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LES ALIZÉS DES MERS ET DES CONTINENTS

continents, il n'en est plus ainsi. Là, des chaînes de montagnes se dressent en travers de la marche des vents et les font changer de direction ; les forêts, les prairies, les nappes d'eau méditerranéennes, les plateaux aux longues pentes, les pays de collines, les grandes plaines et les innombrables accidents du reliefOopographique sont diversement échauffés par le soleil, et par cela même détournent ou repoussent le vent qui souffle des mers avolsinantes. Dans les hauteurs de l'espace, le courant peut, il est vrai, continuer son mouvement normal au-dessus des plateaux et des montagnes; mais, audessous, les régions inégales de la surface sont parcourues par des vents irréguliers. Tantôt la bande des calmes équatoriaux y est complètement oblitérée, tantôt elle est élargie d'ane manière anormale; les vents se reploient diversement de côté ou d'autre pour se diriger vers la contrée dont l'air est le plus dilaté par les rayons du soleil. D'ailleurs, il faut le dire, on n'a fait encore, dans la plupart des pays tropicaux, qu'un nombre bien insuffisant d'observations météorologiques. Cependant on ne saurait douter que les alizés ne soufflent sur de vastes étendues continentales aussi bien qu'à la surface des mers. En effet, le manque de pluie et l'absence presque complète de végétation dans toute cette partie de l'Afrique connue sous le nom de désert de Sahara prouvent d'une manière indubitable l'existence d'un vent régulier du nord-est. Après avoir passé sur les hauts plateaux de l'Asie et s'être déchargé de la plus grande partie de sa vapeur d'eau, ce courant atmosphérique traverse obliquement toute l'Afrique, des bords du Nil à ceux du Niger; sur cet énorme parcours de 2,700 kilomètres, il ne laisse tomber de pluies qu'au sommet des monts, tels que le Djebel-Hoggar, et parsème à peine d'un seul nuage l'inaltérable azur du ciel. Sur la côte occidentale du Sahara, le vent brûlant que l'on nomme harmattan n'est autre chose que l'alizé du nord-est, plus ou moins détourné de sa course à cause du voisinage de la mer. Vers le 17® degré de latitude nord, sur les frontières méridionales du Soudan, des nuages se forment enfin dans l'espace, des pluies abondantes pénètrent le sol, et l'aridité du désert fait place à une

belle végétation ; c'est que le domaine des vents permanents se termine là, pour être remplacé par la zone des calmes équatoriaux, au courant ascendant tout chargé de vapeurs aqueuses. Dans la partie méridionale de T Afrique, les alizés du sud-est se font sentir régulièrement, et, d'après le téraoK gnage de Livingstone, traversent en entier 1q continent, de Tembouchure du Zambèze au littoral d'Angola. De Tautre côté du bassin de TÂtlantique, les régions tropicales de l'Amérique du Sud sont également rafraîchies par le soufltle constant des vents humides du sud-est. Le Brésil, le Paraguay, une grande partie de la république Argentine, de la Bolivie, du Pérou, des Guyanes et de la Colombie, sont compris dans ce domaine météorologique. Le vent alizé, reployé sous l'équateur dans la direction de l'est à l'ouest, remonte d'un souffle égal la vallée de l'Amazone, pénètre dans les gorges des Andes et franchit même, par tous les cols, la haute barrière de montagnes ; mais, dominés par cet énorme remparl, les rivages du Pacifique ne subissent point l'influence du vent d'est. Les navires qui cinglent au large ont à parcourir de 200 ix 1,000 kilomètres en mer, suivant les parages, avant qu'une* bouffée du vent alizé, descendue du sommet des Andes, vienne enfler leurs voiles et les pousser du côté de l'Australie.

Même dans les parties du monde où les vents tropicaux cessent d'être permanents, les oscillations et les déflexions du courant atmosphérique offrent, en général, un caractère de périodicité et s'accomplissent régulièrement, suivant le cours des saisons. Parmi ces vents aux retours uniformes, il faut citer principalement les « moussons » de l'Inde et de l'Arabie. Le nom arabe de ces météores, mamsim ou moiLssimy signifie changement, saison; c'est qu'en effet ils partagent l'année de la manière la plus rigoureuse en deux périodes complètement distinctes. Durant les grandes chaleurs de l'été, les plateaux arides de l'Asie centrale, et même les campagnes de l'Hindoustan, beaucoup plus fortement échauffées que la mer, agissent comme une immense pompe aspirante; l'air qui repose sur cette partie du continent asiatique se dilate et, par suite, de nouvelles masses aériennes affluent sans cesse de l'océan Indien vers

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