Voir, ci-dessus, le chapitre intitulé les Marées
matin, l'accroissement graduel de la température doit avoir pour conséquence de dilater l'atmosphère et de faire baisser le baromètre; mais tandis que la pression de Tair diminue, la quantité de vapeur d'eau augmente rapidement, et sa pression s'ajoutant à celle des couches aériennes, produit une sorte de vague temporaire, après laquelle la colonne barométrique continue de baisser pour remonter avec le refroidissement nocturne. Si la pression de la vapeur d'eau venait à disparaître de l'atmosphère, le baromètre s'élèverait régulièrement dans toutes les saisons vers le milieu de la nuit, et serait au plus bas vers le milieu du jour. C'est là ce que montre la figure suivante, représentant l'oscillation barométrique de l'air sec
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Fig. 99. — Pression de l'air sec à Apenrade ; d'après Kamiz.
au port d' Apenrade, en Danemark, sur un estuaire de la Baltique. Dans les pays très-secs, tels que la Sibérie orientale, la pression de la vapeur d'eau est trop faible pour contre-balancer l'action de la température, et par suite il ne se produit pendant les vingt-quatre heures que deux oscillations. Tune de baisse avec l'accroissement de la chaleur, l'autre de hausse avec le froid de la nuit.
Les mouvements diurnes du baromètre sont beaucoup plus réguliers et plus faciles à constater dans les régions équatoriales et près du niveau de la mer que sous les hautes latitudes et dans l'intérieur des continents. C/est qu'en effet sur les mers des tropiques les alternatives de la température, de l'évaporation et de la précipitation se succèdent, comme tous
les autres phénomènes physiques, avec une régularité plus grande que sur toutes les autres parties du globe. Aussi est-ce dans les mers équatoriales que les oscillations diurnes ont été observées pour la première fois, et c'est dans ces mêmes parages que Humboldt a pu en connaître exactement les heures. Dans les régions tempérées, ces mouvements réguliers de la colonne barométrique sont en grande partie cachés par les brusques sauts du mercure , obéissant aux variations constantes de l'atmosphère : ce n'est donc qu'après une série plus ou moins longue de jours ou même de semaines que les météorologistes peuvent, en établissant des moyennes, révéler des oscillations normales analogues à celles qui se produisent à l'équateur. Dans les hautes régions de montagnes, il est encore plus difficile de constater la succession régulière des vagues barométriques, car les changements qui s'accomplissent dans les couches inférieures de l'air ne sont ressentis que plus tard et se mêlent diversement dans les couches plus élevées. Ainsi la hausse du baromètre, qui a lieu vers dix heures du matin à Zurich, ne se produit au sommet du Righi qu'à deux heures de l'après-midi, et à trois heures seulement sur le Faulhorn ; souvent même, la dépression de la colonne barométrique ne se fait point sentir l'après-midi sur ces hauteurs et chaque jour n'offre qu'une seule grande oscillation. En moyenne , l'amplitude des indications barométriques diminue peu à peu de la base au sommet des montagnes ^
Les yarialions annuelles de la pression de l'air offrent des alternatives analogues à celles des variations diurnes. Dans les contrées tropicales, où les saisons se suivent avec une grande régularité, et dans les pays de l'intérieur des continents, dont l'air ne contient qu'une faible quantité de vapeur d'eau, le mercure du baromètre s'abaisse graduellement de rhiver à l'été, en raison inverse des chaleurs, et remonte avec les froids, de l'été à l'hiver; à Calcutta, à Bénarès, dans l'Hindoustan, comme à Pétersbourg, en Russie, et à Nertschinsk, dans la Sibérie, le maximum de la pression de l'air se fait sen-