LES BRISES DES MERS ET DES MONTAGNES
la France et l'Algérie, le passage du nord au sud est d'un quart environ moins long que la course en sens inverse. Toute la partie septentrionale des Baléares, et notamment de Minorque, est désolée par un vent du nord qui rabougrit la végétation et fait pencher les arbres dans la direction du sud ^
YII.
Brises de terre et de mer. ^ Vents des montagnes. ~ Brises solaires. — Vents locaux. — Le simoun, le siroco, le fœhn, les tourmentes, le mistral.
Outre les déviations latérales qui s'opèrent deux fois dans l'année, les vents alizés subissent aussi le long des côtes de rapides déviations journalières. Tout le pourtour des continents est bordé, pour ainsi dire, d'une frange de brises produites par la différence de température entre la terre et l'eau. Pendant la journée, les contrées du littoral se réchauffent beaucoup plus rapidement que la surface de l'Océan. Vers dix heures du matin, après une période de calme plus ou moins longue, une rupture d'équilibre s'opère entre les masses aériennes, et l'atmosphère plus fraîche reposant sur les eaux se porte vers la terre pour y remplacer l'air dilaté qui s'élève dans les régions supérieures. Peu à peu ce mouvement de translation, qui d'abord se faisait sentir seulement dans le voisinage de la côte, se communique à toutes les couches atmosphériques en avant et en arrière, et bientôt la brise, ébranlant de proche en proche tout l'océan des airs, occupe un assez large espace au-dessus de la mer et du continent, qu'il unit comme une plaque de fer unit les deux branches d'un aimant. Durant la nuit, le sol perd par le rayonnement une grande partie de la chaleur qu'il avait reçue, tandis que la mer conservera peu près la température de la journée. L'équilibre se rompt encore une fois,