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Fig. 342. Déluge du nord de l’Europe.

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Le roi Gustave-Adolphe, tué en 1632 à la bataille de Lutzen, fut enterré sous le dernier bloc erratique descendu en Allemagne.

On a élevé en Allemagne au géologue Léopold de Buch un monument avec un bloc erratique venu de la Norwége.

Ces blocs erratiques que l’on rencontre dans les plaines de la Russie, de la Pologne, de la Prusse, et même de certaines parties orientales de l'Angleterre, sont composés, comme on vient de le voir par les deux exemples que nous venons de citer, de roches absolument étrangères à la région où ils gisent actuellement. Appartenant aux terrains primitifs de la Norwége, ils ont été entraînés, portés et protégés par les glaces à l'époque du déluge du Nord. Quelle immense force d’impulsion primitive avaient dû recevoir ces énormes blocs pour traverser la mer Baltique et arriver à la place où les contemplent aujourd’hui les regards surpris du géologue ou du penseur !

Le deuxième déluge européen a été le résultat de la formation et du soulèvement des Alpes. Il à rempli de débris et de terrains meubles toutes les vallées de la France, de l’Allemagne, de l'Italie, dans une circonférence ayant pour centre les Alpes. On peutencore distinguer aujourd’hui des effets de deux ordres différents, résultant de l’action puissante des masses d’eau violemment déplacées par ce gigantesque soulèvement. D'abord, de larges sillons ont été creusés par des eaux diluviennes, qui ont formé dans ces points des vallées profondes. Ensuite, ces vallées ont été comblées par des matériaux empruntés aux montagnes et transportés dans la plaine. Ces matériaux consistent en cailloux roulés, en limons argilosableux, ordinairement calcifères et ferrifères. Ce double effet se montre, avec plus ou moins de netteté, dans toutes les grandes vallées du centre et du midi de la France. La vallée de la Garonne est, à cel égard, pour ainsi dire classique. Aussi en donnerons-nous, comme exemple, une description sommaire.

A.partir de la petite ville de Muret, il existe, sur la rive gauche de la Garonne, trois niveaux successifs, plâns tous les trois, dont le plus inférieur est celui de la vallée proprement

dite, et dont le plus élevé correspond au plateau de Saint-Gau

ens. Ces trois niveaux sont parfaitement marqués dans le pays toulousain, qui présente d’une facon remarquable le phénomène diluvien. La ville de Toulouse repose elle-même sur une légère éminence de terrain diluvien. Les plateaux contrastent, par leur forme diluvienne plane, avec les collines mamelonnées de la Gascogne ou du Languedoc. Is sont essentiellement constitués par une couche de gravier et de cailloux roulés ou ovalaires, mêlés et recouverts d’un dépôt sableux el terreux. Ces cailloux sont constitués principalement par des quartzites bruns ou noirs extérieurement, par des parties dures de grès noirs anciens et de grès rouges. La terre meuble qui accompagne les cailloux et le gravier est un mélange argilo-sableux d’une couleur rougeâtre ou jaunâtre, à cause de l’oxyde de fer qui entre dans sa composition. Dans la vallée proprement dile, on retrouve les cailloux des plateaux associés à quelques autres espèces minérales plus rares aux niveaux supérieurs. Des dents de Mammouth ou de Rhinocéros tichorhinus ont été trouvées en divers points sur les bords de cette vallée.

Les petites vallées, tributaires de la vallée principale, paraissent avoir été creusées secondairement, en partie dans le dépôt diluvien, et leurs alluvions, essentiellement terreuses, ont été formées aux dépens du terrain tertiaire et du diluvium lui-même.

Le temple antique du Parthénon, en Grèce, s'élève sur une éminence de terrain diluvien.

Dans la vallée du Rhin, en Alsace et dans plusieurs parties isolées de l'Europe, domine une sorte particulière de diluvium : il consiste en un limon d’un gris jaunâtre, composé d’une matière argileuse, mélangée de carbonate de chaux, de sable quartzeux et micacé et d'oxyde de fer. Ce limon, que les géologues désignent sous le nom de /ehmn ou less, alteint en quelques pays une épaisseur considérable. Il est très-reconnaissable aux environs de Paris. Il s'élève un peu à droite et à gauche, au-dessus de la base des montagnes de la forêt Noire et des Vosges.

Les fossiles que renferment les dépôts diluviens en général consistent en coquilles terrestres, lacustres ou fluviatiles, ac-

tuellement vivantes pour la plupart, auxquelles il faut joindre les restes des mammifères dont nous avons déjà signalé lexistence à l'époque quaternaire.

Mais ces restes, on les retrouve souvent accumulés en quantités extraordinaires dans des espaces ou cavités connues sous le nom de cavernes ou de brèches osseuses, qui, de tout temps, ont fixé l'attention des savants et des personnes étrangères à la science. Il ne sera pas hors de propos de résumer ici l’état actuel de nos connaissances concernant les cavernes à ossements et les brèches à ossements.

Cavernes à ossements. — Les cavernes à ossements ne sont pas de simples cavités creusées dans le roc, à quelques pieds de profondeur. Elles consistent ordinairement en une série de grottes nombreuses, communiquant entre elles par d’étroites ouvertures, qu'on ne peut franchir qu’en rampant, et qui s’étendent souvent à des distances considérables. Il en existe au Mexique qui ont une longueur de plusieurs lieues. L'une des plus remarquables de l'Europe est celle de Gailenreuth, en Franconie (Bavière). Le Harz contient plusieurs belles cavernes, entre autres la caverne de Baumann, d'où l’on a retiré beaucoup d’ossements. La caverne de Kirkdale, située à 40 kilomètres d’'York, a été explorée avec grand soin par le géologue Buckland, qui en a fait le sujet d’une monographie intéressante‘.

Un naturaliste moderne, visitant la caverne d’Adelsberg, en Carniole, parcourut une suite de chambres étendues dans la même direction sur une longueur de trois lieues. La rencontre d’un lac l’'empêcha de pousser plus loin ce voyage de découvertes souterraines.

Les parois intérieures des cavernes à ossements sont, en général, arrondies, sillonnées, et présentent des traces de l’action érosive des eaux. Ces caractères échappent souvent à l'observateur, parce que les parois de ces cavernes sont recouvertes par des revêtements de calcaire concrétionné en stalactites et stalagmites, c'est-à-dire de cristaux ou d’amas de carbonate de chaux, provenant de dépôts laissés par les eaux

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