Acte du 1" mars
« La portion des territoires du Montana et du Wyoming située près des sources de la rivière Yellowstone et décrite ciaprès est réservée et ne pourra être colonisée, occupée ou vendue selon les lois des Etats-Unis. Cette région est limitée par une ligne commençant à la jonction des rivières Gardiner etYellowstone, se prolongeantà l'est jusqu'au méridien passant à dix milles à l'est du point le plus oriental du lac Yçllowstone, se dirigeant ensuite vers le sud on longeant ledit méridien jusqu'au parallèle de latitude passant à dix milles au sud du point le plus méridional du lac Yellowstone; longeant ensuite à l'ouest ledit parallèle jusqu'au méridien passant à quinze milles à l'ouest du point le plus occidental du lac iMadison; longeant ensuite au nord ledit méridien jusqu'à la latitude de
Hayden considère cet acte comme un tribut payé à la science par le parlement américain; au nom de la nation américaine et des savants du monde entier, il témoigne au législateur sa gratitude pour cette généreuse donation.
Telle est l'origine du Parc National de la Yellowstone. Le Service géologique et géographique a spécialement étudié cette région dans ces derniers temps. Presque chaque année des
la jonction des rivières Yellowstone et Gardiner, se dirigeant enfin vers l'est jusqu'au point de départ.
« Ce territoire est érigé en Parc public ou jardin d'agrément pour l'avantage et la jouissance du peuple; quiconque s'y établira ou occupera une partie du territoire ainsi érigé en Parc public, sauf dans les cas prévus ci-après, sera considéré comme contrevenant et sera expulsé.
« Ce Parc public sera placé sous le contrôle exclusif du Secrétaire de l'Intérieur, qui devra, aussitôt que les circonstances le permettront, rédiger et publier les règlements qu'il pourra juger nécessaires pour la direction et l'entretien du Parc. Ces règlements auront pour but de préserver de tous dommages ou spoliation et de conserver dans leur état naturel les forêts, les dépôts minéraux, les curiosités naturelles ou les merveilles que renferme le Parc.
« Le Secrétaire peut, suivant sa discrétion, et pour un terme n'excédant pas dix ans, louer des parcelles de terrain dans les endroits où l'érection de bâtiments peut offrir de l'utilité aux visiteurs; les produits de ces baux et tous les autres revenus éventuels seront affectés, sous sa direction, à l'administration du Parc et à la construction de routes et de sentiers. 11 prendra des mesures contre la destruction inutile du poisson et du gibier dans les limites du Parc. Il fera également expulser tout contrevenant, et sera autorisé à prendre toutes mesures qu'il pourra juger nécessaires pour la sanction de cet acte. »
expéditions scientifiques ont été organisées sous les auspices du département de l'Intérieur. De toutes ces expéditions, la plus importante, la plus féconde en résultats, est celle do 1878; elle a fait l'objet d'une volumineuse publication, la plus complète qui ait paru : on y trouve le rapport de M. Holmes sur la géologie de la Yellowstone, celui de M. Peale sur les sources tbermales, et celui de M. Gannett sur la topographie du pays.
Grâce à ces beaux travaux, le joyau du continent américain n'est plus la Terra incognita qui formait un blanc sur les cartes antérieures à 1871. Les Américains vont vite en besogne. Je les croyais capables d'accomplir des miracles, mais je ne prévoyais guère qu'on irait dès aujourd'hui de New- York à la terre enchantée à peu près comme on va de Paris aux Alpes. Quand je parcourais le Parc il y a deux ans, il n'était pas encore envahi par les touristes en lune de miel; depuis lors l'accès en est devenu si aisé, que l'on s'y rend de tous les points des États-Unis.
M. Hayden m'écrit de Philadelphie, à la date du 27 octobre 1885, que, cette année, plus de 10 000 personnes ont exploré le Parc pen-
dant les mois de juillet, août et septembre. Mme Hayden a elle-même visité l'été dernier la merveilleuse région que son époux a eu la gloire de conquérir il y a quatorze ans.