‹ La terreChapitre 228 sur 447 · Saigey, Petite Physique dugMe · texte numérisé non relu

Saigey, Petite Physique dugMe

réfrigèrent les vapeurs, les nuées prennent les apparences les plus diverses sur les terres, sur les mers et même sur les fleuves. On dit que les Peaux-Rouges, ces observateurs sagaces de tous les phénomènes de la nature, savaient, lorsqu'ils parcouraient encore les plaines centrales de TAmérique du Nord, reconnaître de loin le cours du Mississipi à la forme des nuages s'étendant au-dessus du fleuve en strates allongées. C'est priacipalement sur le pourtour des lies de TOcéan que l'on peut le mieux observer cette différence des nuages terrestres et des nuages maritimes. Â Ténériffe, le contraste se produit delà manière la plus frappante. En été, la grande nappe blanchâtre des nues que les vents alizés déroulent dans Fespace se déploie uniformément au-dessus de tous les espaces océaniques; mais, par un temps calme, ce lit de nuages se termine à une certaine distance des contre-forts du pic de Teyde par des sortes de falaises de 2 ou 300 mètres d'élévation. En dedans de ce cercle formé par les nuages océaniques, la terre s'entoure de sa propre zone de vapeurs fumantes ; celles-ci, beaucoup plus basses que les grandes nuées de la mer, s'attachent aux pentes en longues franges animées d'un mouvement bien différent de celui de la zone extérieure et tout à fait distinctes par la cou-

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Fig. 1S6. — Régime des vents et des naages à Ténériffe.

leur et la forme des volutes. Piazzi Smyth, qui pendant des mois entiers a pu étudier de haut les phénomènes de ces diverses couches, compare les nuages terrestres de Ténériffe à ces glaces de terre qui se forment autour des lies et des continents polaires et constituent une plate-forme solide, tandis que les banquises de la grande mer se brisent sous l'effort des courants et se dispersent en décombres.

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