LA HAUTEUR DES DUNES
tion de 75 mètres ; il en existe même une^ celle de Lascours, dont la longue croupe, parallèle au rivage de la mer, atteint en plusieurs endroits 80 mètres et dresse son dôme culminant à une altitude de 89 mètres. Il est vrai que cette hauteur semble marquer en France Textréme limite ascensionnelle des sables, car les rangées de dunes situées à Test de la dune de Lascours sont beaucoup moins élevées. On serait tenté d'admettre qu'après être arrivées à cette grande hauteur, les nappes inférieures du vent d'ouest, comprimées par les masses d'air plus élevées, n'ont pas la force d'impulsion nécessaire pour faire monter encore les molécules de sable et sont obligées de redescendre vers les plaines de l'intérieur en écrêtant les collines précédemment formées. En Afrique, sur les plages basses où l'Océan vient baigner le grand désert de Sahara, l'énorme quantité des matières arénacées que les vents d'est amènent du désert et que le vent d'ouest repousse vers l'intérieur permettent, dit-on, aux dunes du cap Bojador et du cap Vert d'atteindre une élévation de 120 à 180 mètres * ; de l'autre côté du continent africain, les dunes du pays des Somali, entre l'équateur et le deuxième degré de latitude nord, s'élèveraient aussi à 160 mètres de hauteur *. Dans le nouveau monde, la plus grande dune est peut-être celle de Morro- Melancia, près du cap Saint-Roch ; elle a 1x5 mètres et s'appuie d'un côté sur un monticule boisé.
Aux yeux d'un voyageur habitué à l'escalade des Alpes et des Pyrénées, ce sont là de bien humbles sommets ; pourtant ces hauteurs de sable prennent l'aspect de véritables montagnes, et leurs chaînes, disposées parallèlement à la rive comme des rangées d'énormes vagues, semblent constituer tout un système orographique. Leurs talus hardis, leurs vives arêtes taillées comme au ciseau, la forme rhythmique de leurs cimes, l'harmonie générale de leurs contours, sans cesse modifiés au gré du vent, leur donnent une étonnante apparence de grandeur. La ligne de base parfaitement unie qu'offre le