Von Maack, ZeiUchrifi fur die allgemeine Erdkimde
m L'OCÉAN.
aujourd'hui dans ce rocher d'HelgoIand, long de 2 kilomètres
à peine et large de 600 mètres, la terre dont parlait Adam de
Brème en 1072, et qui était alors i. très-fertile, riebe en céréales, en bestiaux et en volatiles, » et qui s'élendail, dit Karl Mùller, « sur un espace de 900 kilomètres carrés '. •>
*. Die Gefahren der schletwig'fchen lf'e$lkuite : Natwr, pars (867.
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HËLGOLAND. 191
Actuellement quelques rangées de pommes de terre, quelques maigres pâturages sont les seuls restes qui témoignent de Tantique fertilité d'Helgoland.
Si la mer détruit ainsi les terres bordées sur tout leur pourtour de promontoires rocheux, elle respecte encore bien moins les plages basses qui^ par suite de quelques modifications dans la géographie des côtes ou dans le relief des bancs sous-marins, se trouvent placées en travers des courants. En face même d'Helgoland, les plages du Hanovre, de la Frise et de la Hollande, qui d'ailleurs semblent s'affaisser graduellement S offrent l'exemple le plus remarquable de cette puissance destructive de la mer. Depuis seize cents ans, c'est-àdire depuis que l'histoire écrite a commencé pour ces contrées, la vie des habitants riverains n'a été qu'une lutte incessante contre la pression des eaux. Durant cette période, les grandes irruptions de la mer se comptent par centaines, et dans le nombre il en est qui, d'après les chroniques, auraient noyé des populations entières de cinquante et de cent mille âmes* Pendant le cours du in° siècle, nous dit la tradition, l'île de Walcheren est séparée du continent; en 860, le Rhin se déplace, inonde les campagnes; le château de Caligula {arx britannica) reste au milieu des flots. Dans l'année 1170, la mer fait une nouvelle invasion jusque devant les murs d'Utrecht; mais c'est au xui* siècle seulement que le lac Flevo se change en un golfe pour former le Zuyderzee ou « mer du Sud » des Frisons ; l'isthme qui rattachait la Frise du nord à la Frise du sud est complètement rompu, les lies se noient, les rivages du continent sont rongés, et bientôt les habitants de la Hollande finissent par oublier qu'ils ont été Frisons : néanmoins le vaste dédale des bancs de sable du Zuyderzee, qu'un long cordon d'Iles et de dunes sépare du domaine de l'Océan, reste toujours, au point de vue géologique, une dépendance du continent. Dans les premières années du xin* siècle, le golfe de la Jahde s'ouvre aussi aux dépens des terres et ne cesse de s'agrandir
4. Voir, dans le premier volume, le chapitre intilulé les Oscillations lentes du sol terrestre.
pendant deux cenis ans. En 1230 a lieu l'effroyable inondation de la Frise, qui a. dit-on, coulé la vie à cent mille hommes. L'année suivante, les lacs de Harlem commencent h perler sur le sol. puis, grossissant peu à peu, se réunissent tes uns nux autres pour s'étaler en une mer intérieure vers te milieu du xvii' siècle. En 1377, le golfe du Dollart, qui n'a pas moins de 35 kilomètres de long sur 12 kilomètres de large, commence à se creuser aux dépens de campagnes très-fertiles et Iréspeuplées et transforme la Frise en péninsule : c'est en 1537 seulement qu'on peut arrêter les envahissements de la mer. qui a dévoré la ville de Torum et cinquante villages. Dix ans après la première invasion des eaux dans le Dollart, un débordement du Zuyderzee noie 80,000 personnes et modifie la configuration du littoral hollandais. En 1621, soixante-douze villages sont submergés en même temps, et la mer en se retirant ne laisse à I» place des champs et des groupes d'habitations qu'un archipel d'Iles marécageuses, d'Ilols couverts de roseaux et de bancs de vase : c'est le pays connu sous le nom de Biesbosch (forêt de joncs). Depuis cette époque, plusieurs autres catastrophes, à peine moins terribles, ont eu lieu sur les côtes de la Hollande, de la Frise, du Slesvig, du Jutland '.
Du cordon de trente-deux Iles qui s'étendaient au devant du rivage, il y a dix-huit siècles, il reste aujourd'hui seize
<. Von Holl; von Maack; Beycr; Baudissin; Karl MUlIer, von Heliwald, elc.