LES VENTS
Ainsi les courants aériens de certaines latitudes transportent des nuages de poussière qui peuvent à la longue stériliser ou fertiliser de vastes contrées, soit en recouvrant le sol végétal d*une couche inféconde, soit en opérant un heureux mélange des terres. Sur les bords du Nil, le sable du désert que le vent mêle à l'épais limon du fleuve contribue à développer la merveilleuse force productive du terrain, tandis que dans les plaines voisines, dépourvues d'humidité, il enfouit les plantes et rend le sol impropre à toute végétation. Ailleurs, et principalement sur les côtes basses de la mer, le vent fait marcher par-dessus les campagnes des collines sableuses qui barrent le cours des ruisseaux et repoussent graduellement Teau des estuaires sur la pente des continents \
En certains endroits le courant aérien va même jusqu'à changer temporairement le niveau de la mer; de son souffle il arrête les ondes ou les lance à l'attaque des rivages, et tour à tour dessèche le fond ou cause des inondations désastreuses. Parfois le vent des régions polaires qui descend avec violence de l'Amérique du Nord au golfe du Mexique retient jusqu'à trois ou même quatre marées successives, puis celles-ci, revenant toutes ensemble en une masse écumeuse, balayent des lies entières devant les côtes basses de la Louisiane et du Texas. De même, lorsque le pampero ou vent du sud-ouest souffle sur le grand estuaire de la Plata, les eaux baissent quelquefois de 4 et même de 6 mètres en moins d'une demijournée , et des navites qui flottaient sur la rade restent échoués dans les vases * .
Ce n'est pas tout. Le vent peut aussi modifier la configuration des rivages, puisque les vagues de houle, qui contribuent pour une si forte part à sculpter les côtes, reçoivent de lui leur force d'impulsion. C'est ainsi que le grand bras du Rhône doit peut-être sa direction dans le sens du sud-est au mistral qui descend des Ce venues \ Quant au delta mississi-