Du grec ray, épais, Gépurx, peau
rières de Montmartre donnèrent le signal, en même temps que le modèle, des recherches innombrables qui furent bientôt entreprises dans toute l’Europe pour la restauration des animaux de l’ancien monde. Ces recherches ont tiré, de nos jours, la géologie de l’état d'enfance où elle languissait malgré les magnifiques et persévérants travaux des Stenon, des Werner, des Hutton et des Saussure.
Arrivons à la description des animaux fossiles de la période qui nous occupe.
Les pachyderme: fossiles les mieux connus de la période
Fig. 247. Le grand Palæotherium. (1/20 G. N.)
éocène sontles Palæotherium,les Anoplotheriumetles Xiphodon.
Les Palæotherium, les Anoplotherium et les Xiphodon étaient des herbivores qui vivaient par grands troupeaux. Ils paraissent avoir été intermédiaires, par leur organisation, entre le Rhinocéros, le Cheval et le Tapir. Il en existait de plusieurs espèces et de taille très-variable.
Rien de plus aisé que de se représenter, d’après les travaux de Cuvier, le Palæotherium magnum dans l’état de vie. Le nez terminé par une trompe musculeuse et charnue assez courte
et qui ressemble à celle du Tapir; l'œil petit et peu intelligent; la tête énorme; le corps trapu; les jambes courtes et massives; le pied porté sur trois doigts encroûtés dans des sabots; la taille d'un grand cheval : tel était le grand Palæotherium, dont les paisibles troupeaux ont dû peupler pendant de longues années les vallées des plateaux qui entouraient l’ancien bassin des environs de Paris. La figure 247 représente le grand Palæotherium, d’après le dessin au trait qu’en a donné Cuvier dans son ouvrage sur les Ossements fossiles.
Le petit Palæotherium ressemblait à un Tapir. Plus petit qu'un Chevreuil, à jambes grêles et légères, il était trèscommun dans le nord de la France; il broutait l'herbe des prairies sauvages.
Une autre espèce de Palwotherium, encore plus petite, ne dépassait pas la grandeur d’un Lièvre et avait la légèreté de cet animal. Le Palæotherium minimum habitait les buissons fourrés des environs de Paris et de l'Auvergne".
Tous ces animaux se nourrissaient de graines, de fruits, de tiges vertes ou souterraines et de racines charnues. Ils se tenaient ordinairement dans le voisinage des eaux douces.
Les Anoplotherium” avaient les dents molaires postérieures analogues à celles du Rhinocéros, les pieds terminés par deux grands doigts comme ceux des Ruminants, et le tarse des doigts à peu près comme chez les Chameaux.
L’Anoplotherium commune avait la taille d’un Ane; sa tête était légère; mais ce qui le distinguail le plus, c'était une énorme queue, longue au moins d’un mètre et très-grosse, surtout à l’origine. Cette queue lui servait de gouvernail et de rame lorsqu'il passait à la nage un lac ou une rivière, non pour y saisir le poisson, car il était herbivore, mais pour y chercher les racines et les tiges succulentes des plantes aquatiques.
« D’après ses habitudes de nager et de plonger, dit Cuvier, l’Anoplothérium devait avoir le poil lisse comme la loutre; peut-être même sa
peau était-elle demi-nue. Il n’est pas vraisemblable non plus qu'il ait eu de longues oreilles, qui l’auraient gêné dans son genre de vie aquatique,
1. On connaît le Palæotherium magnum, medium, curtum, latum, minus minimum.