Jolio Herscbel, Meteorology, p
bante, les molécules s'écartent à mesure que la pression diminue, ]'air devient de plus en plus rare dans les hauteurs de l'espace et doit finir même par se perdre complètement, comme le fluide si peu dense qui compose la chevelure des comètes. D'après les calculs de Laplace, c'est à plus de 42,000 kilomètres au-dessus de la surface de la terre que, par suite de l'accroissement de la force centrifuge et de la diminution de la pesanteur, les molécules aériennes qui pourraient encore se trouver dans ces espaces devraient forcément s'échapper de l'orbite terrestre. Peut-être est-ce en elTet dans ces régions élevées, aux limites mêmes des sphères d'attraction des astres, que s'opère l'échange de leurs molécules gazeuses. Quoi qu'il en soit, c'est à une hauteur bien minime en comparaison de la limite extrême indiquée par Laplace, que finit pour l'homme l'atmosphère respirable. Au sommet de l'Etna, c'est-à-dire à 3,320 mètres d'élévation, on a soûs les pieds près du tiers de la masse aérienne; à 6,000 mètres, hauteur au-dessus de laquelle un grand nombre de montagnes élèvent encore leurs cimes, la colonne d'air qui pèse sur le sol a déjà perdu la moitié de son poids; par conséquent toute la masse gazeuse qui s'étend au-dessus de ce point dans le ciel jusqu'à des distances immesurées est simplement égale aux couches aériennes comprimées au-dessous dans les régions inférieures. A 32 kilomètres de hauteur, d'après Glaisher, la pression barométrique n'est plus qu'un trentième de ce qu'elle est au niveau des mers.
11 y a déjà plus de deux cents ans que Périer, suivant les indications de son beau-frère Pascal, établit par une première expérience directe la diminution du poids de l'air dans le sens vertical; il gravit le Puy-de-Dôme, le baromètre à la^main, et pendant l'ascension, la colonne de mercure qui mesurait la pression atmosphérique ne cessa de s'abaisser graduellement dans le tube ; le moyen de mesurer la hauteur des montagnes au-dessus du niveau de la mer par la simple lecture des indications barométriques venait d'être découvert. Depuis cette époque, la science a fait de grands progrès, la loi précise de la décroissance du poids de l'air et de tout autre gaz élastique