‹ La terre avant le déluge (volume 5)Chapitre 41 sur 42 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Après avoir étudié l'histoire et le passé de notre globe, nous sera-l-il permis de jeter un coup d'œil sur l'avenir qui l'attend?

L'état actuel de la terre peut-il être considéré comme définitif? Les ébranlements géologiques qui ont façonné son relief et se sont traduits par les irruptions volcani(|uos des Alpes, en Europe, du mont Ararat, en Asie, des Cordillères, dans le nouveau monde, seront-ils les derniers? En un mot, la sphère terrestre conservcra-t-elle à jamais la forme que nous lui connaissons, et dont les cartes géographiques ont, pour ainsi dire, incrusté les contours dans notre mémoire ?

Il est difGcile de répondre avec assurance à cette question ; toutefois, les connaissances qu'ont maintenant acquises nos lecteurs, leur permettront de se faire à cet égard une opinion fondée sur l'analogie et Tinduction scientifiques.

Uuelles sont les caus(*s qui ont produit les reliefs actuels du globe, et réparti diversement sur sa surface les continents et les eaux? I^a cause primordiale c'est, comme nous l'avons dit si souvent, le refroidissement de la terre et la solidification progressive de ses parties internes encore*, liquides. Ce sont les raclures ainsi délerminé(îs dans IVcorce solide du globe, qui ont provoqué le soulèvement des principales monUignes, creusé les grandes vallées, fait surgir certains continents et submergé

d'autres rivages. La seconde cause qui a contribué à former de vastes terrains, réside dans les dépôts sédimentaires des eaux» qui ont eu pour résultat de créer de nouveaux continents sur le bassin des mers anciennes.

Mais ces deux causes, le refroidissement terrestre et les dépôts sédimentaires aqueux, persistent de nos jours, bien qu'à un degré ailaibli. L'épaisseur de Técorce solide du globe n'est qu'une insignifiante fraction de sa masse liquide intérieure. La cause principale des grandes dislocations du sol, est donc, pour ainsi dire, à nos portes; elle nous menace sans cesse : les tremblements de terre (;t les éruptions volcaniques, encore fréquents aujourd'hui, nous en donnent de sinistres et incontestables preuves. D'un autre côté, nos mors forment des atterrissements continus. Le fond dii la mer Hal tique, par exemple, s'élève graduellement, par suite de dépôts qui combleront en entier son lit, dans un intervalle de ti^mps qu'il ne serait pas impossible de calculer.

Il est donc probable que le relief actuel du sol et les limites respectives des continents et des eaux, n'ont rien de définitif, et qu'ils sont, au contraire, destinés c\ se modifier dans l'avenir.

Un problème plus ardu que le précédent, et pour lequel l'induction scientifique et l'analogie sont des guides moins sûrs, est celui de la perpétuité de noire espèce. L'homme est-il condamné à disparaître un jour de la surface de la terre, comme les races animales qui ont précédé et préparé sa venue? Comme les trilobites de la période silurienne, par exemple, comme les grands reptiles du lias, les mastodontes et les megatheriums de l'époque tertiaire, l'espèce humaine doit-elle un jour s'anéantir et disparaître du globe? Ou bien, faut-il admettre que riiomme, doué de l'attribut de la raison, marqué, pour ainsi dire, du sceau divin, soit le dernier et le suprême terme de la création?

I^a science ne saurait prononcer entre ces deux questions, qui surpassent la compétence et sortent du cercle du raisonnement humain. Il n'est pas impossible que l'homme ne soit qu'un degré dans l'échelle ascendante et progressive des êtres animés. La puissance divine qui a jeté sur la terre la vie, le sentiment et la pensée; qui a donné à la plante l'organisation;

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