‹ La terre avant le déluge (volume 5)Chapitre 37 sur 42 · FORMATIONS ÉRUPTIVES · texte numérisé non relu

FORMATIONS ÉRUPTIVES

Rien n est plus difficile qu'une histoire chronologique des évolutions et des changements que notre planète a subis depuis son origine jusqu aux temps historiques. Les phénomènes, de nature fort diverse, qui ont concouru à façonner son énorme masse et à lui donner sa structure actuelle, se sont produits presque simultanément I^e dépôt des terrains sédimentaires a été constamment surpris, interrompu, entravé })ar de violents phénomènes d'éruption, par réjacuiation h travers les couches sédimentaires, de roches ignées lancées de Tinlérieur incandescent du globe. Dans co trouble et ce pôle-môle d'actions, un exposé historique rigoureusement chronologique devient impossible; dans cette continuelle complexité de phénomènes, on ne peut distinguer ce qui est fondamental de ce qui est accidentel et secondaire. Pour jeter quelque clarté sur cette matière ardue, nous avons partagé en deux parties les faits relatifs à la formation progressive du globe terrestre actuel. Nous avons commencé par faire l'histoire des terrains sédimentaires, que l'ancienne géologie appelait terraim neptuniens, aGn de rappeler que ces terrains doivent leur origine aux dépôts laissés par les mers de l'ancien monde. Mais, après I étude des tcrraim nrptunicvs, reste colle des irrmhis plntauicns^ pour employer une expression scientifique déjà un peu surannée. Après avoir exposé la formation des terrains sédimentaires.

nous Qvons donc à parler des terrains ignés^ ou des formations éruptiveSy comme on les nomme aujourd'hui. La description de ce dernier et important ensemble de formations géologiques complétera la physionomie de notre planète.

Nous aurions pu faire l'histoire des formations éruptives, ainsi que celle des soulèvements des montagnes, aux époques mêmes de ces phénomènes, c'est-à-dire les rattacher aux époques de transition, secondaire et tertiaire. Mais cet exposé eût été trop fractionné et trop souvent interrompu; d'autre part, notre récit aurait perdu de son homogénéité et de sa rapidité. Nous avons cru être plus net et plus clair en groupant dans un dernier chapitre toutes les formations éruptives.

Les roches qui constituent les terrains éruptifs, et qui sont venues du centre de la terre, à l'état de ftision ignée, se trouvent mêlées ou intercalées avec les masses stratifiées de toutes les époques, et surtout des époques anciennes. Les terrains auxquels ces roches ont donné naissance présentent un double intérêt, d'abord parce qu'ils entrent dans la constitution de l'écorce terrestre, ensuite parce qu'ils ont imprimé au sol, lors de leur éruption , des traits caractéristiques de configuration et de structure.

D'après l'ordre historique de leur apparition, nous classerons les formations éruptives en trois groupes :

P Les émptions granitiques, les plus anciennes de toutes;

2** Les éruptions porphyriques , qui ont produit les porphyres et les roches trappéennes ;

3* Les éruptions volcaniques , qui ont donné la succession des trachytes, des basaltes et des laves modernes.

Les terrains provenant des éruplions granitiques comprennent les roches connues sous le nom de granils, protoginet et syirtùu.

Le granit est, comme nous l'avons dit, composé de quartz, de feldspath et de mica; la proiogine est essentiellement composée de talc et de feldspath, auxquels se joint souvent un peu de quartz comme élément accessoire; la syènile est composée de feldspath, d'amphibole et presque toujours d'un peu de quariz

Fit lit. IitlNtlon dn gnein par dm Blon* depinlt (monUsim dn cap Wntb,m Rcon«V

Les éruptions de granit ont eu lieu surtout pendant les époques primitive et de transition. On voit souvent des injections

de granrit couper, traverser les assises des terrains primitifs. La figure 314 représente Tinjection d'une montagne de gneiss par des liions granitiques; cette montagne (st située au cap Wralh, comté de Sutherland, en Ecosse.

Les injections granitiques traversent aussi des terrains sédimentaires beaucoup plus élevés dans la série géologique. Dans le massir de Campana à Ttle d'Elbe, les granits traversent les terrains crétacés supérieurs, et sont par conséquent contemporains des premiers dépôts tertiaires.

L'origine de ces diverses roches est évidemment éruptive, comme le démontrent leur composition, leur structure cristalline, la forme de leurs masses et les relations de ces masses avec les sédiments qu'elles soulèvent.

Pour se faire une idée exacte, au point de vue minéralogique, d'un terrain granitique éruptif, il suffit de jeter les yeux sur une contrée montagneuse formée par l'épanchement du granit éruptif dans un terrain primitif ou de transition. Le plateau central de la France, en Auvergne, nous en offre bien des variétés. Lesmasses granitiques contralos et culminantes qui, dans ces montagnes, servent de support aux gneiss et aux roches métamorpliiques, sont formées de granits quartzeux à gnxndes parties^ ou d(^ granits quartzeux micacés à petits grains.

Les granits très-feldspathiques et h grands cristiiux, ainsi que les syénites, forment souvent des pitons détaciiés et des dikes; ils paraissent provenir d'éruptions postérieures à la formation de ces granits quartzeux. Ces derniers, ou les plus anciens , ne se représentent guère que sous forme de massifs arrondis, centres de soulèvement autour desquels les terrains de sédiment sont relevés et altérés.

Est -il nécessaire de rappeler que le terrain granitique se montre à la surface du sol dans la plupart des pays accidentés et montagneux; qu'on le voit en France dans certaines parties des Pyrénées et des Alpes, en Uretagne, dans les Vosges, en Auvergne, dans le Limousin, le Vivarais, sur beaucoup d'autres points, en Europe, en Afrique, et surtout enfin dans l'Amérique du Nord?

Tout le monde sait que le granit proprement dit est considéré

comme la pierre monumentale par excellence , à cause de sa dureté et du poli remarquable que peuvent recevoir certaines de ses variétés. Les plus belles exploitations de granit se trouvent dans le nord de l'Europe. La Suède et la Norvège exportent des granits jusqu'en Hollande. L'Ecosse et TAngletcrre en possèdent des carrières immenses; celles de la France se trouvent particulièrement dans les Vosges, en Bretagne, en Normandie, dans le Bourbonnais et le Limousin. Les bordures des trottoirs des rues de la ville de Paris sont en granit de Bretagne.

IjSl syénUe est une roche en quelque sorte indestructible; elle prend par le frottement un très-beau poli. On en trouve le type le plus parfait en Egypte, non loin de la ville de Syène, qui lui lui a donné son nom. G*est avec la syénitc que les anciens Égyptiens ont taillé leurs spliinx, leurs statues et leurs colonnes monumentales. Le piédestal de la statue de Pierre le Grand, à Pétersbourg, le revêtement du soubassement de la colonne Vendôme, à Paris, Tobélisque de Louqsor, aujourd'hui à Paris, sont en syénite.

La prologine est la roche granitoïde qui forme, dans la chaîne des Alpes, le célèbre colosse éruptif du mont Blanc.

ÉRUPTIONS PORPIlYlllQUES.

La période des éruptions porphyriques correspond à peu près à la période secondaire. Elle a donné naissance à des roclies très-variées. Ces roches se montrent en dylies (masses comprises sous deux plans à peu près parallèles ), et ressemblent à des cassures remplies par des roches ignées; ou bien elles forment des masses éruptives, avec soulèvement des roches préexistantes. On les divise en deux catégories distinctes, les porphyres et les trapps.

Les porphyres offrent une pAte générale essentiellement composée d'un feldspath compacte, ordinairement mélangé d'une quantité plus ou moins grande de silice, sur laquelle se dessinent des cristaux feldspathiques. Le porphyre quartzifère, connu sous le nom d'elwan, est très-répandu et joue un rôle considérable dans le massif primordial du centre de la France, principalement dans le Morvan dans les montagnes du Forez et du Beaujolais. Dans cette région, comme en Bretagne, dans les Voges, en Tyrol, etc., ce porphyre est contemporain soit du grès rouge, soit du grès bigarré, et ne pénètre pas dans un terrain postérieur au trias.

Les roches trappéennes se distinguent des porphyres par leur couleur couleur verte ou noire, par leur fusibilité, leur faible dureté, l'absence de quartz.

Les trapps proprement dits jouent un grand rôle dans certaines contrées, comme dans plusieurs parties de l'Asie, dans la Nouvelle-Ecosse, aux États-Unis et dans les îles Britanniques, où leurs dykes traversent les calcaires carbonifères, les grès houillers, les grès rouges et même le lias. Dans les Pyrénées, les trapps connus sous le nom d^ophites ont soulevé les terrains crétacés et nummulitiques, et ont cependant fait irruption avant le dépôt des terrains tertiaires moyens, dont les couches

ÉRUPTIONS PORPHYHIQUES. 383

horizontales enveloppent leur base. Enfin la scrpenlinc, qui a été introduite par de fortes poussées dans divers terrains, soit massifs, soit stratifiés, forme des masses considérables dans le Limousin, l'Aveyron, le Tarn. L'époque de leur apparition parait correspondre à la fin de la période triasique. Dans les Apennins et sur le revers méridional des Alpes, la serpentine s'épanche à travers le terrain jurassique et le terrain crétacé, et arrive jusqu'au terrain tertiaire.

Les porphyres, roches très-dures, très-solides et susceptibles de prendre un beau poli, servent à la décoration des édifices, à la construction des vases, des colonnes, etc. Le porphyre rouge d'Egypte était particulièrement recherché par les anciens, qui en faisaient des sépulcres, des baignoires, des obélisques. La plus grande masse connue de ce porphyre rouge égyptien est l'obélisque de Sixte- Quint, élevée à Rome. On voit aussi au musée du Louvre, à Paris, de magnifiques baignoires antiques, des colonnes et des statues faites de porphyre égyptien.

La serpentitie commune est assez tendre pour être travaillée au tour; on la façonne en vases de formes diverses. On en constiuitdcs poêles qui supportent bien le feu : celle qu*on exploite au bord du lac de Gôme, et qui porte le nom de pierre oUaire, est excellente pour cet usage. Une variété de serpentine d'un beau vert, très-homogène, à cassure esquilleuse ou cireuse, et qui est translucide, au moins sur les bords, sert à fabriquer divers objets de fantaisie ou d'ornement.

Une roche trappéenne d'un gris noirâtre, qu'on rencontre dans certaines contrées granitiques, comme en Bretagne, et qui est connue sous le nom de kersanlon^ est solide, tenace, durable et parfaitement propre à prendre sous le ciseau toutes les formes qu'on voudrait lui donner. La plupart des décorations des monuments religieux de la Bretagne sont exécutées avec cette substance, qui prend sous le ciseau des formes très-nettes et d'une grande pureté.

La pieire de touche des orfèvres, qui sert à essayer {yar l'eauforte les alliages d'or, est un trapp de couleur noire.

Considérées dans leur ensemble , les niasses volcaniques actuelles peuvent se grouper en trois formations distinctes, dont nous parlerons dans Tordre suivant, qui est celui de leur ancienneté relative :

1" Foiynation h^achy ligue;

2" Foi^maiion basaltique;

3* formation lavique.

Formation irachytiquc. — Les éruptions de trachytes ont apparu vers le milieu de la période tertiaire et se sont prolongées jusqu'à la fin de cette période.

Les trachytcs présentent la plus grande analogie de composition avec les porphyres feldspathiques, mais leurs caractères minéralogiques sont did'érents. Leur tissu est poreux; leur pu te blanche, grise, noirâtre, jaunâtre; elle présente des cristaux disséminés de feldspath, d'amphibole et de mica, fi'aspect extérieur des trachyles est d'ailleurs très- variable.

Dans le centre de la France, le terrain trachy tique forme les trois centres montagneux les plus élevés : le groupe du Cantal, celui des monts Dores et la chatnc du Velay.

Le groupe du Cantal est un cône irrégulier, sut baissé, évidé à son centre, dont la base, à peu près circulaire, occupe une surface qui a près de 20 lieues de diamètre. Le groupe trachytique proprement dit s élève h la partie centrale et se compose de hautes montagnes, d'où parlent des contre-forts qui s'abaissent peu à peu, pour se terminer par des plateaux plus ou moins inclinés. Ces montagnes centrales ont une hauteur qui varie entre 1400 et 1800 mètres. Une variété de trachyte, dite phonolitôy forme , au centre des escarpements Irachytiques qui encaissent les vallées principales, des pics élancés, comme on le

KRUPTIONS VOLCANIQUES. 387

voit dans la ligure S15, qui représente l'un des pics phonolilliiijues du Cantal.

Le groupe des monts Dores est un cdne qui occupe un espace à peu jn-ès circulaire de 5 lieues de diamètre. La masse Ira-

cli) tique qui constitue cette gibbosilé montagneuse est d'une épaisseur moyenne de 400 à BOO mètres; elle se superpose à un plateau primitif di; 1000 mètres environ de hauteur (fig. 316). t^cst un ensemble de plateaux sur lesquels s'élèvent des aspérités de tracliytes massifs, tandis que les vallées et les déchirures qui les sillonnent et les séparent présentent des alternances de iracliytes et de roches d'agrégation. I^s masses les plus élevées se disposent en une crête demi-circulaire encaissant la vallée. Le pic de Sancy atteint une élévation de 1867 métrés. 8ur le mAmc plalrau que les monis Dores, à 12 kilomùlrcs au nord de ses dernières pentes, la formation inchytique si> prolonge en quatre dômes arrondis : ceux du l'uj-de-Ddme. du Sarcoug, du Clierzou et du Petit-Suchel.

La chaîne du Velay forme une zone composée de pics el de plateaux indépendants qui forment sur l'horizon un long rideau bizarrement découpé. La nudité des montagnes, leurs formes aiguës ou arrondies, quelquefois terminées par des plateaux escarpés, donnent à la contrée une physionomie pittoresque el caractéristique. Le pic de Mézenc, qui s'élève à 1 774 mètres, est le point culminant de cette chaîne. Les phonolithes qui la constituent ont dû faire irruption en un grand nombre de points, suivant une fissure dirigée du nord-nord-ouest au sud-sud-est. Le Puy-de-Dôme nous présente un bel et frappant exemple d'une roche trachytique éruptive.

Sur les bords du Rhin et dans la Hongrie, la formation trachytique offre des caractères identiques à ceux que nous venons d'indiquer pour la France. En Amérique, elle est principalement représentée par d'immenses cônes superposés à la chaîne des Andes-Gôrdillères. Le colosse du Chimborazo est un de ces cônes trachytiques.

Formation basaltique. — Les éruptions basaltiques ont apparu pendant les périodes secondaire et tertiaire. Le basalte, lave essentiellement pyroxénique et feldspathique, noire et compacte, est la roche dominante de cette formation. Il existe des basaltes en courants bien déterminés qui se rattachent à des cratères encore apparents aujourd'hui; leur origine ignée ne saurait donc être mise en doute. Un des exemples les plus frappants de cratère basaltique nous est fourni par la montagne ou le cratère de la Coupôj dans le Vivarais. Sur les flancs de cette montagne, on aperçoit les traces qu'a laissées le courant de basaltes liqué-

Fig. 118.

liés; au pied de la montagne existe le basalte prismatique. La

planche31 7 donne l'idée exacte de cette curieuse coulée basaltique.

Le basalte éruptif a quelquefois formé des plateaux. La

fiUUPTIONS VOI.CANIQUKS. 3»!

ligure 318 montre tliéortquement le mode de formation de rps plateaux. Beaucoup de ces nappes basaltiques consliluont des plateaux très-élendus et d'une épaisseur considérable. U'aulres Tonnent des lambeaux d'un même tout, plus ou moinsdisloqué; d'autres enûn se présentent en buttes isolées et très- éloignées de formations rongénères{fig. 319). Enfin on irouve desliasallps

en filons plus ou moins puissants. Le centre de la France et les bords du Hliin nous en ofTrent l>eaucoup d'exemples. Ces filons donnent quelquefois la preuve bien évidente que la matière ne s'est pas introduite par en haut, et qu'elle ne peut être que le résul Lit d'une injection de l'intérieur de la terre à l'extérieur. Ils se terminent, en pllel, par le haut en masses edilées. quelquefois bifurqu^es, qui se perdent dans la roche qu'elles traversent. Tel est le cas des filons basaltiques de Vrlleneuvede-Berg {fig. 320).

Un des caractères les plus frappants des basaltes est leur structure souvent prismatique. Comme cette lave est homogène et à grains Irès-Gns, les lois qui déterminent la direction des fissures de retr'ait dans les coi-ps qui passent de l'état liquide îi l'étal solide par le refroidissement, deviennent icr très-manifestes. Aussi les terrains basaltiques ont-ils été constamment remarqués à cause de la forme et de l'agencement pittoresques de leurs laves. Elles représentent souvent des colonnades de prismes réguliers, ayant généralement cinq ou six pans, et dont la disposition parait perpendiculaire aux surfaces de refroidissement (fig. 32t). D'autres fois, routes les colonnes brisées au mt'iue niveau pi'ésentenl des sortes de pavCs roinpost^s de

392 • LA TF.IIBE AVANT LE DfXOfiE.

pièces à pans régulièi-ement accolés, qui s'étendent sur un espace plus ou moins considérable, et qui sont placés en ampliitliéAlre les uns au-dessus des autres. On a de tout temps donné le nom de chaussées des Gianis ou «le pavés des Géants k ces

curieuses dispositions des basaltes. Kn Prance, le Vivarais, le Velay et l'Ardèche sont remplis de ces chaussées basaltiques. Nous donnons ici (Itg. 3S2) le dessin d'une chaussée basaltique

fiRUl'TlONS VOLCANIQUES. 393

siliif^e sur les bords de )a petite rivière du Vntnni, dans le dt^parlement de l'Ardèclie.

L'Irlande a été loujoui-s citée pour ses imposantes cliaussées des Géanis. Lagrotic de Fingal, dans l'tle de Stal)â,es(, sous ce

rapport, d'une renommée, on peut le dire, banale. I^a grotte de Fingal (fifî. 3ï3) est creusée au milieu d'immenses rolonnes pris-

394 LA TEUHE AVANT Lf DfiLUGl-:.

matiques de basalte qui sont conlinuellemenl baliues par les vagues. La ligure 3S4 représente un autre aspect de la niénni' grotte basaltique de l'Ile de Staira.

Us laves basaltiques, par leur irruption à l'intérieur des terres, suivie de leur cristallisai ion, ont formé quelquefois des grottes. Il existe, entre Trêves et t^bienlz, une grotte trèsremarquable en ce genre ; elle est connue sous le nom de groue des Fromages, parce que ses colonnes sont formi^es de pièces arrondies superposâmes (fig. 325;.

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(irolle do Kromigi's

Si l'cm <:ousidëre que dans les basallea eii nappe lu piU'tic intérieure est compiicle, cristalline, souvent divisée en colonnes prismatiques, et la partie supérieure poreuse, celluleuse, scoriacée, divisée irrégulièrement; que les points de séparation des assises offrent de petits lits de fragments du ces pierres poreuses connues sous le nom de lapilli; — que la partie inférieure de leur masse présente une multitude d'appendices qui l>énëtrent dans les terrains meubles où elles reposent, ce qui dénote une matière liquide qui s'est moulée dans ces crevasses; — que les terres voisines sont souvent calcinées sur ime épaisseur plus ou moins considérable, et les débris de végétaux qu'elles renferment cliarbonnés, etc., on ne pourra conserver le moindre doute sur l'origine ignée des dépAts basaltiques. Arrivé au jour par certaines crevasses, le basalte liquide s'est répandu, a coulé sur la surfare horizontale du sol. r.clle lave n'aiiruil pu,

KRUPTIONS VOLCANIQUES. 397

en eflet, prendre une surrace unie et une épaisseur constante si elle s'était répandue sur des plans inclinés. D'après cela, quand on trouve, comme au Cantal, au mont Dore, dans la partie nord de l'Auvergne, des nappes d'aiguilles de basalte inclinées, il faut nécessairement admettre que cette inclinaison est postérieure à l'éruption des basaltes, qui ont dû être dérangés de leur situation primitive par un soulèvement postérieur à leur formation.

Formaliùii lavique. — La formation lavique comprend à la fois les volcans éteints et les volcans actuellement en activité.

Ija première formation est représentée en France par des volcans situés dans les anciennes provinces de l'Auvergne, du Velay et du Vivarais, mais principalement par environ cinquante cônes volcaniques, hauts de 200 à 300 mètres, Qomposés de scories et de pouzzolanes, alignés sur un plateau granitique qui domine la ville de Glennont-Ferrand, et qui se sont produits h la suite d'une fracture longitudinale de Técorcc teri^stre, allant du nord au sud. C'est la chaîne des Puys^ qui a 30 kilomètres de longueur. Par leur structure cellulaire et poreuse, grenue et cristalline , les laves de ces volcans feldspathiques ou pyroxéniques se distinguent facilement des laves analogues provenant des formations basaltique ou trachytique, qui se présentent comme elles sous forme de coulées. Leur surface est irrégulière, hérissée d'aspérités formées par les entassements des blocs anguleux.

Les volcans de la chaîne des Puys, que Ton voit représentés dans la planche 326, sont si parfaitement conservés, leurs laves sont si fréquemment superposées aux coulées basaltiques, et présentent une comi>osition et une texture si distinctes, qu'on n'a pas de peine à établir qu'ils sont postérieurs à la formation basaltique et d'un ftge très-récent. Cependant ils ne paraissent ])as appartenir à l'époque historique, car nulle tradition n'atteste leur éruption dans les temps actuels.

Nous nous arrêterons plus longtemps sur les volcans actuels.

Tout ce qui concerne les volcans s'explique sans peine par la théorie, que nous avons si souvent indiquée, des fractures du globe résultant de son refroidissement. Les divers phénomènes

3y8 LA TKUllE AVANT LE UELUUK.

que lions présentent les volcans acluels sonl, <;on)me lu ilil (le Humboldt, ■ le résullal de la réaclion du noyau fluide iiilernc de notre planète sur son écorce extérieure. ■

On nomme volcan tout conduit qui établit une communication permanente eninr l'inléneur de la terre et su surfuce, conduit cgui donne passiigc, pur intervalles, h des éruptions de matière lavique, OU de laves. La ligure 327 montre, d'une manière théorique, le mécanisme géologique de l'éruption d'un volcan.

On évalue à environ trois cents le nombre des volcans actuellement en ignilion à la surrace de la terre. On les partage en deux groupes : les volcans isolés ou rentraux et les volcans disposés en séries. Les premiers sont des volcans actifs, autour desquels peuvent s'établir des bouches éruptivcs secondaires, loiijoui's fîn relation avec Iii bouche principale. Les seconds sonl disposés comme des chcminérs de forge, le long de fentes qui se prolongent sur de grands espaces. Vingt, (rente cAnes

KRIJPTIONS VULCANJgUES. 390

volcaniques et plus, peuvent s'élever au-dessus d'une pareille fente de la croate terrestre, Tente dont la direction se manireslr pnr leur propre direction linéaire. Ouelqucfoîs, ces fentes se trouvent sur la crête de chaînes de montagnes élevées et disloquées, comme par exemple sur les Andes de TAmérique méridionale. Dans la mer, les séries de volcans se montrent sous forme de groupes d'Iles disposées en séries longitudinales, dont la direction correspond à l'orientation d'une chaîne de montagnes sur le continent voisin.

On range parmi les volcans centraux : ceux des lies lApari qui ont, conrnie centre, le Stromboli en activité permanente; YEtna^ le Vésuve, les volcans des Açores^ des Canaries^ des Iles du Cap-Vtrt^ des lies GallapagoSj des Iles Sandwich ^ des Iles Marquises^ des lies de la Société, des Iles de YAmitic^ de File Bourbon, enGn VArarai.

On range parmi les volcans en séries : la série des Iles grecques; — une série de volcans qui s'étend le long des côtes de l'Australie occidentale; — la série des volcans de la Sonde qui, sous le rapport des matières éjaculées et de la violence des éruptions, renferme les bouches à feu les plus remarquables du globe; — la série des Moluques et des Philippines; — celle des lies du Japon, des lies Marianne; — a»lle du Chili; — la double série des sommets volcaniques près de Quito; — celles des Antilles, de Guatemala, du Mexique.

Les bouches des cheminées volaniiqucs se trouvent pres(|ue toujours au sommet d*une montagne conique, plus ou moins isolée; elles consistent en une ouverture en forme d'entonnoir, qu'on appelle crafère, et qui se prolonge en bas dans l'intérieur de la cheminée volcanique. Le cône qui supporte le cratère est composé, pour la plus grande partie, de laves ou de produits d'éjection; aussi le désigne-t-on sous le nom de cane dTéjection ou de scories. Il est beaucoup de volcans qui consistent uniquement dans le cône de scories : tel est celui de Tlle de Barren, dans le golfe du Bengale (Gg. 328). D'autres offrent, au contraire, un cône d'une très-faible dimension, malgré la hauteur considérable de la chaîne volcanique, (hi peut citer comme exemple le nouveau cratère qui s*est produit en 182V) dans lancien cratère du Vésuve (lig. 329).

lÀ fréquence et l'intensité des éruptions ne sont nullement liées aux dimensions de lu montagne volcanique.

F^. 3ï». CrRtèrc wluel liu \'e>uvc.

L'éruption d'un volcan est ordiimiremenl aiiiiiiiicée par un bruit souterrain, accompagné de secousses, d'ébranlements du sol, et quelquefois de véritables tremblements de terre. Le bruit, qui provionl d'une très-giande profondeur, se fait en-

ÉRUPTIONS VOLCANIQUES. kOÏ

lendre sur une large étendue de pays, comme s'il parlait du voisinage. 11 rcssomblc à un Tcu bien nourri d'artillerie ou de mous(|uelcrip. Uucli|U('fuis, c'est comme le roulement sourd d'un tonnerre souterrain. Ues crevasses se produisent souveni, aui épo<|ues des éruptions, sur un rajon considérable. Lis Ligures 330 331 332 el 333 rcprésenlcnt h disposition de i|ue] ques-unes de ces cr tss s du sol

L'<^ru]:IIoi! commence par une l'iirtu secousse, qui ébranle l'inlérieur de la montagne. L'ascension des masses fluides et des vapeurs cliaudes se révèle, dans certains cas, par la fonle des neiges sur les lianes du cône dVjictiun. En même temps que se produit la secousse qui Irioniplie des dernières i"ésislaiices de la croule solide du sol, il s'érlin)ti c du fond du cratère une masse considérable de gaz, cl particulitrcment de vapeur d'eau.

Les vapeurs d'eau, il importe de bien le l'emarquer, sont la cause essentielle des terribles eRels mécaiiiqurs dont s'accompiignent les éruptions des volcans actuels. Les ériq>tions de matières granitique, porpliyriquc, Iraclijtique et l>asaltiquc

sont •arrivées au sol sans provoquer ces violentes explosions, ces formidables éjections de roches et de pierres qui accompagnent les éruptions des volcans modernes. Les granits, les porphyres, les trachytcs et les basaltes, se sont épanchés sans violence h rt^xlériour, parce que la vapeur d'eau n'accompagnait pas ces l'ocht^s liijiiéliécs, ot trile rsl la circonslance qui explique la tranquillité des épanchements anciens, comparée à la violence et aux Knribles effels des éruptions des volcans actuels. Bien établi par les investigations de la science, ce fait nous donne l'explication des puissants eflets mécaniques des volcans modernes, qui contrastent avec les tranquilles éruptions des âges primitifs.

Dans les premiers temps d'une éruption volcanique, les masses de pierres et de cendres qui comblaient le cratère sont projetées en l'air, par l'action, brusquement développée, de l'élasticité de la vapeur. Cette vapeur se dégage au travers des laves rouges de feu, sous la forme de grandes bulles arrondies, qui tournoient dans l'air au-dessus du cratère, et s étendent en couronnes d'autant plus larjjes qu'elles s'élèvent plus haut. Ces masses de vapeur finissent par foimer d(îs nuages pelotonnés d'une éblouissante blancheur, qui suivent la direction du vent. Pline le Jeune compare à la cime étngée d'un sapin les nuages que forme au sein des airs la vapeur d'eau provenant d'une éruption volcanique.

Ces nuages volcaniques sont gris ou noirs quand la quantité de cendres (c'est-à-dire de terre qu'ils emportent mélangée à la vapeur d'eau) est plus ou moins considérable. Dans quelques éruptions, on a remarqué que ces nuages, en s'abaissant jusqu'au sol, répandaient une odeur particulière d'acide chlorhydrique ou sulfureux; on a même trouvé ces deux acides mélangés à l'eau des pluies provenant de la résolution de ces nuages.

Les nuages pelotonnés de vapeurs qui partent des volcans sont sillonnés d'éclairs continus, suivis de violents coups de tonnerre; en se condensiuU, ils forment de désiistreuses averses qui tombent sur les flancs de la montagne. Beaucoup d'éruptions, connues sous le nom de volcans de boue ou de volcans (/'cuti, ne sont autre chose que cm mêmes pluies entrahiant

É11UPTI0N8 VOLCANIQUES. 403

avec elles et laissant tomber sur le sol des cendres, des pierres et des scories.

Passons aux phénomènes dont le cratère est le lliéutrc pendant l'éruption môme. On y constate d'abord un mouvement incessant d'ascension et d'abaissement de la lave fluide qui remplit Tintérieur du cratère. Ce double mouvement est souvent interrompu par de violentes explosions de gaz. Le cratère de Kiranear, dans Ttle de Hawaï (Sandwich) contient un lac de matière fondue large de 500 mètres. Ce lac subit ce double mouvement d'élévation et d'abaissement. Chacune des bulles de vapeur qui sort du cratère, pousse vers le haut la lave fondue; elle s'élève et éclate à la surface avec une force considérable. Une partie de la lave, à demi refroidie et scorifiée, est ainsi projetée vers le hauty et les divers fragments sont lancés avec violence dans toutes les directions, comme ceux d'une bombe qui éclate. Le plus grand nombre des fragments lancrs verticalement dans les airs, retombent dans le cratère. Beaucoup s'accumulent sur le bord de l'ouverture, et ajoutent de plus en plus à la hauteur du cône d'éruption. Les fragments plus légers et de petites dimensions, comme aussi les cendres fines, sont entraînés par les spirales de vapeur, et portés sur des étendues de pays souvent très-considérables. En 1794, les cendres du Vésuve furent lancées jusqu'au fond de la Calabre; en 1812, celles du volcan de Saint-Vincent, dans les Antilles, furent portées à Test jusqu'à la Barbade, et y répandirent une telle obscurité, qu'en plein jour on ne voyait pas à se conduire. Enfin quelques masses de laves, puissantes et isolées, sont projetées en dehors de la gerbe de scories; elles sont arrondies par suite de leur mouvement de tournoiement dans l'air, et portent le nom de bombes volcaniques.

Nous avons déjà fait remarquer que la lave qui, à l'état liquide, remplit le cratère et la cheminée intérieure du volcan, a été poussée en haut par les vapeurs d'eau. Dans beaucoup de cas, la force mécanique de cette vapeur est si considérable, qu'elle lance la lave par-dessus les bords du cratère, et qu'il se forme ainsi un torrent qui se réptind le long de la mont^igne. Ce débordement n'a lieu au sommet de la montagne que dans les volcans d'une faible hauteur; dans les volcans élevés, la

monUignc se fend d'ordinaire près de sa base, et c'est par cette fente que le torrent de lave s'épunche sur le pays environnant.

LVcoulenient de la lave donne lieu à des phénomènes qui sont trùs-difleronts, sillon le degré de iluidilé de la lave, selon sa température et le degré d'inclinaison de la montagne.

Une fois épanchée, la lave se refroidit assez vite; elle durcit et présente une croûte écaillée par suite du refroidissement; par ses interstices, on voit encore s'échapper des jets de vapeur d'eau. Mais, sous cette croûte superficielle, la lave continue d'être liquide; elle ne se refroidit que peu à l'intérieur de sa masse. Elle chemine avec une extrême lenteur, entravée qu'elle est dans sa progression par les débris des roches qui s'entassent au devant de celle rivière brûlante et sont charriées par son cours.

La vitesse avec lai|uellc se meut un courant de lave dépend do son degré de fluidité, de sa masse et de la pente du sol. On a constaté que certains courants de lave parcouraient en une heure plus de 1000 mètres; mais leur vitesse est d'ordinaire beaucoup moindre; un homme h pied peut souvent la dépasser. Ces courants varient beaucoup en dimensions. Le courant le plus considérable de la lave de l'Etna a sur quelques points une épaisseur de 35 mètres et une largeur d'un mille et demi géographique. Ixi plus grande masse lavique qui ait été épanchée dans les temps historiques est celle du Skaptor Jokul, en Islande, en 1783. Elle forma deux courants dont les extrémités étaient éloignées l'une de l'autre de 20 lieues, et qui de distance en distance, présentaient une largeur de 3 lieues et une épaisseur de 200 mètres.

Un ellet tout particulier de l'activité volcanique s'observe dans les localités où existent des volcans de boue, La figure 334 représente les volcans de boue, ou salzes^ de Carthagène. Ixi ()lupart de ces volciuis forment une dépn;ssion cratériforme avec de petites éminences coni<|ues dans leur intérieur, qui versent au dehors de la boue poussée par des gaz et de la vapeur d'eau. La température des matières lancées au dehors est d'ordinaire peu élevée. La boue, généralement grisâtre, à odeur de pétrole, est soumise aux mêmes mouvements alternatifs

ÉRUPTIONS VpLtANIQUES. 405

que la lave fondue dans les volcans proprement dits. Les gaz qui projettent h l'exli^riour cette argile fluide, mélangée de

sels, de gypse, de naplilo, de soufre, queliiuefois même d'iimmoniaquc et d'acide borique, sont linbilnrllcmcnt riiydrogùne carboné el l'acide carbonique.

Les volcans de boue, ou xalzfs, se présenlent en un assez grand nombre do lieux 'i la surface de la Icrn-. Il en existe beaucoup dans les enviions do Modène; on en voit en Sicile entre Arragona et Girgenli. l'allas en a oliservo en Crimée, dans la presqu'île de Kcrlclie, à l'Ile de Taman; de llumboldl en a décrit et figuré dans la province do Cartliagèno, dans l'Amérique méridionale; on en cite enlin à l'ilo de la Trinité et dans l'ilindouslan.

On trouve, dans certaines contrées, des buttes formées de matières argileuses résultant dos anciennes déjections d'un volcan de bouc duquel tout d(^agrmenl de gaz, d'eau el de terre a depuis longtemps cessé. Uuelq norois, ce pliénoniène reprend avec violence son cours interrompu. Do légers tremblements de terre s'y font alors sentir, et des blocs de terre desséchée étant projetés au loin, de nouvo.iux flolR de l>ouo so font jour.

Revenons aux volcans ordinaii'ns, c'esti'i-dire c|ui lancent des laveH.

A la lin d'une éruption luvique, quand l'activité du volcan

commence à s'affaiblir, rémission du cratère est réduite h des dégagements, plus ou moins abondants, de gaz, qui s'échappent par une multitude de fissures du sol, mêlés à de la vapeur d'eau.

Le plus grand nombre de volcans qui se sont ainsi éteints forment ce qu'on appelle les solfatares. L'hydrogène sulfuré qui se dégage des fissures du sol se décompose au contact de l'air, en formant de l'eau par l'action de l'oxygène atmosphérique, et laissant du soufre, qui se dépose ainsi en masses considérables sur liis parois du cratère. Telle est l'origine géologique du soufre, matière qui joue dans l'industrie un rôle fondamental. C'est, en effet, avec le soufre extrait des terres qui environnent les bouches des volcans éteints, c'est-ù-dire avec les produits des solfatares, que Ton prépare l'acide sulfurique, agent fondamental d'une foule d'industries dans les deux mondes, et qui est devenu un des plus puissants éléments de notre production manufacturière. Si les produits des sotfatares de la Sicile venaient à nous faire défaut, l'industrie européenne se trouverait immédiatement paralysée.

Les sources d'eau bouillante connues sous le nom de gey^ sers sont une autre émanation minérale qui se rattache aux anciens cratères. Elles sont continues ou intermittentes. On trouve en Islande un grand nombre de ces sources jaillissantes. L'un des geysers de l'Islande projette une colonne d'eau de 6 mètres de diamètre, s'élevant parfois à 50 mètres de hauteur. L'eau, en se refroidissant, laisse déposer la silice qu'elle ^ ' tenait en dissolution.

La figure 335 représente les geysers de l'Islande.

La phase dernière de l'activité volcanique, c'est un dégagement d'acide airbonique sans élévation de température. Dans les lieux où se manifestent ces émanations continues de gaz acide carbonique, il y a toute apparence qu'il existait autrefois un volcan, dont ce dégagement de gaz est le phénomène terminal. C'est ce que l'on observe à Naples, dans la grotte du Chien. C'est ce qui se manifeste avec une intensité bien supérieure à Java, dans la vallée dite du Poison, qui est pour les habitants un véritable objet de terreur. Dans cette vallée redoutable, le sol est partout couvert de squelettes et de carcasses de tigres, de chevreuils, de cerfs, d'oiseaux, et même d'ossements

humains, car raspliyxir rrafiiic toiil être vivant qur s'aventure dans ers lioiiK ili'snli'-s.

Les volcans actuel Icinonl en aciivilé soni, coriimc nous l'avons dit, (rùs-n ombreux cl répandus sur toute la surface <lu globe. Les plus connus sont ceux du Vésuve, près de Naples, de l'Etna, en Sicile, el de Stromlwli, dans les Iles Lîpari. Donnons quelques rapides indications sur cliacun de ces volcans actuels.

Le Vésuve est tic tous les volcans celui qui a été le mieux étudié; c'est le vokan pour ainsi dire classique. Personne n'ignore (]u'il s'ouvrit pour la premièi'e fors l'an 79 après Jésus- Christ. Celle éruption célèbre coula la vie au naturaliste Pline, qui sacrilia sa vie à l'observalion du plus imposant pliénomène de la nature. Après bien des mulatioiis, le cratère actuel du Vésuve consisie en un crtnc entouré, du côté opposé à la mer, par une cr^le en demi-ccrcJe, compos*'* 'de matières ponceuses ou ainpliigéniques éli-angères au Vésuve proprement dit.

On croil «pli- 1(! mont Vi^suve était ])nniitivi'nii-nt la munl.igne à laquelle on donne aujourd'hui le nom de Somma. Le cône, qui seul porte aujourd'hui le nom de Vésuve, s'est probablement formé lors de la fameuse éruption de J'an 79, qui ense-

velit sous des avalanches de débris de ponce pulvérulente les villes d'Ilerculanum et de Pompéi. Ce cône se termine par un cratère dont la forme a changé biea des fois, et qui a vomi depuis l'origine, des déjections de nature variée et des courants de lave. De nos jours, le A'ésuve est sans cesse en activité; ses éruptions ne sont séparées que par de courts intervalles.

Les lies Lipari renferment le volcan de Stromboli, continuellement en ignition, et qui forme ce fameux phare naturel de la mer Tyrrhénienne, tel qu'Homère Ta observé, tel qu'on l'avait vu avant le vieil Homère et tel qu'on le voit encore de nos jours. Ses éruptions sont continues. Le cratère d'où elles s'élancent ne se trouve pas à la pointe de l'éminence conique de l'Ile, maïs sur un de ses ctMés, îi pou près aux deux tiers de la hauteur. Il est en partie rempli de lave fondue, qui s'y trouve continuellement soumise à un mouvement alternatif d'ascension et d'abaissement. Ce mouvement est provoqué par la montée de bulles de vapeur qui s'élèvrnt à la surface et projettent au dehors une haute colonne de cendres. Pendant la nuit, ces nuages de vapeur resplendissent d'une magnifique réverbération rouge, qui éclaire d'une sinistre lueur les campagnes de l'tle et la mer environnante.

Situé sur la côte orientale de la Sicile, l'Etna paraît, au premier coup d'œil, avoir une structure beaucoup plus simple que celle du Vésuve. Ses pentes sont moins rapides, plus uniformes de tous les côtés ; sa base représente à peu près la forme d'un bouclier. Ixi partie inférieure de l'Ktna, ou la région cultivée de cette montagne, est inclinée d'environ 3*. La région moyenne, ou celle des forêts, est plus rapide; elle mesure 8* d'inclinaison. U\ montagne se termine par un cône de forme elliptique, de 32* d'inclinaison, qui porte en son milieu, au-dessus d'une ternisse presque horizontale, le cône d'éruption, avec son cratère arrondi. Ce cratère a 3300 mètres d'altitude. Il ne donne point issue à des laves, mais seulement à des gaz. Les laves sortent par soixante^ grands cônes plus petits, qui se sont formés sur les pentes du volcan. On peut, en regardant la montagne du sommet, se convaincre que ces cônes sont disposés en rayons et placés sur des fentes qui convergent vers le cratère comme vers un centre.

Ajoutons, pour compléter cette très-rapide es(|uisse des plié-nomènes volcaniques actuels, qu'il existe de nos jours des volcans sous-marins. Si Ton n*en connaît qu'un petit nombre, cela tient à ce que leur apparition au sein des eaux est presque constamment suivie d*une disparition plus ou moins complète. Toutefois, des pliénomènes très-puissanls et (rès-visiblcs nous donnent um* démonstralion suflisanle de la persistance continuelle des actions volcaniques au-dessous du bassin des mers. Au milieu des eaux de TOcéan, on voit quelquefois apparaître subitement des îles sur des points où les navigateurs n en avaient jamais aperçu. CVst ainsi que Ton a vu de nos jours se former Tile Julia. Apparue au sud-ouosl de la Sicile en 1831, elle s abîma plus tard sous les vagues. A diverses épiM(ues et notamment en 1811, il se forma des iles nouvelles dans les Açores. Il s'en éleva à plusieurs reprisi»s autour de Tlslande et sur beaucoup d'autres |)oinls.

L'tle qui apparut en 1796, à 10 lieues de la pointe septentrionale d*Unalaska, VuDi^ des iles Aléoutiennes, est particulièrement célèbre. On vit d abord sortir du sein de la mer une colonne de fumc*e; ensuite un point noir, doii s*élançaient des gerbes enflanun«5es, apparut à la surface de IVau. Pendant plusieurs mois que dura vv. pliénomène, l'île s'accrut en largeur et en hauteur. Enfin on ne vit plus sortir que de la fumée; au bout de quatre ans cette dernière trace des convulsions volcaniques avait même complètement cessé, l/île continua néanmoins à grandir et à s'élever; elle formait en 1806 un cône surmonté de quatre autres plus petits.

Dans l'enceinte comprise entre les îles Sanlorin, Tlierasia et Aspronisi, dans la Méditerranée, s'éleva, cent quatre-vingt-six ans avant notre ère, l'Ile d'//i>m, qui s'accrut encore par des îlots soulevés sur ses bords pendant les années 19, 726 et 1427. On a vu apparaître en 1773 Micra-Kameni, et Nea-Kameni en 1707. (les îles s accrurent successivement en 1709, 1711, 1712, etc. Selon les anciens, Santorin, Tlierasia et Aspi-onisi avaient apparu, plusieurs siècles avant .lésus-Obrist, à la suite de tremblements de terre d'une grande violence.

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