L'ÉCROULEMENT DES FALAISES
inauguré dès Tannée 1808 en bombardant une falaise croulante S les habitants pourraient entourer leur tle d'un grand brise-lames circulaire; mais cette digue ne durerait pas longtemps, car les strates du grès bigarré ne contiennent pas de ces lits de cailloux qui servent à former les galets de la grève. Bientôt tous les blocs seraient dissous par les flots, et pas un seul débris ne restant pour garantir les assises inférieures de la falaise contre Taction des vagues, le travail d'érosion reprendrait librement son cours. Vouée à une destruction certaine, l'île fond peu à peu dans les eaux comme fondrait un immense cristal de sel.
Les savants n'accordent point tous le même degré de confiance aux documents relatifs à l'ancienne étendue d'Helgoland. Les uns, tels que Wiebel *, regardent ces témoignages du passé comme dépourvus d'une authenticité suffisante et pensent que l'amoindrissement de l'île s'accomplit avec une grande lenteur; d'autres, au contraire % plus respectueux pour les affirmations des chroniqueurs, croient que dans l'espace de cinq siècles Tîle a diminué au moins des trois quarts. Quoi qu'il en soit, il est certain que les terres en partie inondées auxquelles l'île doit son nom ont depuis longtemps cessé d'exister. Il est également certain que vers la fin du xvn* siècle un isthme unissait encore Helgoland à un autre îlot dont les falaises se dressaient à 60 mètres de hauteur, comme celles de la terre principale : deux ports excellents, qui donnaient à nie une grande importance stratégique, s'ouvraient au nord et au sud entre les deux masses rocheuses et leurs prolongements sous-marins. Aujourd'hui l'îlot oriental a disparu et ses falaises sont remplacées par quelques dunes et des bancs de sable découvrant à marée basse ; les ports n'existent plus, et les navires de guerre du plus fort tirant d'eau peuvent voguer librement là où se développait encore l'isthme de jonction, il y a moins d'un siècle et demi. D'ailleurs, qui reconnaîtrait