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LES PROFONDEUaS DE L'ATLANTIQUE. ^7
proportion du vingtuple. Au sud, le fond de ta mer devient de -plus en plus accident<5. Un profil idéal tracé du plateau d'Anahuac à la Sénégambie à travers le Yucatau, la mer des Caraïbes, les Antilles et le bassin central de l'Atlantique présente un relief beaucoup plus inégal que celui du plateau
SECTION DE UATLANTIQt'E TBOPICAL.
télégraphique ; mais la partie vraiment océanique du bassin offre également dans presque toute son étendue une grande uniformité '.
Considéré dans son ensemble, l'Atlantique boréal est une dépression dont les pentes descendent, graduellement vers une sorte de cuve située entre la côte des Etats-Unis, les Bermudes et le banc de Terre-Neuve. Un abaissement de 200 mètres seulement révélerait le piédestal sous-marin sur lequel reposent la France, l'Espagne et les Iles Britanniques. Là est bien la véritable base du continent d'Europe, car immédiatement en dehors de cette assise Tondamentale qui forme l'angle extrême de l'ancien monde, le lit marin, incliné d'environ 8 degrés, descend graduellement de 200 mètres à 3,000 et 4,000 mètres au-dessous des vagues. Une baisse de niveau de 2,000 mètres diminuerait de plus de moitié la largeur de l'Atlantique, dessécherait complètement le golfe du Mexique et ne laisserait qu'un lac allongé dans la partie médiane de la mer des Caraïbes. Si le niveau actuel s'abaissait de 4,000 mètres, un continent sé-
t, Haury, Geography of Ihe Sea.
paré de rAmérique et de TËurope par deux étroits canaux, et s'étalant lui-même sur une largeur de 2,500 à 3,000 kilomètres^ se prolongerait jusque dans la zone torrlde et, par une coïncidence remarquable, affecterait cette disposition péninsulaire et cette direction dans le sens du midi qu'offrent le Groenland,, la Scandinavie, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, l'Arabie, les deux Indes, ainsi que les trois grands continents du sud*. Une dénivellation de 6,000 mètres unirait complètement Terre-Neuve à l'Irlande et jetterait par conséquent un pont entre l'ancien et le nouveau monde; il ne resterait même de l'Atlantique central qu'une étroite méditerranée se développant au large des Antilles et des Guyanes. Enfin, que les eaux baissent de 8,000 mètres, et la partie septentrionale de l'Atlantique sera réduite à une petite Caspienne triangulaire située entre les Açores, le banc de Terre-Neuve et les Bermudes.
Dans l'état actuel de la science, il est impossible de dresser, pour les profondeurs de l'Atlantique méridional, une carte approximative semblable à celle. que l'on peut construire pour les fonds de l'Atlantique du Nord. 11 paraît même que plusieurs dès sondages exécutés dans cette partie de TOcéan doivent être considérés comme non avenus, parce que les explorateurs n'avaient pas tenu compte de la àé'rivation que les courants sous-màrins font subir -à la corde de sonde. La profondeur de 13,900 mètres obtenue par le capitaine anglais Denham inspire toute confiance à M. Bischof et à d'autres géologues, parce que Texplorateur a pris soin de relever plusieurs fois la corde à une centaine de mètres, et que celle-ci, en retombant, s'est toujours arrêtée au même point : quant au sondage de 15,900 mètres annoncé par l'Américain Parker, il est certainement erroné, puisque dans les mêmes parages on a plus tard trouvé le fond à 5,500 mètres seulement. Ne connaissant pas l'épaisseur de la couche liquide dans les diverses parties de l'Atlantique austral, des mathématiciens ont essayé du moins de calculer la profondeur moyenne de tout le bassin par la vitesse de translation des vagues de marée*. Ils ont évalué à