‹ La terreChapitre 173 sur 447 · L'ORIGINE DES VENTS · texte numérisé non relu

L'ORIGINE DES VENTS

au premier abord la loi générale qui préside aux mouvements de l'atmosphère, car ces diverses oscillations peuvent être modifiées par une foule de circonstances locales, telles que la direction et la hauteur des chaînes de montagnes, l'étendue des plaines, les contours des rivages, l'abondance ou la rareté de la végétation. Dans un même jour, les vents soufflent parfois successivement de tous les points de l'espace, et parmi ces rapides changements que subissent les courants atmosphériques, il n*est pas toujours possible de constater avec certitude la direction normale de la masse d'air en mouvement. Pour comprendre les lois de l'atmosphère dans leur simplicité, il faut se transporter aux régions équatoriales de l'Océan, audessus desquelles le soleil décrit chaque jour son immense demi-cercle dans l'espace de douze heures, et où tous les mouvements de la nature, réglés parla marche uniforme de l'astre, ont quelque chose de rhythmique comme les cycles des cieux. Cest là qu'on peut surprendre, pour ainsi dire, le déplacement des premières molécules gazeuses entraînant après elles l'immense nappe des airs sur toute la rondeur du globe. On y assiste à la naissance des vents. C'est là que siégerait Eole, si les dieux vivaient encore.

Pendant les journées d'été, on aperçoit au loin sur la terre échauffée un mouvement vibratoire de l'air, une espèce de tremblotement vaporeux rendu sans doute visible par le mirage incessamment changeant des objets situés au delà*. C'est que les couches de l'atmosphère reposant sur le sol se sont graduellement dilatées et s'élèvent en spirales à travers le milieu plus froid et plus dense qui pèse sur elles : de même l'air raréfié des fournaises monte rapidement vers les régions supérieures où l'entraîne sa légèreté relative.

Un mouvement semblable se produit sur une très-grande échelle dans les régions équatoriales. La grande force des rayons du soleil se faisant principalement sentir dans ces contrées de la terre, les couches aériennes s'y dilatent sous l'influence de la chaleur beaucoup plus que dans les autres lati-

Page 1