris jugés sans valeur» On ne sut tirer autre chose, de ces ossements, qu'un vulgaire remède. Au siècle dernier on administrait, en Allemagne, comme médicament^ les ossements fossiles d'ours, qui sont assez abondants dans ce pays : c'est ce que l'on appelait alors licorne fossile. Les magnifiques défenses des mammouths trouvées à Canstadt servirent donc à combattre la fièvre ou la colique. Quel être intelligent que ce pharmacien de la cour de Wurtemberg !
On a fait, dans le dix-huitième siècle, un grand nombre de découvertes semblables à celles qui viennent de nous occuper. Ces récits nous entraîneraient trop loin. Le progrès des sciences naturelles ne permettait plus alors des méprises aussi grossières que celles que nous avons rapportées; ces ossements furent donc bien reconnus comme propres à Téléphant. Mais l'érudition vint se mettre de la partie, et elle réussit à obscurcir une question parfaitement claire. Il fut donc déclaré que les ossements trouvés en Italie, en Allemagne et en France provenaient des éléphants qu'Annibal avait amenés de Carthage à la suite de son armée, dans son expédition contre les Romains. La considération qui va suivre paraissait particulièrement triomphante aux yeux de ces savants terribles. La partie de la France où l'on a trouvé le plus anciennement des os d'éléphant, se trouve aux environs du Rhdne, et par conséquent dans les lieux où le général carthaginois, et plus tard Domitius OEnobarbus, conduisirent leurs armées, que suivaient un certain nombre d'éléphants armés en guerre.
Guvier a pris la peine de réfuter cette objection, bien insigni-
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ûante aujourd'hui. Il Taut lire dans son ouvrage sa dissertation savante sur le nombre d'éléphants qui pouvaient rester à Annibal quand il pénétra dans les Gaules ^
La meilleure réponse à faire à Tétrange objection élevée par les érudits du commencement de notre siècle, c'est de montrer la prodigieuse diffusion des ossements d'éléphants fossiles, qui existe non-seulement dans l'Europe, mais dans le monde entier. 11 n'est pas, en effet, de région du globe dans laquelle on ne trouve de ces débris. Dans le nord de TEurope , dans la Scandinavie et l'Irlande; dans le centre de l'Europe, l'Allemagne, la Pologne et la Russie moyenne; dans le midi, en Grèce, en Espagne, en Italie; en Afrique, en Asie, dans le nouveau monde, presque partout, en un mot, un a trouvé et l'on trouve encore des défenses, des dents molaires et des ossements de mammouth. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que ces débris se trouvent en plus grand nombre dans les parties septentrionales de l'Europe, dans les régions glacées de la Sibérie, lieux qui seraient tout à fait inhabitables pour Téléphant de nos jours.
c 11 n*e8t, dit Pallas, dans toute la Russie asiatique, depuis le Don jusqu'à Textrémité du promontoire des Tchutchis , aucun fleuve , aucune rivière , surtout de ceux qui coulent dans les plaines, sur les rives ou dans le lit duquel on n'ait trouvé quelques os d^éléphant et d'autres animaux étrangers au climat. Mais les contrées élevées, les chaînes primitives et schisteuses en manquent, ainsi que de pétrifications marines, tandis que les pentes inférieures et les grandes plaines limoneuses et sablonneuses en fournissent partout aux endroits où elles sont rongées par les rivières et les ruisseaux, ce qui prouve qu*on n*en trouverait pas moins dans le reste de leur étendue, si on avait les mêmes moyens d'y creuser *. »
Chaque année, à l'époque du d^el, les rivières immenses qui descendent vers la mer Glaciale dans le nord de la Sibérie rongent de nombreuses portions de leurs rives, et y mettent à découvert les os que la terre contenait. On en trouve aussi beaucoup en creusant les puits et les fondations.
Cuvier, dans son ouvrage sur les Ossements fossiles \ donne