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LA VAPEUR ET LES BROUILLARDS

Formation des brouillards et des nuages. — Hauteur, épaisseur, forme,

aspect des nuées.

Lorsqu'une masse d'air humide reposant sur le sol déjyasse le point de saturation, une certaine partie de la vapeur se condense aussitôt en gouttelettes blanchâtres qui par leur multitude voilent ou cachent complètement les objets et ne laissent plus passer qu'une terne lumière : ces gouttes innombrables constituent les brouillards. Ce sont des nuages encore attachés à la terre et rampant sur les campagnes ou sur les pentes des monts : ils se forment surtout pendant les nuits à cause du refroidissement de l'atmosphère; souvent aussi on les voit s'élever, le soir, des surfaces marécageuses et des prairies humides, enveloppant jusqu'à mi-hauteur les troncs des saules et des peupliers. Quand un vent froid descend des hauteurs de l'air et retient l'humidité dans les couches inférieures, le brouillard devient permanent et peut durer pendant des journées et même des semaines entières. Fréquemment le ciel est pur à une faible élévation au-dessus de ces vapeurs, et du haut d'un promontoire qui se dresse dans l'air libre, on peut alors contempler à ses pieds une grande mer blanche d'où les collines jaillissent çà et là comme des lies. Dans les mers boréales où s'opère le conflit entre les vents polaires et les courants équatoriaux, notamment dans le Pacifique du Nord, aux environs de Terre-Neuve, autour des lies Britanniques, les brouillards sont parfois d'une épaisseur et deviennent ces espèces de « poumons marins » dont parle Pythéas de Marseille. Ils sont tellement intenses que les anciens bardes en avaient fait un élément comme le feu, la terre, l'eau et l'atmosphère; il est vrai qu'à ces forces primitives s'ajoutaient

aussi pour eux les plantes que gonfle Thumidité du brouillard et le vent du sud qui le disperse dans le ciel^

Les nuages proprement dits sont des brouillards qui, au lieu de rester attachés au sol, flottent suspendus dans les couches aériennes à des hauteurs variables au-dessus de la terre. D'où vient que les vapeurs fournies X l'atmosphère par la surface des eaux montent ainsi dans les espaces et s'interposent en forme de voûte entre la rondeur du globe et l'immensité du ciel? Telle est la question qui se présente naturellement à tous les esprits curieux de savoir et qui a fait le sujet de bien des fables mythologiques. Les découvertes de là physique moderne ont résolu ce problème d'une manière générale; mais il reste toujours à élucider certains points de détail.

Par suite de la décroissance graduelle qu'éprouve d'ordinaire, à partir de la surface du sol, la température des couches aériennes superposées, la quantité de vapeur atmosphérique contenue dans les régions du voisinage de la terre est beaucoup plus considérable que celle des hauteurs; toutefois cette quantité est le plus souvent trop faible pour se condenser en brouillard et l'air inférieur reste pur en apparence. Hais que les variations de la température et des vents fassent monter vers les espaces élevés cette couche d'en bas, non encore saturée de vapeur, et bientôt elle se refroidira; l'humidité cesse d'être invisible, elle se condense en gouttelettes et la réunion de toutes ces molécules constitue le brouillard suspendu dans l'espace. Chaque nuage que nous voyons dans le ciel n'est donc, suivant l'expression de Tyndall, que le sommet visible d'une colonne ascendante de vapeur se dressant dans la ' transparente atmosphère.

Les molécules de vapeur condensée sont d'abord d'une finesse extrême; mais l'air n'est jamais en repos, et les gouttelettes, emportées à droite et à gauche par les courants partiels, sollicitées en outre par leur attraction naturelle, se ren-' contrent et s'unissent en globules plus considérables. En moyenne, ainsi que l'ont établi les mesures de Kàmtz, le dia-

4 . Skeoe, Tfie four ancient books of IVales, Book of Taliessin, Vf.

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