X PRÉFACE
intecruptions, réflexions et questions du chevalier^ du comte et du prieur^ je perds trop souvent le fil, mon cher abbé, de vos savantes descriptions.
C'est pourquoi nous ne conseillons à personne de ressusciter ce genre vieilli. Nous pourrions, en eflct, citer plus d'un ouvrage récent de science populaire composé selon ce système, et dont la lecture est mille fois plus obscure et plus fatigante que si l'auteur se fût borné à exposer sans prétention des faits en eux-mêmes fort simples. « Vous voulez, Acis, dit la Bruyère, me dire qu'il fait froid; que ne disiez-vous : Il fait froid? A^ous voulez m'apprendre qu'il pleut ou qu'il neige; dites: Il pleut, il neige.... Est-ce un si grand mal d'être entendu quand on parle, et de parler comme tout le monde? » Vous voulez me parler de physiologie; parlez-moi donc de physiologie. Est-il donc nécessaire de compliquer la difficulté do la science par l'emploi d'une fiction gratuite dont personne n'est la dupe, qui fatigue l'esprit du lecteur et obscurcit les questions au lieu d'en simplifler l'exposé?
Le style grave et précis du professeur dans ses cours, comme on le disait au dernier siècle, le ton de la conversation entre honnêtes gens, voilà, selon nous, ce qui convient le mieux aux ouvrages destinés à populariser les sciences. Chercher constamment la clarté par la simplicité du discours, la justesse de l'expression, l'enchaînement logique, la succession graduelle et bien calculée des notions et des pensées, telle est, selon nous, la poétique à suivre dans l'exposition familière des faits scientifiques.