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LA SALINITÉ DES EAUX MARINES

entre ces poids extrêmes. Il parait du reste établi que les eaux des océans de rhémisphère méridional sont en moyenne un peu plus légères que celles de rhémisphère septentrional*.

La quantité moyenne de tous les sels contenus dans la mer, ou, si Ton veut, la salinité des eaux marines, était évaluée par Bibra et Bischof à 35,27 parties sur 1,000; mais des observations beaucoup plus complètes, faîtes depuis par Forchhammer, ont réduit cette proportion à 34,40. D'ailleurs, presque toutes les analyses qui, jusqu'à nos jours, ont été faites deTeau prise

Fig. 11. — Salinité proportionnelle des mers.

au large dans l'Océan confirment l'opinion générale des chimistes, que la proportion relative des matières dissoutes est sensiblement la même dans toutes les mers. La quantité du sel marin est toujours d'un peu plus des trois quarts de la salinité totale (75,786). Après le sel marin ou chlorure de sodium viennent par ordre d'importance le chlorure de magnésium, les sulfates de magnésie et de chaux, le chlorure de potassium, le bromure de magnésium et le carbonate de chaux.

Dans l'Atlantique tropical du Nord, la moyenne des sels océaniques est de près de 38 pour mille sur les côtes du

4. Horner; J. Davy. —Bischof, LeUrbuck der chemischen Géologie.

Sahara et du Maroc, où la mer ne reçoit aucun tributaire et où, par contre, Tévaporation est très-active. Plus au large, et principalement dans les parages américains, où l'eau de plusieurs grands fleuves se mêle à celle de la mer, la salinité est moins élevée de 1, de 2 ou môme de 3 millièmes; seulement elle est en général plus forte dans les eaux tièdes du grand courant appelé Gulf-stream, qui traverse obliquement l'Atlantique. La proportion des sels contenus dans ce courant dépasse toujours 35 millièmes S tandis que l'eau qui reflue du pôle vers l'équateur par la baie de Baffin est de 33 millièmes environ. C'est aux énormes amas de glaces que ces courants doivent la salinité relativement faible de leurs eaux. Les masses d'eau froide qui se dirigent du pôle antarctique vers le sud de l'Afrique et de l'Amérique renferment également moins de matières salines que les mers des zones teihpérées et de la zone équatorîale.

Quant aux bassins presque fermés, comme la Méditerranée, la mer des Antilles, la Baltique, la salinité doit y être évidemment plus ou moins forte que celle de l'Océan, suivant que l'évaporation est en excès sur l'eau douce apportée par les fleuves et les nuages, ou bien leur est inférieure. Dans la Méditerranée, la perte en vapeurs étant plus considérable que les apports en eau douce, la salinité doit s'accroître en conséquence, et la masse liquide ne cesserait de diminuer, si un courant venu de l'Atlantique par le détroit de Gibraltar ne rétablissait l'équilibre. Tandis que les eaux moins salines de l'Océan pénètrent dans la Méditerranée en coulant à la surface, un contre-courant sous-marin, composé d'eau plus lourde et plus salée, coule en sens inverse dans les profondeurs et va se mêler aux masses liquides de l'Atlantique renfermant moins de sels. La salinité moyenne de la Méditerranée est de près de 38 millièmes, et dépasse même 39 millièmes dans les Syrtes et sur les côtes de Tripoli, où soufflent les vents desséchants du désert.

De même la mer des Caraïbes paraît offrir une assez grande

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