LA FORMATION DES ÉTANGS
en étangs ont été peu à peu repoussées vers l'intérieur des terres par les sillons parallèles des dunes. Sous l'énorme pres-
sion des sables, elles ont gravi, pour ainsi dire, la pente du continent. En même temps les pluies et les ruisseaux, arrêtés dans leur cours, apportaient incessamment leur tribut d'eau douce aux nouveaux lacs, tandis que l'eau salée s'enfuyait h
mesure par les déversoirs naturels ménagés entre les monticoles. Ainsi les grains de sable que le vent pousse devant lui ont suffi, pendant le cours des siècles, à changer des golfes d'eau salée en étangs d'eau douce et i les porter dans Tinté-
rieur du continent à une hauteur considérable au-dessus de l'Atlantique.
Les mêmes pliéiiomènes se passent aussi dans les Iles sablonneuses qui se trouvent au milieu de la mer. La plupart de ces lies ont une forme d'une régularité parfaite, due à la fois aux courants qui les baignent et aux vents qui en alignent les dunes. Au centre de l'espace triangulaire ou en croissant qu'elles entourent de leurs monticules mouvants, elles enferment un ou plusieurs étangs, qui jadis faisaient partie de la mer et qui se transforment par degrés en mares d'eau saumâtre, puis d'eau douce (fig. 93). Dans l'île de Sable, située non loin de l'embouchure du Saint-Laurent, on peut même constaier ce phénomène de transition et'prendre ainsi la nature -sur le fait. Tandis que la grande lagune de l'intérieur, trop étendue pour se purifier rapidement, est encore remplie d'eau salée, les petites mares situées entre les dunes sont déjà de l'eau douce.
Nombreux sont les désastres occasioimés par l'envahissement des dunes ou des étangs pendant l'ère historique. Les villages situés à la base orientale des dunes de la Gascogne.