Ossements fossiles, tome T, pages 87-93, in
« Il n’est, dit Pallas, dans toute la Russie asiatique, depuis le Don jusqu’à l'extrémité du promontoire des Tchutchis, aucun fleuve, aucune rivière, surtout de ceux qui coulent dans les plaines, sur les rives ou dans le lit desquels on n'ait trouvé quelques os d'Éléphant et d’autres animaux étrangers au climat. Mais les contrées élevées, les chaînes primitives et schisteuses en manquent, ainsi que de pétrifications marines, tandis que les pentes inférieures et les grandes plaines limoneuses et sablonneuses en fournissent partout aux endroits où elles sont rongées par les rivières et les ruisseaux, ce qui prouve qu’on n’en trouverait pas moins dans le reste de leur élendue, si on avait les mêmes moyens d’y
creuser!. »
Chaque année, à l’époque du dégel, les rivières immenses qui descendent vers la mer Glaciale, dans le nord de la Sibérie, rongent de nombreuses portions de leurs rives, et y mettent à découvert les os que contenait le sol. On en trouve aussi beaucoup en creusant les puits et les fondations.
Cuvier, dans son ouvrage sur les Ossements fossiles?, donne une longue liste des lieux de la Russie dans lesquels on a fait les plus intéressantes découvertes des débris d'Éléphants.
Plus on avance vers le nord de la Russie, plus les gisements d'Éléphants fossiles deviennent abondants et étendus.
Malgré les témoignages, souvent renouvelés, d’un grand nombre de voyageurs, on à peine à croire à ce qui a été écrit touchant certaines îles de la mer Glaciale avoisinant les pôles. Voici, par exemple, ce que dit le rédacteur du Voyage de Billing, concernant quelques îles de la mer Glaciale situées au nord de la Sibérie, vis-à-vis des rivages qui séparent l’embouchure de la Léna de celle de l’Indigirska :
« Toute l'ile {la plus voisine du continent, elle a trente-six lieues de long), excepté trois ou quatre petiles montagnes de rochers, est un mélange de sable et de glace. Aussi lorsque le dégel fait tomber une partie du rivage, on trouve en abondance des os de Mammouth. Toute l’ile, ajoute-t-il, suivant l'expression de l'ingénieur, est formée des os de cet
animal extraordinaire, de cornes et de crânes de buffles ou d’un animal qui lui ressemble, et de quelques cornes de Rhinocéros®. »
La Nouvelle-Sibérie et l'ile de Lachou ne sont, pour la plus grande partie, qu’une agglomération de sable, de glace et de
1. Commentari de lAcademie de Pétersbourg pour 1772, tome. XVII, page 912.