LES COURBES DES BIVAGES
distance en distance *. Les vagues ne cessent de travailler au remaniement du rivage, tant que celui-ci ne présente pas une succession de criques doucement inflécliies de promontoire i
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DtHi par A. VuilliRmiL
promontoire. Chacune de ces baies arrondies reproduit en grand la forme de l'onde qui déferle eu dessinant sur le sable
<■ Ëlie de Beaiunont, Baude, etc.
de la plage une longue courbe elliptique de flocons d*écuine.
Les côtes des pays montueux, auxquelles la mer a déjà donné les contours voulus, unissent une grâce extrême à une admirable majesté : telles sont les côtes de la Provence, de la Ligurie, de la Grèce, de la plus grande partie des péninsules ibérique et italique. Là, chaque promontoire, reste d'une an- • cienne chaîne de collines rasée par les flots, redresse en haute falaise sa pointe terminale ; chaque vallon qui descend vers la mer se termine par une plage de sable fin à courbure parfaitement régulière. Rochers abrupts et plages doucement inclinées alternent ainsi d'une manière harmonieuse, tandis que les diverses formations géologiques, la largeur plus ou moins grande des vallées, les villes éparses sur les hauteurs ou sur les plages, les inflexions de la côte et Taspect sans cesse changeant des eaux introduisent la variété dans Tensemble du paysage.
Les rivages entièrement sablonneux ont, aussi bien que les côtes rocheuses, un profil normal composé d'une série d'anses et de pointes; mais ces pointes, dont chaque vague vient modifier le relief, sont en général plus arrondies à leur extrémité que ne le sont les promontoires de rochers. La monotone côte des Landes, qui se développe sur une longueur de 220 kilomètres, de l'embouchure de la Gironde à celle de l'Adour, peut être prise comme type des rivages que les flots de la mer modèlent à leur gré. Sur ces bords l'uniformité du paysage est complète. Le voyageur a beau se hâter, il croirait à peine changer de place, tant l'aspect des lieux reste immuable : toujours les mêmes dunes, les mêmes coquillages parsemés sur le sable, les mêmes oiseaux assemblés par milliers sur le bord des lagunes, les mêmes rangées de flots qui se poursuivent et viennent dérouler à grand bruit leur nappe écumeuse. Dans tout le champ de la vue, les seuls points de repère sont les membrures de vaisseaux naufragés qu'on distingue de loin sur la blancheur du sable. Cependant les rivages qui présentent de la manière la plus parfaite cette série de courbes rentrantes et saillantes, qu'on pourrait appeler le profil de plus grande stabilité, sont exposés, eux aussi, à