LA MER DU NORD ET LA. MANCHE
comme un sorle de fossé maritime, lant ses abîmes sont peu de chose, comparés à ceivc de l'Océan. Pour se faire une idée vraie de la profondeur de la Manche comparée à son étendue, . que l'on s'imagine une miniature de cette mer tracée à
PROFONDBUKiJ DR LA MANCHE.
l'échelle de i mètre par kilomètre dans une prairie parfaitement horizontale. Cette nappe d'eau n'aurait pas moins de 500 mètres de long, et sa largeur varierait, suivant la disposi-
tion des côtes, entre 33 et 250 mètres. Et néanmoins, en dépit de cette surface considérable, la plus grande profondeur de la mare serait de 5 centimètres seulement à l'entrée ; dans la partie la plus creuse du canal, entre la motte figurant Start-Point et
celle des Sept-Iles, elle ne dépasserait pas 6 centimètres : un passereau sautillerait au-dessus de (^tte mer en miniature \ On le voit, il est facile de s'exagérer Timportance des profondeurs marines aussi bien que la hauteur des montagnes. Le profil annexé à la planche I représente la puissance relative de la couche liquide comprise entre les falaises de Douvres et celles de Calais.
Au sortir de la Manche, les points du lit océanique explorés par les sondeurs sont de plus en plus espacés dans la direction de l'ouest, puis deviennent tout à fait rares. Enfin, à plusieurs centaines de kilomètres en mer, là où commencent les véritables abîmes, c'est à des intervalles de 50 et même de 90 kilomètres seulement qu'ont été opérés les sondages. Les points de repère qui ont servi à dresser la carte sous-marine de l'Atlantique boréal sont donc très-peu nombreux; néanmoins on peut y voir une représentation iï peu près exacte du relief océanique. En moyenne, la profondeur de l'eau qui sépare les côtes de l'Amérique du Nord et celles de l'Europe est d'environ 3,500 mètres, mais la vallée centrale présente un relief relativement très-uniforme, et beaucoup moins accidenté que ne l'est la surface de l'Europe ou même des États- Unis ; les plus fortes pentes n'y dépassent probablement pas celles des fleuves, qui semblent être à peu près horizontales : on peut dire que le fond de la mer est concentrique avec la surface. De là le nom de « plateau du télégraphe » donné à ces plaines par Maury, quelque temps avant qu'on posât le premier câble transatlantique. La profondeur la plus considérable de ce plateau est de i,ft31 mètres, soit environ un 1639'* de la largeur de l'Océan ; c'est là une épaisseur relativement plus faible que celle de la plus fine aiguille *. Le profil de la planche III permet de comparer le relief continental et celui des fonds océaniques, depuis les côtes des États-Unis jusqu'à celles de l'Europe ; il est vrai que, pour rendre visibles les dimensions verticales, il a fallu les exagérer dans l'énorme