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LES EXCAVATIONS DES RIVAGES

ce sont alors, d'après la tradition, les marmites où les géants d'autrefois préparaient leur repas. Il existe de trèsremarquables excavations de ce genre sur les côtes de la Scandinavie, où les blocs de granit roulés par une mer furieuse sont retenus par les roches abruptes dans un grand nombre d'anfractuosités.

Un phénomène non moins intéressant que le tournoiement des pierres dans les marmites de géant est la soudaine apparition de colonnes d'eau marine qui s'élancent en jets à travers les fissures du rocher. Quand une grande vague s'engouffre dans une des cavernes fissurées du littoral, son impulsion est parfois telle, que la roche en retentît comme d'une décharge d'artillerie. La masse d'eau chasse l'air devant elle, et, ne trouvant pas dans les parois qui l'entourent et qui la compriment un assez large espace pour se développer, jaillit par les fentes de la voûte. La plupart de ces fissures, graduellement sculptées à nouveau par les colonnes liquides qui s'en échappent, prennent à la longue l'aspect de véritables puits, où chaque retour de la vague est signalé par une sorte de geysir de dimensions variables. Il en est qui jaillissent à plusieurs mètres de hauteur, et qu'on aperçoit d'une grande distance, comme le jet de souffle humide par lequel la baleine se trahit au loin : de là le nom de souffleurs donné en plusieurs pays par les marins à ces phénomènes des rivages. Près de Ciudadela, dans l'Ile de Minorque, deux de ces puits, dans lesquels viennent s'engouffrer les flots, sont appelés par les paysans les « Soufflets du diable. »

La pression de la marée se fait sentir aussi bien que l'impulsion des vagues dans l'intérieur des roches fissurées du littoral; elle n'a point, il est vrai, pour résultat de lancer de magnifiques fontaines bien au-dessu« de la mer, mais elle exhausse le niveau du liquide dans tous les puits assez rapprochés du rivage, même dans ceux qui ne sont emplis que d'eau douce. C'est là du reste ce qu'eût indiqué d'avance la théorie : les nappes liquides qui pénètrent au loin dans les fentes dos roches retiennent les eaux d'infiltration

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