‹ La terre avant le délugeChapitre 14 sur 75 · SOUS-PÉRIODE HOUILLÈRE · texte numérisé non relu

SOUS-PÉRIODE HOUILLÈRE

Cette période terrestre est caractérisée d’une manière bien remarquable par l'abondance et l’étrangeté de la végétation qui couvrait alors les parties continentales du globe. Sur tous les points de la terre, au moins depuis les tropiques jusqu'à l'équateur, cette flore présentait, comme nous l’avons dit, une uniformité frappante. En la comparant aux flores actuelles, un savant botaniste français, M. Ad. Brongniart, est arrivé à conclure qu’elle a de grandes analogies avec notre flore des îles équatoriales et de la zone torride, dans lesquelles le climat maritime et l’élévation de la température existent au plus haut degré. Il est donc à croire que les îles étaient très-nombreuses à cette époque, et que les parties du

sol émergées formaient une sorte d’immense archipel sur l'Océan général.

C’est aux belles recherches de M. Ad. Brongniart que nous devons de connaître très-exactement la flore houillère. Elle se composait de grands arbres, souvent herbacés, mais surtout de petits végétaux dont l’ensemble devait former un gazon épais et serré, à demi noyé dans des marécages d’une étendue presque sans limites. M. Brongniart a signalé, comme propres à cette période, cinq cents espèces de végétaux appartenant aux familles que nous avons déjà vues pondre à lhorizon devonien, mais qui atteignent ici un développement prodigieux. Absence presque complète des dicotylédones ordinaires et des monocotylédones; prédominance des cryptogames, en particulier des fougères, des Iycopodiacées et des équisétacées : formes insolites et actuellement détruites dans ces mêmes familles ; quelques dicotylédones gymnospermes, formant un genre de Conifères complétement disparu, nonseulement actuellement, mais dès la fin de la période houillère :. tels sont les grands traits caractéristiques de la flore houillère, et en général de la période de transition.

La végétation de l’époque houillère différait absolument de celle d'aujourd'hui ; les conditions climatériques de ces temps reculés du globe font d’ailleurs comprendre les caractères qui distinguent cette végétation primitive. Des pluies continuelles et une chaleur intense, une lumière douce, voilée par des brouillards permaaents, engendraient cette végétation toute particulière, dont on chercherait vainement l’analogue de nos jours. Si l’on voulait, toutefois, se faire une idée, par une localité moderne, du climat et de la végétation propres à la phase géologique qui nous occupe, il faudrait se transporter par la pensée dans cerlaines îles ou sur le littoral de l’océan Pacifique, et, par exemple, dans l'ile de Chiloë, où il pleut pendant trois cents jours de l’année et où le soleil est caché par des brouillards permanents. La végétation de cette île peut donner une idée approximative de celle qui a couvert le globe terrestre pendant la période houillère. Dans cette île, des fougères arborescentes forment en partie des forêts; à leur ombre croissent des fougères herbacées s’élevant à 1 mètre au-dessus d’un sol presque entièrement marécageux, et qui

donne asile à une masse de cryptogames, rappelant ainsi les grands traits de la flore houillère.

Cette flore était, comme nous l'avons dit, uniforme et pauvre en genres botaniques, comparée à l’abondance et à la va-

pu

(Portion grossie.)

Fig. 58. Nevropteris heterophylla. (G. N.)

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