LES COTES DE LA HOLLANDE ET DE LA FRISE
fragments, et plusieurs ne sont autre chose que de simples digues de sabte. L'Ile de Borkum, ainsi que nous la montrent les cartes A moins d'un siècle d'intervalle, s'est étrangement rapetissée; l'Ile de Wangerooge, débris de l'antique terre de Wangerland, qui rejoignait le continent et s'éten-
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dait au loin sur la mer, était encore en 18/tO une Ile florissante et peuplée, et, pendant l'été, les baigneurs la visitaient en foule. Aujoui-d'hui c'est une plage de vase presque entièrement abandonnée. L'Ile de Nordstrand a diminué des onze douzièmes depuis le commencement du xvn' siècle, et des vingt-quatre Ilots qui l'entouraient il y a trois cents ans, il n'en reste plus que onze : la sonde, jetée à l'endroit où se trouvait alors le centre de l'Ile, indique une profondeur de 14 mètres. L'Ile de Sylt et les autres terres de la côte du Slesvig ont été aussi très-fortement entamées, et l'on sait qu'en 1835 la mer s'est ouvert un chemin à travers toute la péninsule du Jutland en creusant le détroit du Lymfjord '.
La curieuse péninsule du cap Cod, qui s'avance au loin dans la mer, au sud de l'étal de Massachusetts, dans la république américaine, est l'une des terres qui, d'après le témoignage d'Agassiz et d'autres savants géologues de la Nouvelle-
1. Millier, Gefahren der tchtetwig'schen fVesttuste : ffatitr, mars 1867.
\n L'OCÉAN.
Angleterre, ont le plus changé de forme pendant les siècles derniers. Actuellement le littoral sablonneux tourné vers la haute mer présente une courbe des plus régulières, analogue à celle de la lame algue d'un patin. Au commencement du xvu^ siècle, il n'en était pas ainsi. Une lie considérable, connue sous le nom de Nawset, et une longue péninsule per- , pendiculaire à la côte, la pointé Gilbert, interrompaient Tuniformité du littoral. Le développement total de la côte a été réduit d'une moitié ou même des deux tiers par suite de la disparition de ces anciennes terres : c'est prpbablement à leurs plages que Leif, le navigateur normand, donna vers l'an 1000 le nom de Wonderstrand ou « côte des Prodiges* «.
Forme normale des rivages. — Courbes de « plus grande stabilité. » — Formation de nouveaux rivages. — Cordons littoraux et flèches de sable. ^ Baies intérieures.
Les rivages les plus violemment attaqués par la mer sont, toutes choses égales d'ailleurs, ceux qui présentent le plus d'échancrures et de promontoires. Les vagues s'acharnent surtout contre les caps avancés que le continent projette au loin dans le domaine des eaux ; mais à mesure que les pointes reculent devant le flot qui les ronge, la puissance destructive des lames diminue; elle peut même finir par se réduire à néant lorsque la base des falaises est assez érodée pour ne plus décrire qu'une légère courbe en avant du rivage. En effet, le profil des côtes qui offre la plus grande résistance aux assauts de la mer n'est pas une ligne droite, comme on pourrait le supposer, mais une série de courbes régulières et rhythmiques, comparables à celles d'une chaîne attachée de
4. De Costa, Journal of Ihe American Geographical and StatUtical soeiely-