LES RIVAGES ET LES ILES
Modifications incessantes de la forme du littoraL — Les fjords de la Scandinavie
et des autres contrées rapprochées des pôles.
Cette mer, dont chaque vague contient peut-être des milliards d'organismes vivants, semble animée elle-même d'une énorme et puissante vie. Des reflets toujours changeants, ternes comme la brume ou brillants comme le soleil, éclairent son immense étendue, sa surface se plisse en longues ondulations ou se redresse en lames hérissées; ses rivages sont effleurés par un simple liséré d'écume ou disparaissent sous la masse blanche de la houle brisée; parfois elle fait entendre à peine un faible murmure, et puis elle réunit en un même tonnerre les hurlements de toutes ses vagues heurtées et fracassées par la tempête. Elle est tour à tour riante ou terrible, gracieuse ou formidable. Son aspect fascine. Quand on se promène sur ses bords, on ne peut s'empêcher de la contempler et de l'interroger sans cesse. Éternellement mobile, elle symbolise la vie relativement à la terre impassible et silencieuse qu'elle assiège de ses flots. Et d'ailleurs n'est-elle pas toujours à l'œuvre pour modifier sans relâche le relief des continents après les avoir une première fois formés couche à couche dans la profondeur de ses eaux?
La partie la plus importante des travaux géologiques de l'Océan est cachée à nos yeux ; car c'est au fond de ses