LE SEL MARIN
de la mer, de même que sur les plages des lacs salés et des mers intérieures, de véritables bancs d'uoe épaisseur considérable'.
Même la mer Noire, oùla proportion de sel est relativement très-peu considérable, est, sur une grande partie de son pourtour, bordée de ces marais salants naturels. En Bessarabie, au sud d'Odessa, trois « lîmans » d'une superflcie totale de plu-
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sieurs centaines de Idlomèlres carrés cessent de recevoir en été leurs affluents d'eau douce, et toute l'eau qui s'y est épanchée en liiver s'évapore en laissant une croûte de sel ; vers le centre des bassins de cristallisation, la masse solide finit même par avoir trois décimètres d'épaisseur. En 1826, ces fabriques naturelles, exploitées par les indigènes, produisaient environ 120 mille tonnes de sel pur". A une époque antérieure, avant
1 . Voir, dans le premier volume, le cbapitre intitulé tel Lacs.
s. BÎMliof, Lihrttuch der chemitchta wid phntikatiKhen Géologie.
que le Danube n'eût empli son delta d'alluvions, les limans d'eau douce disposés parallèlement aux limans de la côte étaient aussi des lacs salins. Dans la plupart des contrées populeuses de l'Europe occidentale, l'homme change les plages vagues en marais salants aux contours réguliers; les dépressions inégales, où l'eau de mer s'évaporait au hasard, sont transformées en bassins où la nappe liquide est conduite de compartiment en compartiment pour se saturer et se déposer en couches égales de sel pur; mais ce ne sont là que des travaux d'aménagement: l'homme se borne à régulariser l'œuvre de la mer elle-même*.
Outre le sel commun, plusieurs substances, qui se trouvent exceptionnellement dans les eaux de la surface continentale, font partie de la composition normale de l'eau de mer. Les divers corps simples que la science a pu y reconnaître, soit directement par l'analyse du liquide, soit indirectement par l'étude des plantes qui tirent toute leur nourriture de l'Océan, sont au nombre de vingt-huit ; mais il n'est pas douteux que tous les autres corps ne soient contenus également dans l'eau de mer, et nombre d'entre eux n'échapperont point aux regards perçants des chimistes.
Après l'oxygène et l'hydrogène, qui constituent la masse liquide elle-même, les principaux éléments contenus dans l'eau marine sont : le chlore, l'azote, le carbone, le brome, l'iode, le fluor, le soufre, le phosphore, le silicium, le sodium, le potassium, le bore, l'aluminium, le magnésium, le calcium, le strontium, la baryte. Le fucus ordinaire et les autres varechs renferment la plupart de ces substances ainsi que plusieurs métaux. On a découvert du cuivre, du plomb, du zinc dans les cendres du fxicus vesicuhsus; du cobalt, du nickel, du manganèse dans celles de la zostera marina. Le fer peut être obtenu directement par l'analyse de l'eau de mer; enfin l'argent se trouve dans un zoophyte, le pocillopora. Forchhammer a retiré d'une branche de ce corail environ un trois- millionième d'argent mêlé à six fois la même quantité de plomb. Une faible propor-
4. Voir, ci-dessous, le chapitré lAlitulé le Travail de l'Homme.