Fournet, Hydrologie du Rhône
nuage de sable ni de vapeur et ne put s'expliquer les ténèbres qui avaient soudainement envahi l'atmosphère ^
* En Sicile et dans le sud de l'Italie souffle parfois un vent chaud du midi que l'on considère comme une sorte de simoun et qui se sature d'humidité en passant par la Méditerranée : c'est le siroco. D'ordinaire il est peu rapide, et ses bouffées sont interrompues de calmes étouffants ; la surface de l'eau est à peine agitée, une brume de vapeurs pèse sur l'horizon, le soleil se cache derrière un voile de nuées blanchâtres. Sous l'influence énervante de ce souffle du midi, tout travail devient pénible; cependant on n'a jamais à craindre les phénomènes redoutables qui se produisent pendant le simoun.
Dans les Alpes de la Suisse, le vent du midi est connu sous le nom de fœhn^ mot dérivé de favonius, le vent méridional des Romains. Quelle est l'origine de ce courant? A-t-il pris naissance dans le Sahara, ainsi que le pensent MM. Desor, Martins, Escher de la Linth, et son souffle brûlant a*t-il servi jadis à fondre les anciens glaciers des Alpes? Est-ce tout simplement le contre-alizé descendu des hauteurs de l'atmosphère, et provient-il de l'Atlantique et de la mer des Caraïbes, comme l'affirme Dove? L'humidité qu'il apporte n'aurait-elle pu servir ainsi qu'à rendre plus puissants les grands fleuves de glace? Le dernier cas semble probable : quoi qu'il en soit, le fœhn change souvent dans son cours, et qu'il continue ou non le siroco méditerranéen, les inégalités du relief des montagnes en modifient singulièrement le caractère. En s'élevant sur les pentes, l'air se dilate de plus en plus à cause de la moindre pression atmosphérique, et par suite il perd une grande quantité de chaleur; de vent chaud qu'il était à la base de la montagne, le fœhn devient un courant froid. Une fois l'arête traversée, la masse aérienne qui redescend vers les plaines est comprimée graduellement par les couches supérieures, et la quantité de calorique qui avait disparu à cause de la dilatation se reproduit de nouveau : le vent froid de la cime se réchauffe pour souffler dans les vallées. C'est là un phénomène remar-
\ . Une Année de voyage dans l'Arabie centrale , t vol. traduits par M. Johveaux.