BMBOUCHDRB DS LA BIDASSOA
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de la cAte sont alternativement séparées de la mer d'une manière complète, puis réunies avec elle par des embouchures temporaires et peu profondes. Quand la masse des eaux pluviales s'est écoulée, les brèches de la levée rompues sont aussitôt comblées de nouveau par les vagues. De même,
sur les bords des mers à forte marée, nombre de rivières sont alternativement des canaux d'eau presque dormante, qu'une levée de sable sépare de l'Océan, et de vastes estuaires où remonte le flux puissant du large. Ainsi la Bidassoa, séparée du golfe à marée basse par une flèche de sable des plus gracieuses, est à rheure du flux un bras de mer de 3 à & kilomètres de large. Presque tous les petits cours d'eau qui se jettent dans l'Atlantique sont deux fois par jour tantôt fleuves, tantôt marais. L'Orne elle-même, rivière considérable dont le large delta se déploie en éventail au dehore du littoral, se perd aussi dans les cailloux à l'heure du reflux.
Si les cours d'eau permanents ou périodiques s'ouvredt un passage à travers la flèche, en revanche ces mêmes fleuves servent à rapprocher graduellement le rivage continental du rivage maritime en déposant leurs alluvions dans les lagunes intérieures. Les joncs et les autres plantes qui se plaisent dans les eaux saumàtres contribuent aussi à la transformation des anciennes baies en marécages et en terre fermé. Des couches de détritus végétaux, accumulés dans les anses pendant la succession des années et des siècles, finissent par les élever au-dessus du niveau ordinaire des eaux ; puis viennent les grands arbres qui assainissent le sol et le rattachent définitivement au continent. Dans les régions tropicales, ce sont les mangliers et les palétuviers qui se chargent de conquérir les nouvelles plages. Dressés sur l'échafaudage de leurs hautes racines aériennes arc-boutées les unes sur les autres, ils croissent en pleine lagune. Caché par la forêt flottante, le liquide vaseux est bientôt rempli de débris; les branches et les troncs renversés des mangliers, beaucoup plus lourds que l'eau, exhaussent incessamment le fond et finissent par affleurer à la surface. Une nouvelle végétation s'empare aussitôt de ce rivage encore indécis.
Les mêmes lois hydrologiques auxquelles est due la formation de flèches entre deux caps sont à l'œuvre pour amener le même résulUit entre deux îles ou bien encore entre une lie et le continent. Sur les côtes d'Europe, un grand nombre de terres marines ont ainsi perdu leur caractère insulaire et sont