Saigey, Petite Physique dugMe
réfrigèrent les vapeurs, les nuées prennent les apparences les plus diverses sur les terres, sur les mers et même sur les fleuves. On dit que les Peaux-Rouges, ces observateurs sagaces de tous les phénomènes de la nature, savaient, lorsqu'ils parcouraient encore les plaines centrales de TAmérique du Nord, reconnaître de loin le cours du Mississipi à la forme des nuages s'étendant au-dessus du fleuve en strates allongées. C'est priacipalement sur le pourtour des lies de TOcéan que l'on peut le mieux observer cette différence des nuages terrestres et des nuages maritimes. Â Ténériffe, le contraste se produit delà manière la plus frappante. En été, la grande nappe blanchâtre des nues que les vents alizés déroulent dans Fespace se déploie uniformément au-dessus de tous les espaces océaniques; mais, par un temps calme, ce lit de nuages se termine à une certaine distance des contre-forts du pic de Teyde par des sortes de falaises de 2 ou 300 mètres d'élévation. En dedans de ce cercle formé par les nuages océaniques, la terre s'entoure de sa propre zone de vapeurs fumantes ; celles-ci, beaucoup plus basses que les grandes nuées de la mer, s'attachent aux pentes en longues franges animées d'un mouvement bien différent de celui de la zone extérieure et tout à fait distinctes par la cou-
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Fig. 1S6. — Régime des vents et des naages à Ténériffe.
leur et la forme des volutes. Piazzi Smyth, qui pendant des mois entiers a pu étudier de haut les phénomènes de ces diverses couches, compare les nuages terrestres de Ténériffe à ces glaces de terre qui se forment autour des lies et des continents polaires et constituent une plate-forme solide, tandis que les banquises de la grande mer se brisent sous l'effort des courants et se dispersent en décombres.