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Cari Rit ter, Afrika

î. Brenoer, carte insérée dans MiUheilungen von Petermann^ X, 1868.

rivage de la mer aide également à Fillusion par le contraste et contribue à Faspect grandiose de ces blanches collines. Le vieux nom à la fois celtique et latin des dunes (dun), qui s'appliquait aux montagnes et aux coteaux escarpés, et que Ton retrouve encore dans les dénominations de plusieurs villes, Verdun, Loudun, Issoudun, Saverdun, prouve que nos ancêtres avaient été singulièrement frappés de la forme hardie des monticules sableux du littoral.

En gagnant incessamment sur les plaines de Tintérieur, la dune engloutit sans les détruire tous les objets solides, pierres, rochers, troncs d'arbres ou demeures humaines; parfois même elle recouvre des mares d'eau tout entières et les fait disparaître pendant quelque temps sous la base inclinée de ses talus. Lorsque le sable apporté par le vent tombe avec régularité sur la nappe d'une eau dormante et couverte d'écume visqueuse, il forme souvent une couche ténue voilant complètement aux regards l'eau qui le porte. Celte couche peut devenir assez solide pour rester en équilibre même lorsque le niveau de la mare baisse au-dessous d'elle, et bientôt les molécules de sables séchées par les rayons solaires ne trahissent plus l'existence du piège caché. Les pâtres, les animaux qui mettent le pied sur la surface de la blotise s'engouffrent tout à coup plus ou moins profondément, et les eaux de la mare refluent autour d'eux. Le plus souvent ils en sont quittes pour l'émotion. Peu à peu le sable croulant se tasse; ils laissent le fond se consolider, puis, levant tranquillement une jambe, ils attendent qu'une espèce de marche se soit formée, et montent ainsi de degré en degré comme par un escalier.

Si les petites mares sont parfois englouties en apparence, les masses d'eau plus considérables situées à la base des dunes sont continuellement repoussées vers l'intérieur. Les rivières, arrêtées dans leur cours et changées en marais, sont également forcées au recul et mêlent leurs eaux à celles des étangs. Cette formation de lacs et de marécages, parallèle à celle des sables, est l'un des traits les plus remarquables du littoral des landes françaises. Sur un espace de 200 kilomètres, se pro-

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