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LES CATARACTES DE LA YELLOWSTONE 327 la rivière se contracte et, avec une indomptable énergie, franchit triomphalement tous les obstacles qui s'opposent à sa marche, écume au milieu des pointes rocheuses, forme une série de remous et de rapides, et finalement se précipite par deux sauts successifs, l’un de 40 mètres, l’autre de 100 mètres, dans l'immense crevasse de près de dix lieues de longueur qu’elle . s’est creusée à travers une puissante ramification des montagnes Rocheuses.
Au point où la rivière forme le premier saut, elle est resserrée entre des parois basaltiques, et ses eaux, rassemblées en une masse compacte, s'élancent dans l’espace avec toute la vitesse acquise dans les rapides qui précèdent la chute. Au lieu de s’épancher comme une nappe par-dessus la crête rocheuse qui domine l'abime, elles bondissent au loin, et c'est dans le vide qu’elles effectuent leur vertigineuse trajectoire. En tombant de tout leur poids dans le bassin inférieur, elles y provoquent une énorme et furieuse marée, un combat de vagues monstrueuses, d'écume blanche et d’embruns : du fond de l’abime jusqu’audessus de la naissance de la cataracte, les eaux vaporisées semblent vouloir remonter vers leur
source, et les magiques couleurs du prisme, en