LES PROFONDEURS DE L'OCÉAM
ont trouvé des profondeurs d'environ 4,000 mètres*. Le long des côtes occidentales de la Scandinavie, la mer est encore profonde de près de 1,000 mètres, et sur le littoral escarpé de la Norvège, ses abîmes vont rejoindre la fosse qui sépare la Scandinavie des bas- fonds de la mer du Nord. Plus à l'ouest, entre l'Ecosse et l'Islande, les parages explorés par Mac Clintocken vue de la pose d'un câble télégraphique ont rarement plus de 600 mètres et n'offrent en aucun endroit une couche d'eau de plus de 1,225 mètres d'épaisseur. Entre l'Islande et le Groenland, la sonde a trouvé 2,830 mètres, et dans le détroit de Baffin , s'ouvrent des gouffres de plus de trois kilomètres et demi (3,675 mètres)^ Cette dépression considérable fait du Groenland une terre entièrement distincte du continent américain. Le plateau sur lequel repose cette grande île offre des pentes relativement très-escarpées. Du côté de l'ouest, la déclivité du fond est en certains endroits de 1 mètre sur 5, tandis que les pentes occidentales du plateau sous-marin de l'Irlande, qui sont parmi les plus rapides de l'Océan, ont environ 1 mètre de chute sur 8 mètres de longueur *•
L'ensemble des faits déjà constatés donne une très-grande probabilité à cette opinion, fort naturelle d^aîlleurs, que les océans s'approfondissent graduellement dans la direction du sud, où la nappe liquide occupe la plus grande largeur autour de la planète. Le célèbre chimiste et géologue Bischof croit pouvoir conclure de la comparaison de tous les sondages que le lit des mers est en moyenne aussi rapproché du centre du globe que le sont les pôles eux-mêmes. En certains parages, notamment vers le 78* degré de latitude nord, le rayon terrestre mené au fond de la mer est même plus court que celui du pôle, ce qu'il faut attribuer peut-être à l'érosion du sol par les montagnes de glace ; dans la plupart des océans, au contraire, le fond de la mer est un peu plus éloigné du centre de la terre •que ne le sont les pôles, ce qui provient sans doute des allumions apportées par les fleuves et des entassements d'animal-
4. MiUheilungen von Petermann^ VI, 4849. 2. Wallîch, Sorth AtUmiic ScBrhed, p. 48.
culës. Ainsi la partie du globe recouverte par les eaux marines pourrait être considérée comme parfaitement ronde, et l'hypothèse de Newton, expliquant le renflement équatorial par rétat de fluidité qu'aurait eu la masse planétaire, deviendrait inutile*.
Quant à la profondeur moyenne de toute la masse des eaux marines, on ne saurait guère l'évaluer à moins de 5 kilomètres, puisque déjà tout le bassin de l'Atlantique et celui du Pacifique boréal, que bordent les grands continents du nord, sont plus ' profonds de plusieurs centaines ou même de milliers de mètres. En prenant pour la surface totale des océans une étendue de 386 millions de kilomètres carrés, on trouve que la mer forme un volume d'au moins 1,930 milliards de kilomètres cubes, soit la 560' partie de la planète elle-même. John Herschel * donne pour ce même volume des chiffres beaucoup plus élevés ; mais il a pris pour base de son calcul le maximum probable de la profondeur des eaux, soit quatre milles anglais, plus de 6,A.36 mètres. On ne saurait se prononcer encore avec certitude; un jour, grâce aux nouvelles observ^^tions qui s'ajoutent chaque année à toutes celles que la science possède déjà, il sera permis d'indiquer des chifl'res relativement précis. Une chose est certaine, c'est que le relief continental est beaucoup moins haut que la mer n'est profonde : on peut évaluer les terres émergées à un quarantième environ de la masse des eaux. D'ailleurs, ces terres elles-mêmes renferment aussi une énorme proportion d'humidité entrant chimiquement dans la composition des roches.
L'eau des mers, sollicitée par la force de la pesanteur, cherche incessamment son niveau comme l'eau des fleuves et des lacs. Lorsque, par suite d'une évaporation très-active ou de la persistance de tempêtes soufflant d'un même, côté de l'horizon, la surface marine s'est abaissée dans un golfe, les eaux des parages voisins se précipitent vers l'espace appauvri afin d'en remplir les vides ; de même, quand de fortes pluies,
^ . Geslalt der Erde und der Meeresflàche. 2. Physical Geography, p. 47 .