LES BRISES, LES SOLÂURÉS, LE SIMOUN
OÙ les couches aériennes se refroidissent, que se dirige le tropplein de l'air encore échaufFé par les rayons solaires. Ainsi, lorsque l'atmosphère n'est pas agitée par un vent général, il doit se produire une brise tournant régulièrement autour de l'horizon dans le même sens que le soleil. Dans l'hémisphère boréal, ce mouvement de giration s'accomplit de l'est à l'ouest par le sud ; dans l'hémisphère opposé, c'est par le nord que cette 'brise diurne opère sa révolution graduelle de l'est à l'ouest. Dans les montagnes, le phénomène est plus complexe à cause des brises d'amont et des brises d'aval qui s'entremêlent aux brises tournantes. On remarque cependant que la plupart des vents locaux déterminés par la différence des températures se portent vers l'ouest dans la matinée, puis tournent graduellement en sens inverse du soleil et soufflent dans la direction de l'est lorsque l'astre s'incline vers le couchant. Ce sont les solaures {solis aura) ou vents solaires du département de la Drôme *.
Quant aux vents locaux qui caractérisent certaines régions, ils ont tous leur origine première dans l'inégale répartition de la chaleur. Tels sont le pampero de la république Argentine et le chamsin de l'Egypte, tel est surtout le courant aérien auquel on donne dans le Sahara le nom de simoun ou « d'empoisonné K . Dès que ce vent commence à souffler, le voyageur haletant respire avec peine; l'air est brûlant et desséché comme s'il était lancé par la gueule d'un four; la chaleur, accrue par le rayonnement des innombrables grains de sable qui flottent dans l'atmosphère, s'élève rapidement à 45, 50 et même 56 degrés; le soleil se voile, tous les objets prennent une teinte violette ou d'un rouge sombre; la poussière emplit l'espace. Pour ne pas être étouffés par cet air irrespirable, les hommes s'enveloppent la figure de leurs vêtements et les chameaux enfouissent leurs cous dans le sable. D'ailleurs il n'arrive pas toujours que des trombes de poussière s'élèvent alors en tourbillonnant dans le ciel. Palgrave, qui eut ;\ souffrir d'un violent sinioun dans un désert d'Arabie, ne vit sur le ciel ni