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et je peuserais volontiers qu'il ressemblerait à cet égard à l’hippopotame et aux autres quadrupèdes qui fréquentent beaucoup les eaux. »
À cette description, Cuvier n'avait plus rien à ajouter pour traduire par le dessin les formes de l’Anoplotherium commune. Son mémoire sur les Pachydermes fossiles de Montmartre est accompagné d’un dessin au trait que nous n’avons eu qu’à suivre pour représenter, dans la figure 248, l’Anoplothérium commun.
Il existait des Anoplothériums de petite taille : l’Anoplotherium leporinum ou lièvre, dont les pattes étaient disposées pour une course rapide; l’Anoplotherium minimum et obliquum, de
Fix- 248. Anoplothérium commun. (1/20 G. N.)
taille plus petite encore, ct dont le dernier ne dépassait pas celle du Rat. Comme les Rats d’eau, ces petites espèces habitaient les bords des ruisseaux et des petites rivières.
Le Viphodon gracile avait un peu moins d’un mètre de hauteur au garrot ; il avait la taille d'un Chamois, mais plus de légèreté dans les formes. Sa tête était moins grosse que celle de ce dernier animal. Autant les allures de l’Anoplothérium commun étaient lourdes et trainantes, autant le Xiphodon était gracieux et agile. Léger comme la Gazelle et le Chevreuil, il courait rapidement autour des marais et des étangs ; il y paissait les herbes aromatiques des terrains secs, ou broutait les pousses des jeunes arbrisseaux.
« Sa course, dit Cuvier dans le mémoire déjà cité, n’était point embarrassée par une longue queue; mais, comme tous les herbivores agi-
les, il était probablement un animal craintif, et de grandes oreilles trèsmobiles, comme celles du Cerf, l’avertissaient du moindre danger. Nul doute enfin que son corps ne fût couvert d’un poil ras; et par conséquent il ne manque que sa couleur pour le peindre tel qu’il animait jadis cette contrée, où il a fallu en déterrer, après tant de siècles, de si faibles vestiges. »
La figure 249 est la reproduction du dessin au trait dont Cuvier accompagne la description de cet animal, qu'il rangeait toutefois parmi les Anoplothériums, et qui a recu de nos jours le nom de Xiphodon gracile.
Les plâtrières des environs de Paris renferment encore des débris d’autres espèces de pachydermes : le Chæropotamus ou Cochon de fleuve (yoïoos, morauds), qui à de l’analogie avec le Pécari.actuel, quoique beaucoup plus grand ; — l’Adapis, qui
Fig. 249. Xiphodon gracile.
rappelle par sa forme le Hérisson, dont il a trois fois la taille, et qui semble établir une certaine liaison entre les pachydermes et les carnassiers insectivores. — Le Lophiodon, encore plus voisin des Tapirs que l'Anoplothérium, et dont la faille variait suivant les espèces, depuis celle du Lapin jusqu’à celle du Rhinocéros, se trouve dans l'étage inférieur au gypse, c'est-à-dire dans le calcaire grossier. Les restes connus de ces derniers animaux sont trop incomplets pour que l’on puisse avancer quelque chose de certain sur leur organisation et leurs mœurs.
Un géologue parisien, M. Desnoyers, bibliothécaire du Muséum d'histoire naturelle, a découvert dans les terrains gypseux de la vallée de Montmorency, et dans quelques autres
des environs de Paris, tels que Pantin, Clichy et Dammartin, les empreintes de pas des mammifères dont il vient d’être question, surtout des Anoplotherium el des Palæotherium". Des empreintes de pas de tortues, d'oiseaux et même de carnassiers, accompagnent quelquefois ces curieuses traces, qui ont la forme de sortes d'amandes plus ou moins lobées selon les divisions du sabot du pied de l’animal, et qui rappellent complétement, par leur mode de production et de conservation, ces empreintes de pas de Tortue et de Labyrinthodon que nous avons figurées en parlant de la période triasique. Cette
Fig. 250. Oiseau de Montmartre. (1/2 G. N.)
découverte est intéressante comme fournissant un moyen de comparaison et de contrôle entre les empreintes et les animaux qui les ont produites. Elle replace sous nos yeux, par les traces matérielles de leur marche sur le sol, ces animaux dont l’espèce est aujourd'hui anéantie, et qui peup'aient les sites mystérieux du monde ancien. :
Il est intéressant de se représenter les vastes pâturages de l'époque tertiaire occupés par cette quantité d'herbivores de toute taille. Non loin des lieux où s'élève aujourd’hui Paris, et qui appartiennent au terrain éocène, les plaines et les bo’s étaient remplis de ces animaux, gibier sur lequel nos chasseurs parisiens n'ont plus à compter, mais qui devait singulièrement animer la terre à cette époque lointaine. L'absence