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LE NIVEAU DE LA SURFACE MARINE

les crues de grands fleuves ou Faction des vents ont élevé le niveau de la mer sur un point, ce gonflement local ne manque pas de se déprimer bientôt et d'épancher son trop-plein sur les nappes environnantes. On peut donc considérer la hauteur moyenne de la mer comme étant la même dans tous les océans, puisque le mouvement naturel de Teau est de rétablir l'égalité de sa surface dans les parties où s'est produit un trouble accidentel. Il faut tenir compte cependant des différences locales produites par l'attraction des plateaux et des montagnes. L'eau est d'un niveau plus élevé sur le rivage des continents qu'autour des Iles océaniques. C'est là ce qu'ont prouvé les observations du pendule.

Cependant la diversité des climats, des vents et des courants est telle que certaines mers, séparées l'une de l'autre par un isthme étroit, offrent d'une manière permanente des hauteurs inégales. Ainsi l'Atlantique, dont les eaux s'épanchent, d'un côté dans la mer du Nord, de l'autre dans la Méditerranée, aurait un niveau moyen faiblement supérieur à celui des deux bassins qu'il alimente, tandis que la mer Noire et le golfe de Venise, où se jettent plusieurs rivières abondantes, seraient relativement élevées. Des deux côtés de l'isthme de Suez, les eaux se trouvent aussi à des hauteurs légèrement inégales : le niveau moyen de la mer Rouge, à Suez, dépasse de 80 centimètres celui de la Méditerranée, près de Port-Saïd; aux basses marées, les deux nappes se trouvent sensiblement à la même hauteur, tandis qu'à l'heure du flux, l'eau est parfois plus haute de i mètre dans la baie de Suez qu'à l'extrémité septentrionale du canal de l'isthme. Une semblable différence se produit également entre la baie de Colon et le golfe de Panama, et là aussi c'est la masse d'eau dont les marées ont le plus d'amplitude, c'est-à-dire l'océan Pacifique, qui l'emporte en hauteur. Du reste, les mesures faites sur le niveau toujours instable de la mer sont des opérations fort délicates, car on peut se tromper au point de départ, à catise des oscillations changeantes du flux et du reflux ; sur des espaces de plusieurs kilomètres coupés d'obstacles divers, il est bien difficile d'éviter de légères erreurs. En tons cas, il est certain que la surface de la mer.

sans cesse parcourue et remuée par les vents, les courants et les marées, n*est parfaitement horizontale sur aucun point du globe.

Composition de Teau de mer. — Poids spéci6que. — Marais salants, naturels et artiGciels. — Substances diverses. ^ Différences de salinité. ^ Sel marin.

En outre des limons, des restes d'animalcules et des innombrables débris qu'elle tient en suspension, Teau de mer est aussi chargée de substances chimiques en solution, qui lui donnent un poids spécifique notablement supérieur à celui de l'eau douce. Ce poids varie dans toutes les mers, suivant la quantité des substances dissoutes, le taux de l'évaporation, les apports des fleuves, des pluies, la direction des couinants et des contre-courants. Dans les mers polaires, le poids spécifique des eaux se modifie également par suite de la formation ou de la fonte des glaces : chaque variation de la température, chaque mouvement local de la mer a pour conséquence une modification plus ou moins sensible dans la proportion des sels dissous et dans le poids spécifique de l'eau. Aussi ne peut-on donner que des moyennes pour ces diverses conditions de la masse liquide dans les différentes mers.

La moyenne du poids spécifique est, pour les océans aux bassins profonds, de près de 1,028, c'est-à-dire qu'un mètre cube d'eau marine pèse 1,028 litres, 28 litres de plus qu'un même volume d'eau distillée. Dans la Méditerranée, où la chaleur solaire vaporise plus de liquide que les fleuves n'en apportent, le poids spécifique moyen dépasse 1,029; dans la mer Noire, au contraire, où débouchent des rivières d'eau douce très-considérables, le poids spécifique se réduit à 1,016; enfin on constate en d'autres mers, suivant les conditions physiques dans lesquelles elles se trouvent, tous les poids intermédiaires

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